Côte d’Ivoire : un pays en reconstruction

Chronologie sur la Côte d’Ivoire

, par BIOFORCE

La Côte d’Ivoire, comme ses voisins le Ghana et la Guinée, a connu le long de son histoire des installations de populations issues des régions proches, les plus anciennes implantations étant localisées sur la lagune côtière et datant du paléolithique supérieur (-15 000 à -10 000 ans).

1469 : Des navigateurs portugais fondent les comptoirs de Bassam et de Sassandra.

Entre le XIème siècle et le XVIème siècle : Le territoire qui correspond maintenant à la Côte d’Ivoire est une terre de refuge et de migration pour lespeuples venant du Sahel.

XVIème siècle : Les populations arrivées avant ce siècle sont aujourd’hui des groupes minoritaires ayant plus ou moins bien conservé l’essentiel de leurs cultures.Ce sont les Agoua et Ehotilé (Aboisso), Kotrowou (Fresco), Zéhiri (Grand-Lahou) et Ega ou Diès (Divo).

XVIIIème siècle : Grandes migrations akan (Agni, Baoulé, Atié, Abbey, Ébriés, M’Battos, Abidji) dans le sud-est et le centre de l’actuelle Côte d’Ivoire ainsi que celles d’autres groupes malinkés (en provenance des rives de la Volta noire) et du sud des territoires actuels du Mali et du Burkina Faso.

XVIIIème-XIXème siècle : Au début du XVIIIème siècle, fondation du royaume de Ndémé et Moronou par les Denkyras, peuple venant du sud du Ghana.
Le peuple baoulé fonde les villages de Béoumi et de Beglesous dans la moyenne vallée de la Bandama.
Le Royaume Ouattara de Bobo-Dioulasso contrôle les régions entre la Côte d’Ivoire et le Burkina Faso. Sous le règne de Maghan Oulé Ouattara (1749-1742), roi lettré et soldat, le royaume atteint son apogée.
A partir de 1851, le royaume s’effondre et disparaît sous la pression des peuples dominés.

1893-1958 : Côte d’Ivoire, territoire français

1893 : Création de la Côte d’Ivoire en tant que colonie française autonome.

1904 : La Côte d’ivoire devient l’un des départements de l’Afrique-Occidentale française.

1910 : Création de plantations de cacao en Côte d’Ivoire.

1956 : La Côte d’Ivoire devient un territoire français d’outre-mer.

1958 : La Côte d’Ivoire devient République autonome dans la cadre d’une association avec la France appelée Communauté.

1959- 1993 : La période Félix Houphouët-Boigny, « Père de la nation ivoirienne »

1959 : Félix Houphouët-Boigny accède à la présidence. Il sera constamment réélu jusqu’à sa mort, en décembre 1993.

1960 : 7 août : la Côte d’Ivoire proclame son indépendance.

1983 : Félix Houphouët-Boigny fait de Yamoussoukro, sa ville natale, la capitale du pays.

1990 : Instauration du multipartisme, sous la pression de la rue.

1993 : 7 décembre  : mort de Félix Houphouët-Boigny, « père de la nation ivoirienne », après 33 ans à la présidence de la République de Côte d’Ivoire.

1994-2011 : Période de grande instabilité politique et enchaînement de conflits

1994 : 8 décembre : adoption du code électoral qui impose aux candidats d’être né de père et de mère ivoiriens et de ne jamais avoir prétendu à une autre nationalité. Point de départ de l’« ivoirité ».

1995 : Henri Konan Bédié est élu président de la République ivoirienne à 96% des suffrages, après le boycott des élections par ses principaux adversaires en réponse à l’adoption du nouveau code électoral.

1999 : 24 décembre : coup d’État du général Robert Gueï, ancien chef d’Etat-major des armées. Fuite d’Henri Konan Bédié. Retour d’Alassane Ouattara, en exil en France.

