Mauritanie : un long chemin vers les libertés, l’égalité et la sécurité

Chronologie sur la Mauritanie

, par Bioforce

Paléolithique inférieur : Trace de présence humaine sur le territoire qui deviendra la Mauritanie.

Néolithique : Arrivée d’une population de chasseur·ses venue du sud profiter du climat humide entrecoupé de périodes plus sèches et du gibier. 

Fin du néolithique : Désertification de la région, les populations migrent à nouveau vers le sud.

Début de l’ère chrétienne : Arrivée de pasteur·es berbères dans la région.

VIIe siècle : Une première invasion arabe introduit peu à peu l’islam en Afrique du nord

1042 : Fondation de l’Empire almoravide par des tribus berbères, propagation d’un islam austère.

Fin du XIIe siècle : La Mauritanie méridionale devient une province extérieure des deux grands empires soudanais, le Mali et Sanghey.

Vers 1400 : Invasion des tribus arabes, probablement originaires du Yémen.

1727-1778 : Création des quatre émirats par les chefs de tribus bédouines.

Mauritanie : territoire français

1855-1858 : Le Français Faidherbe annexe le Oualo et la rive mauritanienne du lac Sénégal. La France noue des alliances avec les émirs du Trarza et du Brakna.

1889 : Création de la Mauritanie occidentale par l’État français.

27 juin 1900 : Convention franco-espagnole pour la « délimitation des possessions françaises et espagnoles en Afrique occidentale », création des frontières actuelles de la Mauritanie.

1919 : La Mauritanie devient un territoire militaire français.

1920-1932 : La résistance de l’extrême nord de la région mauritanienne est vaincue, la France occupe complètement le territoire et la Mauritanie devient une des colonies de l’Afrique de l’Ouest française administrée depuis Saint-Louis du Sénégal.

1946 : La Mauritanie devient un territoire d’Outre-mer de la République française.

1957 : Nouakchott devient la capitale de la Mauritanie.

28 novembre 1958 : Proclamation de la République islamique de Mauritanie, qui demeure au sein de la Communauté française avec le statut de république autonome.

La Mauritanie indépendante

28 novembre 1960 : Proclamation de l’indépendance par Moktar Ould Daddah, président du gouvernement provisoire.

5 juin 1961 : La nouvelle Constitution instaure un régime de type présidentiel. Deux mois plus tard, Moktar Ould Daddah est élu premier président de la Mauritanie.

1969 : Le Maroc, qui réclamait le territoire mauritanien pour former le Grand Maroc, reconnaît la Mauritanie indépendante.

1973 : Mise en circulation de l’ouguiya, nouvelle monnaie du pays qui sort de la zone franc CFA. Le pays devient membre de la ligue arabe.

1975 : Occupation d’une partie du Sahara occidental. Début d’une guerre contre le Front Polisario, mouvement nationaliste sahraoui partisan d’un Sahara occidental indépendant.

1976 : Accord avec l’Espagne et le Maroc sur le partage du Sahara espagnol.

1978 : Destitution du président Moktar Ould Daddah par un coup d’État militaire.

1979 : La Mauritanie signe un cessez-le-feu avec le Front Polisario et abandonne ses revendications sur une partie du Sahara occidental. Le Maroc s’installe dans les territoires sahraouis anciennement revendiqués par la Mauritanie.

1980 : Constitution d’un gouvernement civil.

1981 : Abolition officielle de l’esclavage. 16-26 mars : Tentative de coup d’État des officiers de l’Alliance pour une Mauritanie démocratique (AMD).

Décembre 1984 : Destitution du colonel Ould Haidalla, président depuis janvier 1980, par le colonel Ould Taya et son coup d’État.

Avril- mai 1989 : Une rixe, éclatant entre paysan·es sénégalais·es et pasteur·es peul·es mauritanien·es, dégénère en conflit frontalier et provoque la rupture des relations entre la Mauritanie et le Sénégal. Des émeutes anti-mauritaniennes et anti-sénégalaises éclatent respectivement à Dakar et à Nouakchott du 20 au 29 avril. Le 3 mai, la Mauritanie décide d’expulser de son territoire tou·tes les Sénégalais·es ainsi que les Mauritanien·nes d’origine sénégalaise.

Juillet 1991 : Nouvelle Constitution instaurant le multipartisme. Le pays est confronté à l’instabilité politique et au développement du terrorisme islamiste.

