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Le Livre des jeunesses sud-américaines

Sommaire du dossier

Que savez-vous sur vos voisins de l’Amérique du Sud ? Part1

Quelle caractéristique présente la région sud-américaine ? Quelle est la situation des jeunes dans ce pays ?

, par IBASE

Voir la partie 1

LE BRÉSIL

À l’heure actuelle, selon les perspectives de l’enquête nationale par échantillon de foyers de l’Institut brésilien de géographie et des statistiques (Pnad/IBGE), de 2007, le pays compte 183 987 291 habitants, 131 251 000 étant âgés de plus de 18 ans (70 % du total). Le rythme de croissance de la population est en baisse depuis plus de trois décennies, à cause de la chute du taux de fécondité ; mais le poids de la population jeune, même s’il est moins important que sur d’autres périodes, est encore assez significatif : 49,7 millions de Brésiliens sont âgés de 15 à 29 ans, ce qui correspond à 26,2 % de la population totale (Pnad, 2008) ; parmi ceux-ci, 40 millions sont âgés de 18 à 29 ans, et représentent 21,1 % de la population totale.

La jeunesse brésilienne est marquée par de nombreuses différences et inégalités ; cependant, toutes les différences ne se manifestent pas de la même manière dans la construction des situations, des modes de pensée et de valorisation des thèmes qui les touchent. Certaines différences pèsent plus que d’autres dans la structuration de différents types d’inégalités. Le genre pèse de manière significative dans la construction de la position dans la famille, lorsque les jeunes décident de se marier et d’avoir des enfants, ainsi que dans la situation professionnelle : les filles entrent plus tard sur le marché du travail, et dans une plus large mesure, elle restent très longtemps femmes au foyer ou sans inactivité par découragement ; elle subissent des inégalités dans le monde du travail, principalement par rapport aux revenus obtenus. La scolarisation est également un facteur important d’inégalités. Près de 50 % des jeunes brésiliens n’arrivent pas à terminer leur enseignement secondaire.

Les différences de revenus et socio-économiques interfèrent profondément dans les conditions d’enseignement, aussi bien par la possibilité de continuer ses études que par le niveau d’enseignement atteint. Le type de mobilité spatiale vécu par les jeunes est évidemment très nuancé par : la migration des jeunes n’est pas importante, mais la migration typique du milieu rural vers le milieu urbain (ou retour vers le milieu rural) n’est pratiquement et seulement visible que dans les pays pauvres, alors que la mobilité entre les pays n’est constatée que chez les jeunes les plus riches. À grande échelle, les plus pauvres n’ont pas encore accès à Internet et à la presse écrite, même si c’est la première génération de jeunes pauvres ayant accès à Internet (NOVAES, 2009). La situation du lieu de résidence interfère dans divers aspects : les jeunes du milieu rural sont moins scolarisés, ont des revenus moins importants et ont moins de chances de connexion et de participation. Les différences de couleur et d’ethnie se traduisent par des indices de précarité plus importants parmi les jeunes noirs, par rapport au revenu familial, à la scolarité, à l’accès au travail et aux moyens de communication et cybernétiques de l’information. Toutefois, les jeunes Brésiliens vivent une période de renforcement de leurs droits et d’institutionnalité (ABRAMO ; SALLES SOUTO, 2009).

Que savent les jeunes argentins/es, boliviens/es, chiliens/es, paraguayens/es, et uruguayens/es sur le Brésil ?

  • Pays avec une identité culturelle différente, qui le différencie du reste de l’Amérique du Sud (conquis par les Portugais, langue)
  • Identité nationale très forte (musique, coutumes, danse, etc.)
  • Organisations sociales très développées - mouvement des Sans Terre, mouvement des femmes.
  • Religion dominante : catholique
  • Comme le reste de l’Amérique latine, elle a subi une dictature militaire très forte
  • À l’heure actuelle, néolibérale
  • 8e puissance économique mondiale
  • Exclusion sociale, inégalité, et absence d’opportunités

Résultat de la dynamique initiale entre les jeunes ayant participé au groupe de dialogue régional (Rio Bonito/RJ, juin 2009)

LE CHILI

La transition démographique, citée antérieurement, a eu des effets sur la structuration de la société chilienne, tant et si bien que la natalité, la mortalité et la migration interne, à leur tour, « sont des conséquences de l’impact des facteurs sociaux, économiques et culturels sur les modèles de comportements sociaux démographiques dans un contexte individuel, de couple, familial et sociétaire » (INE, 2003, page 12). Ces nouveaux comportements se reflètent dans certaines statistiques, par exemple l’âge auquel on se marie à l’heure actuelle où la situation conjugale dans laquelle se trouvent ces jeunes, l’âge auquel ils attendent ou ils ont des enfants et même l’âge auquel ils divorcent, faits qui ont également influencé les changements législatifs ces dernières années.