2000 : Octobre : victoire de Laurent Gbagbo aux élections présidentielles, invalidées par le général Robert Gueï qui se proclame président de la République. Début de grandes émeutes menées par les partisans de Laurent Gbagbo. Fuite du général Robert Gueï ; Laurent Gbagbo devient président de la République ; violences inter-ethniques. Découverte d’un charnier à Yopougon, quartier populaire d’Abidjan.

2001 : En application des dispositions de la Constitution, création d’une Commission électorale indépendante (CEI) chargée de l’organisation des élections.

2002 : Septembre/octobre : tentative de coup d’État par des groupes armés sur l’ensemble du territoire ivoirien. Échec à Abidjan, succès à Bouaké et à Korhogo. Assassinat du général Robert Gueï. Déploiement des premiers renforts de soldats français pour protéger leurs ressortissants. Début de l’opération « Licorne » de l’armée française, 3 000 hommes. Violents affrontements dans l’Ouest.

2003 : Janvier : Conférence et Accords de Linas-Marcoussis, en banlieue parisienne avec l’ensemble des partis politiques ivoiriens et des rebelles. Ces accords prévoient la formation d’un gouvernement d’union nationale, comprenant des ministres de chaque parti dont les rebelles du MPCI. Manifestations anti-françaises, menées par les partisans de Laurent Gbagbo et les « jeunes patriotes » qui refusent l’intégration des rebelles au gouvernement, comprise comme une ingérence française.
Mars : formation d’un gouvernement d’union nationale intégrant des ministres du MPCI et du RDR.
Mai : résolution 1479 du Conseil de sécurité de l’ONU : mise en place de la Mission des Nations Unies en Côte d’Ivoire (MINUCI).

2004 : Février : Résolution 1528 du Conseil de sécurité de l’ONU : mise en place de l’Opération des Nations Unies en Côte d’Ivoire (ONUCI). 6 200 Casques bleus pour épauler les 4 000 soldats français.
25 mars : marche pacifique des opposants à Laurent Gbagbo pour protester contre le blocage des accords de Marcoussis par le président ivoirien, réprimée dans le sang par les autorités ivoiriennes.
30 juillet : Sommet d’Accra (dit Accra III) entre une dizaine de chefs d’État africains, sous la présidence du secrétaire général des Nations Unies, pour trouver une solution à la crise ivoirienne. Laurent Gbagbo promet la réforme de l’article 35 de la Constitution sur l’éligibilité des candidats à la présidence de la République.
Octobre/novembre : reprise des hostilités entre loyalistes et rebelles après le bombardement de positions rebelles par l’aviation ivoirienne à Bouaké et à Korhogo.
6 novembre : bombardement d’une base militaire française par l’armée ivoirienne. En réaction, la flotte aérienneivoirienne est totalement détruite par l’aviation française.
15 novembre : résolution 1572 du Conseil de sécurité de l’ONU : embargo sur les armes, pour les deux parties belligérantes.

2005 : Avril : les principaux acteurs de la crise ivoirienne se réunissent à Pretoria (Afrique du Sud) sous la direction de Thabo Mbeki et concluent un accord de paix.

2006 : Mars : première réunion depuis le début du conflit ivoirien, à Yamoussoukro, entre Laurent Gbagbo, Alassane Ouattara, Henri Konan Bédié et les rebelles représentés par Guillaume Soro.

2007 : Mars : Laurent Gbagbo et Guillaume Soro signent un accord de paix sous l’égide de Blaise Compaoré, président du Burkina Faso. Guillaume Soro devient premier ministre. Les élections sont prévues pour octobre 2007.

2008 : Avril : à Abidjan, émeutes contre la vie chère, violemment réprimées par la police. Le gouvernement décrète un allègement des taxes pesant sur les denrées de base.
Report des élections pour novembre 2009, la vérification des listes électorales n’ayant pas été terminée.

2009 : Mars : les institutions financières internationales accordent à la Côte d’Ivoire un allègement de sa dette au titre de l’initiative en faveur des pays les plus pauvres très endettés (PPTE).
Octobre : nouveau report de l’élection présidentielle.

