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Dossier L’engagement des femmes

Femmes dans la mondialisation

, par CIIP

Les femmes sont à la fois "bénéficiaires" de la mondialisation, par la modification des rapports économiques et sociaux qu’elle entraîne, et victimes de la mondialisation qui engendre la pauvreté touchant davantage les femmes.

La migration des hommes à la recherche d’un emploi, l’augmentation du nombre de ménages dirigés uniquement par les femmes changent la configuration des relations à l’intérieur des familles.

Sur le plan de l’emploi, la mondialisation a pour conséquence au Sud, l’ouverture de nouveaux débouchés par la délocalisation ou l’instauration de zones franches (mais les conditions de travail y sont bien souvent indécentes…), l’essor de l’économie informelle, où les femmes sont majoritaires, occupant les emplois les plus précaires (employées de maison, ouvrières à domiciles) et la féminisation des migrations internationales avec pour corollaire la croissance des trafics d’êtres humains à des fins de prostitution dont les femmes et les enfants sont les principales victimes ; au Nord, la mondialisation économique se traduit par davantage de flexibilité et de précarisation du travail.

Au Nord comme au Sud, ce sont les femmes qui absorbent les conséquences désastreuses des politiques macro-économiques, les dommages collatéraux des plans d’ajustement structurel et le désengagement de l’État, la déstructuration des services publics (éducation, soins de santé) notamment.
Les crises économique, financière, climatique qui en découlent pèsent lourdement sur les familles du monde entier mais ce sont les femmes et les jeunes filles qui sont les plus affectées : ce sont souvent les premières à être licenciées ou renvoyées, main d’œuvre flexible du secteur informel où elles sont majoritaires ; lors d’une perte de revenus, les parents déscolarisent d’abord les filles les plus jeunes qui sont renvoyées au travail, formel ou informel ; responsables dans de nombreuses régions du globe de l’approvisionnement en eau, en combustible, de l’agriculture vivrière, les femmes sont durement touchées par la raréfaction des ressources et la dégradation des milieux naturels ; les crises sont également porteuses de repli identitaire et de montée des extrémismes religieux qui portent atteintes aux droits des femmes ; autre fléau aggravé par les crises, la prostitution : à Jakarta (Indonésie), on estime que deux à quatre fois plus de femmes sont devenues travailleuses sexuelles dans l’année qui a suivi immédiatement la crise financière de 1997 (Source : Synthèse du rapport "Parce que je suis une fille – La situation des filles dans le monde 2009" de l’ONG Plan International).

Les femmes, à travers leurs luttes et leurs réseaux, visent à une autre mondialisation… Elles apportent un regard différent et complémentaire à l’analyse économique et internationale des inégalités et celle des rapports de domination : domination de l’homme sur la femme mis en parallèle avec la domination de la Terre par les écoféministes [1]dès les années 1960-70, mise en question des formes patriarcales du pouvoir politique et de l’État qui, associé au capitalisme libéral sont dans la lignée des anciennes politiques colonialistes et impérialistes…

Un mouvement emblématique est celui de "la Marche mondiale des femmes [qui] vise à une transformation politique, économique, sociale et culturelle de la situation des femmes à travers le monde et partant, une transformation des sociétés elles-mêmes."

De par leur expérience de la vie domestique, les femmes sont plus conscientes de la nécessité du maintien d’un équilibre et donc d’une limite, s’opposant en cela à l’idée d’une croissance illimitée de l’économie. En effet les ressources naturelles ne sont pas infinies et une exploitation sans frein ne peut mener qu’à la destruction de notre monde. Ne pourrait-on pas imaginer un monde imprégné des valeurs féminines de mesure, de gratuité, de don, de respect ?

Notes

[1Écoféminisme : Pensée et mouvement apparus dans les années 1970-80 dans la mouvance du féminisme. Les approches écoféministes montrent que la dégradation de l’environnement et les problèmes liés à la mondialisation trouvent leur origine dans le système monde capitaliste patriarcal et le rapport de l’homme à la nature. L’écoféminisme établit ainsi un parallèle entre domination et oppression des femmes et domination et exploitation de la Terre et donc la nécessaire connexion entre les luttes des femmes et les luttes écologiques.

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