Si nous replaçons la population jeune dans un contexte chilien, à partir d’une définition classique qui se construit en prenant la tranche des 15-29 ans (DUARTE et al., 2004,) les statistiques officielles de l’INE révèlent que cette tranche est un groupe important, non seulement quantitativement, mais de par son rôle stratégique dans le développement du pays. Outre cela, les interprétations concernant le rôle de la jeunesse ont été de divers types. Il est clair qu’elles représentent aujourd’hui, et nous en discuterons plus en avant, une mission qui doit être prise en considération dans les actions de l’État, car la réponse à leurs besoins comme secteur fondamentalement hétérogène a été celle de l’intégration, mais sous des angles qui n’intégraient pas nécessairement leurs conditions de jeunes, mais plutôt la condition de nouveaux sujets adultes.

Partant d’un contexte plus général, mais en évoquant, parallèlement, le cadre du sondage, à partir de la recherche réalisée dans notre pays, certaines statistiques sociologiques et démographiques ont été revues pour contextualiser la population jeune chilienne par rapport à la population adulte.

Depuis le début du XXe siècle, la population chilienne a connu une croissance graduelle, ce qui positionne le Chili parmi les quatre pays de croissance la plus lente de l’Amérique latine (INE, 2003). Les projections réalisées par l’INE et par le Centre démographique latino-américain et des Caraïbes de la Commission Économique pour l’Amérique latine et les Caraïbes (Celade/Cepal) prévoient qu’en 2010, ce chiffre atteindra les 17 millions d’habitants, tendance qui est partagée par tous les pays latino-américains, avec certainement des rythmes différents, et sera maintenu jusqu’en 2050. Parmi la population totale, estimée à 16 598 074 habitants en 2007, les jeunes représentent 24,3 % (4 033 331), pourcentage assez bas par rapport au recensement de 1992, qui était de 27,3 %. Même si le nombre absolu des jeunes a augmenté entre une date et une autre, une telle décroissance relative à leur participation s’explique par le vieillissement progressif de la population chilienne (DÁVILA ; GHIARDO, 2009).

Que savent les jeunes argentins/es, boliviens/es, brésiliens/es, paraguayens/es et uruguayens/es sur le Chili ?

  • Dictature Pinochet
  • Avancée du néolibéralisme
  • Répression des peuples natifs (mapuches)
  • Privatisation des services publics - éducation et santé
  • Insécurité du travail - genre/jeune/adultes
  • Jeune artistes
  • Revendications dans le domaine de l’enseignement
  • Problèmes d’urbanisation - Santiago x Campagne/peuples natifs (migration interne)
  • Jeunes pauvres
  • Absence d’un accès équitable - éducation/travail/lieu de résidence, complexifiés pour des questions de genre
  • Reconnaissance des mapuches en tant qu’identité autochtone
  • Droits/garanties (prisonniers politiques - terres - travail)

Résultat de la dynamique initiale entre les jeunes ayant participé au groupe de dialogue régional (Rio Bonito/RJ, juin 2009)

LE PARAGUAY

Le pays compte un nombre élevé de jeunes dans sa population totale, situation qui n’a pas de correspondance quant à la disponibilité des espaces de réalisation personnelle, qui sont rares, tout comme les choix possibles pour ces jeunes, en termes de style de vie. Sur les 5 163 198 habitants, 1 409 118 sont des jeunes.

Le premier point abordé est la pauvreté de la société, en général, et de la jeunesse, en particulier. On peut avoir une idée de la difficulté de la condition sociale de la majorité des jeunes et des difficultés qu’ils affrontent pour vivre pleinement leurs conditions de jeunes.

La pauvreté a de nombreuses facettes : outre l’absence de réponse aux besoins de base, il y a la violation des droits des individus, ce qui est aggravé par les conditions précaires permettant d’exercer son droit à un travail décent. En ce sens, l’une des différences les plus importantes entre le monde adulte et la jeunesse émerge de cette étude.

Le chômage ouvert et le sous-emploi touchent principalement les couches les plus jeunes de la population, principalement les femmes. Cette question a son importance. Il s’agit d’une perversion présente, qui peut être comprise comme un signal de misère structurelle. Le schéma est le suivant : il existe une forte précocité dans l’histoire du travail des personnes interrogées, étant donné que la moyenne d’âge pour commencer à travailler se situe autour des 15 ans. Plus de 34 % commencent à 13 ans, ou avant, et 55 % le font avant leurs 15 ans. Lorsqu’ils atteignent 18 ans, 80 % des Paraguayens et Paraguayennes ont déjà commencé à travailler.