2010 : Janvier/mars : Laurent Gbagbo dissout la CEI et le gouvernement. La crise politique s’accompagne de manifestations réprimées violemment.
Guillaume Soro, reconduit dans ses fonctions de Premier ministre, forme un nouveau gouvernement attribuant à l’opposition 11 postes et la présidence de la CEI.
Décembre : la CEI déclare Alassane Ouattara vainqueur de l’élection présidentielle avec 54,1 % des voix.
Le Conseil constitutionnel invalide les résultats de la CEI et déclare Laurent Gbagbo vainqueur de l’élection présidentielle avec 51,45 % des voix. L’ONU valide la victoire d’Alassane Ouattara. L’Union africaine, la CEDEAO prennent position pour Alassane Ouattara et avalisent une médiation dirigée par Thabo Mbeki.

2011 : Janvier : affrontements entre les forces pro-Gbagbo et les fidèles d’Alassane Ouattara à Abobo, quartier d’Abidjan et fief d’Alassane Ouattara (11 morts). Résolution 1967 de l’ONU autorisant l’envoi de 2000 Casques bleus en renfort.
Février : plainte de Laurent Gbagbo contre la CEDEAO.
Mars : l’Union africaine reconnaît Alassane Ouattara comme seul président de la Côte d’Ivoire. Début de "l’offensive généralisée" des forces pro-Ouattara vers le sud du pays et Abidjan. Résolution 1975 de l’ONU imposant des sanctions ciblées contre Laurent Gbagbo et son entourage et exigeant son départ immédiat. Les forces pro-Ouattara s’emparent de la capitale politique, Yamoussoukro. Début de la bataille d’Abidjan.
Avril : arrestation de Laurent et Simone Gbagbo. L’armée prête allégeance au président Alassane Ouattara. Levée des sanctions de l’Union africaine.
Mai : fin de la bataille d’Abidjan avec la prise de contrôle de Yopougon par les Forces républicaines de Côte d’Ivoire (FRCI).
Novembre : incarcération dans la prison de la CPI, à Scheveningen (Pays-Bas), de Laurent Gbagbo, poursuivi pour crimes de guerre et contre l’humanité commis pendant la crise postélectorale.

Transition vers la paix et la stabilité du pays

2012 : Novembre : mandat d’arrêt international délivré par la CPI contre Simone Gbagbo pour crimes contre l’humanité commis lors des violences de 2010-2011.

2013 : Novembre : condamnation à vingt ans de prison de quatorze anciens dirigeants de la filière café-cacao pour des malversations massives commises entre 2002 et 2008.

2015 : Mars : la justice ivoirienne condamne Simone Gbagbo à 20 ans de prison, pour son rôle dans la crise postélectorale de 2010-2011.
Octobre : réélection d’Alassane Ouattara.

2016 : Janvier : démission du Premier ministre Daniel Kablan Duncan mais il est reconduit à son poste par le président Ouattara.
Ouverture du procès pour crimes contre l’humanité de Laurent Gbagbo devant la CPI à La Haye (Pays-Bas), et de son ancien ministre Charles Blé Goudé qui plaident non coupables.
Mars : attentat dans la cité balnéaire de Grand-Bassam revendiqué par Al-Qaïda au Maghreb islamique (AQMI) (18 morts).
Avril : annonce de la réforme de la Constitution. La Commission nationale pour la réconciliation et l’indemnisation des victimes (CONARIV) remet au président Alassane Ouattara une liste de 316 954 noms, des victimes qui seront indemnisées pour les exactions commises en Côte d’Ivoire entre 1990 et 2011. Levée des sanctions de l’ONU.
Mai : ouverture de la Cour d’assises, prévoyant de juger les crimes commis pendant la crise postélectorale. Procès de Simone Gbagbo.
Juillet : mise en cause de militaires dans le cadre de l’enquête sur l’attaque terroriste de Grand-Bassam. Le Conseil des ministres suspend toutes les activités syndicales des étudiants en Côte d’Ivoire. Manifestations contre la vie chère à Bouaké.
Août : Une nouvelle constitution présentée par le président Ouattaraest adoptée par référendum par 93,42 % des électeurs.
Novembre : Le recensement effectué par le Haut-Commissariat des Nations-Unies pour les réfugiés (UNHCR) révèle que la majorité des réfugiés se trouvant sur le territoire ivoirien viennent du Libéria, de la Sierra Leone, du Nigeria ou de la Libye.
Décembre : lancement de l’opération « Grand Ménage » par le ministère de la Salubrité urbaine et de l’Assainissement, la pollution des villes par les ordures ayant un grave impact sur la santé publique desIvoiriens. Elections législatives : avec un taux de participation de 34,1% la coalition soutenant le président Ouattara obtient la majorité absolue.

