Côte d’Ivoire : un pays en reconstruction

Le pari du président Ouattara

La croissance économique est indispensable pour construire la paix

, par BIOFORCE

Le miracle économique ivoirien, dit des « vingt glorieuses », débuté à l’aube de l’indépendance en 1960, a subi plusieurs coups durs qui ont mis à mal la stabilité économique du pays. C’est d’abord la chute du cours du cacao au début des années 1980, due à l’entrée de nouveaux producteurs notamment en provenance d’Asie du Sud-Est, qui donne le premier coup d’arrêt à la croissance du marché ivoirien. La fluctuation des cours du cacao, dans un pays presque exclusivement tourné vers cette culture d’exportation, où l’industrie est très peu développée, met à mal l’économie ivoirienne. Cette première crise s’accompagne d’un gonflement de la dette publique qui pousse la Côte d’Ivoire dans les programmes d’ajustements structurels des institutions de Bretton Woods et leur lot de privatisations et de licenciements de fonctionnaires.

Ces programmes portent un nouveau coup à l’économie ivoirienne. Ils conduisent notamment la Côte d’Ivoire à démanteler, en 1999, la Caisse de Stabilisation et de soutien aux prix agricoles (CAISTAB) créée par Houphouët-Boigny dans les années 1970. Cette caisse fixait les prix d’achat aux producteurs agricoles, délivrait les autorisations aux exportateurs et prélevait les taxes. Elle garantissait un prix aux producteurs les protégeant ainsi des fluctuations du marché mondial. Ce dispositif qui était décrit comme un modèle de performance économique sur le continent africain entretenait par ailleurs un système de clientélisme et de corruption autour du président et de son entourage.

Cultivateur de cacao ivoirien en train de répandre les fèves de cacao pour les faire sécher au soleil. Photo de KokoDZ, 4 octobre 2017 (CC BY-SA 4.0)

La disparition de ces gages de stabilité touche en profondeur les planteurs ivoiriens et fait réapparaître des conflits inter-ethniques pour l’exploitation d’une terre qui est devenue une valeur monétaire. Cette crise économique sème les graines d’un conflit foncier et identitaire qui se développe dans le début des années 1990.

Depuis la sortie de crise de 2011, le revenu moyen par habitant augmente, retrouvant ainsi le niveau connu en 1980, mais cette forte croissance économique n’est pas encore inclusive, le taux de pauvreté n’ayant pas diminué. Et les inégalités sont encore existantes du fait d’une redistribution inéquitable des recettes économiques du pays.

En 2018, la Côte d’Ivoire reste le premier producteur mondial de cacao, la stratégie économique du président Ouattara repose sur cette monoculture qui représente un tiers des recettes des exportations du pays et 10 % des recettes fiscales. 5 millions d’Ivoiriens vivent directement et indirectement du cacao produit principalement au sud du pays. Mais l’économie ivoirienne est dépendante des fluctuations des cours des produits agricoles, des risques climatiques et des conséquences des conflits mondiaux et régionaux. Le secteur agricole en est l’exemple car il a participé à la bonne performance de l’économie ivoirienne en bénéficiant de conditions climatiques avantageuses en 2017. L’émergence de la Côte d’Ivoire s’appuie également sur le développement des infrastructures. La capitale, Abidjan, se transforme avec notamment la construction du pont Henri Konan Bédié livré en 2015, le prolongement de l’autoroute du Nord commencé en 2013, les travaux d’aménagement de la baie de Cocody et la construction d’un métro qui devrait voir le jour en 2022. Il est à noter également qu’en 2018 le port d’Abidjan est le premier d’Afrique de l’Ouest.

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