Aux expériences et aux sentiments de plusieurs discriminations que subit une bonne partie de la société paraguayenne, surtout par sa condition « de pauvre », et par « l’apparence », et, dans une moindre mesure, parce qu’elle utilise « le guarani » comme langue, dans le cas des jeunes, s’ajoute un sentiment d’indifférence et les logiques négationnistes de tous les protagonistes du présent, ou directement, un climat construit par un ensemble d’images péjoratives.

L’une des raisons qui empêche aussi le développement de la jeunesse durant la première décennie du XXIe siècle est le fait que la société paraguayenne manifeste fortement l’application d’un critère biologique, patriarcal et autoritaire de valeur des personnes adultes, qui détermine, en grande partie, les droits généraux et spécifiques de la jeunesse ; situation qui a des effets importants sur l’auto perception du sujet jeune. Il a également été constaté que, dans le milieu rural - en particulier pour les femme - parmi les sujets les moins scolarisés et présentant un revenu moins important, les difficultés à s’approprier la condition jeune sont plus importantes (CAPUTO ; SEGOVIA).

Que savent les jeunes argentins/es, boliviens/es, brésiliens/es, chiliens/es et uruguayens/es du Paraguay ?

  • Mercosur
  • Localisation géographique
  • « Polémique présidentielle » (moyens de communication)
  • Problèmes ethniques (immigrants et afro descendants)
  • Route/couloir bi-océanique
  • Langue guarani
  • Les émigrants qui perdent leur culture
  • Cannabis « paraguayen »
  • Budget destiné à FFAA - éducation/santé/diffusion
  • Service militaire
  • Revendications paysannes

Résultat de la dynamique initiale entre les jeunes ayant participé au groupe de dialogue régional (Rio Bonito/RJ, juin 2009)

L’URUGUAY

L’Uruguay est le pays de l’Amérique du Sud avec le plus grand pourcentage de population adulte. Il fait face, dans la région, aux conséquences et au défi du vieillissement de la population. La population âgée de 15 à 29 ans représente 22 % du total de la population. Ce phénomène n’est pas récent et il s’explique par le processus de transition démographique, une dynamique constatée plutôt que dans le reste de la région, définie par une faible natalité et par de fortes attentes de la vie ; une dynamique qui touche particulièrement les couches les plus jeunes : la migration. Deux tiers des immigrants récents, de 2000 à 2006, étaient âgés de 15 à 29 ans.

Durant l’Enquête Nationale approfondie des foyers (Enha) conduite par l’INE, en 2006, les familles des immigrants ont été questionnées sur les motifs de départ de leur pays. La majorité a parlé des difficultés de travail. Il est clair que le chômage touche principalement les jeunes. Il y a quatre fois plus de chômeurs (personnes dans des conditions de travail qui déclarent vouloir le faire) chez les sujets âgés de 15 à 25 ans que dans le reste de la population. Il n’est pas seulement difficile de trouver du travail : sa qualité est également clairement différenciée : 75 % des personnes employées dans le secteur privé, âgées de 15 à 19 ans et 39 % des personnes âgées de 20 à 29 ans n’ont pas de couverture sociale, pourcentage seulement atteint par le premier groupe et par les plus de 65 ans. Cela débouche à une inégalité flagrante de revenus et d’accès aux services et un non-respect des droits. 30 % des jeunes âgés de 15 à 29 ans migrent. (CELIBERTI ; FILARDO, 2008).

Que savent les jeunes argentins/es, brésiliens/es, boliviens/es, chiliens/es et paraguayens/es de l’Uruguay ?

  • Qualité de l’enseignement
  • Travail
  • Influence dans les politiques publiques
  • Adhésion sociale
  • Visibilité est équité de genre, ethnique et raciale
  • Néolibéralisme
  • Laïcité
  • Membre du Mercosur
  • Patriarcal
  • Influence européenne
  • Absence de conscience sur les demandes concernant les jeunes

Résultat de la dynamique initiale entre les jeunes ayant participé au groupe de dialogue régional (Rio Bonito/RJ, juin 2009)

La version originale (en portugais)est en ligne sur le site d’Ibase : www.ibase.br/pt/biblioteca-2/

Retrouvez le site (en portugais) dédié au projet : www.juventudesulamericanas.org.br

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