2017 : Janvier : les villes de Bouaké, Korogho, Daloa et Daoukro sont bloquées par des militaires qui réclament des hausses de salaire et de meilleurs outils de travail. Le président promet de satisfaire leurs revendications.
Le président Alassane Ouattara accepte la démission du Premier ministre Daniel Kablan Duncan et de son gouvernement. Amadou Gon Coulibaly est nommé nouveau Premier ministre et Daniel Kablan Duncan est nommé vice-président de la République, poste créé par la nouvelle Constitution ivoirienne. Guillaume Soro est réélu président de l’Assemblée nationale. Limogeage des chefs des forces armées, de la police et de la gendarmerie, par décret présidentiel.
Plan d’urgence lancé par le gouvernement après la mutinerie des gendarmes à Bouaké et Yamoussoukro.
Mouvements sociaux dans plusieurs villes du pays.
Février : départ de l’ONUCI, mission de l’ONU en Côte d’Ivoire.
Mars : acquittement de l’ex-Première dame Simone Gbagbo par la Cour d’assises d’Abidjan. Mais l’ex-Première dame fait toujours l’objet d’un mandat d’arrêt de la CPI,pour crimes contre l’humanité.
Mai : nouvelles mutineries militaires dans plusieurs villes du pays, dont Bouaké, les militaires réclamant des primes.
Juin : élection de la Côte d’Ivoire en tant que membre non permanent du Conseil de sécurité de l’ONU.
Août : recrudescence des attaques contre des postes de gendarmerie ou de police.
Septembre : des étudiants manifestent contre la hausse des frais d’inscription à l’université.
Octobre : arrestation du chef du protocole de l’Assemblée nationale, Souleymane Kamaraté Koné, inculpé de « complot contre l’État » dans une affaire de caches d’armes.

2018 : Janvier  : L’armée ivoirienne présente ses excuses à la nation pour les mutineries qui ont déstabilisé le pays en 2017.
Mars : pour la première fois de son histoire, la Côte d’Ivoire se dote d’un Sénat, l’opposition boycotte les élections sénatoriales, le camp présidentiel sort majoritaire.
Avril : à l’initiative de l’association Ensemble contre la peine de mort, un congrès africain contre la peine de mort se tient durant deux jours à Abidjan.
Juin : La Côte d’Ivoire et le Ghana s’accordent pour coordonner leurs ventes de cacao afin de peser sur les marchés mondiaux.
Juillet : La coalition Rassemblement des houphouëtistes pour la démocratie et la paix (RHDP) devient un parti politique représentant la droite ivoirienne, Alassane Ouattara est désigné président du parti.
Août : le président Alassane Ouattara annonce l’amnistie de Simone Gbagbo et de 800 prisonniers détenus suite à la crise postélectoralede 2010-2011.
Octobre : élections municipales et régionales dans un climat de violences
Aux municipales, avec 46% des voix, le RHDP remporte 92 communes.
3 novembre  : décès d’Aboudramane Sangaré, président par intérim du Front populaire ivoirien (FPI). Laurent Gbagbo s’attribue, depuis sa prison de La Haye, la présidence de ce parti.

2019 : 15 janvier : acquittement par la CPI de l’ancien président ivoirien, Laurent Gbagbo, en détention depuis sept ans à La Haye. La procureure fait appel de cette décision qui est suspendue.

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