1992
24 janvier : Première élection présidentielle multipartite remportée par le colonel Maaouiya Ould Sid’Ahmed Taya, président au pouvoir depuis son coup d’État de 1984.
Mars : Première élection législative multipartite de l’histoire du pays mais boycottée par les partis d’opposition.

Décembre 1997 : Réélection du président Maaouiya Ould Taya. L’opposition continue de critiquer l’absence de transparence du scrutin et dénonce des fraudes massives.

2003
Juin : Échec d’un coup d’État contre le président Maaouiya ould Taya.
Novembre : Le président Maaouiya Ould Taya est réélu.

Septembre 2004 : Nouvel échec d’un coup d’État contre le président Maaouiya Ould Taya.

3-7 Août 2005 : Le colonel Ely Ould Mohamed Vall réalise un coup d’État militaire et prend le pouvoir sans violence. Ce coup d’État est accueilli, dans la capitale Nouakchott, par une population en liesse.

La transition démocratique

2007
25 mars : Première élection présidentielle du pays donnant lieu à un second tour. Cette élection accorde la victoire à Sidi Ould Cheikh Abdallahi.
Avril, la Mauritanie réintègre l’Union africaine, après en avoir été exclue à la suite du coup d’État de 2005.
Décembre : Au sud du pays, à Aleg, quatre touristes français, membres d’une même famille, sont assassinés, les meurtres sont revendiqués par Al-Qaïda au Maghreb islamique (AQMI).

2008
Août : Renversement sans violence du président Sidi Ould Cheikh Abdallahi par un coup d’État mené par le général Mohammed Ould Abdel Azi.
Septembre : Le gouvernement du général Mohammed Ould Abdel Azi installe un gouvernement civil de transition dirigé par le diplomate Moulaye Ould Mohamed Laghdaf, ancien ambassadeur à Bruxelles.
15 septembre : Dans le nord du pays, douze soldats sont tués par l’organisation terroriste Al-Qaïda au Maghreb islamique qui appelle les Mauritanien·nes à la « guerre sainte » contre les « dirigeants apostats ».

Juillet 2009 : Élection, dès le premier tour, du général Mohamed Ould Abdel Aziz à la présidence, à la tête du pays depuis son coup d’État d’août 2008.

2012 : La Mauritanie déclare l’esclavage crime contre l’humanité.

2014 : Une nouvelle loi est votée afin de criminaliser l’esclavage.
Février : Création du G5, coopération régionale en matière de politiques de développement et de sécurité par cinq États du Sahel : Mauritanie, Mali, Burkina Faso, Niger et Tchad.

2015 : Un décret est promulgué afin de créer trois cours criminelles spécialisées en matière de lutte contre l’esclavage.

Décembre 2017 : Les député·es mauritanien·nes valident le projet de loi gouvernemental visant à rendre obligatoire la peine de mort en cas d’apostasie. La cour criminelle de Nouadhibou condamne à mort Cheikh Ould Mohamed Ould Mkheitir pour avoir critiqué le Prophète dans un article publié sur Internet et accusé son pays de perpétuer la « marginalisation au nom de l’islam » de certaines catégories sociales comme la caste des forgeron·es, les descendant·es d’esclaves et la caste des griot·es. Cette condamnation pour apostasie est sans précédent depuis l’indépendance du pays en 1960.

Juin 2019 : Le général à la retraite et ancien ministre de la Défense Mohamed Ould Ghazouani est élu président. Pour la première fois depuis l’indépendance du pays en 1960, une passation de pouvoir a lieu sans coup d’État. Cependant, des responsables et militant·es de l’opposition et une centaine « d’étranger·ères » sont arrêté·es lors des manifestations qui ont éclaté après l’annonce de la victoire du candidat à la présidentielle. Le réseau Internet, coupé par le gouvernement, est rétabli seulement quelques jours plus tard.

6 Mai 2020 : En réponse aux centaines de manifestations des Mauritanien·nes exigeant la criminalisation du viol et des violences faites aux femmes et aux filles, le Conseil des ministres examine et approuve un projet de loi relative à la lutte contre la violence à l’égard des femmes et des filles.

Mars 2021 : L’ex-président mauritanien Mohamed Ould Abdel Aziz et une dizaine de hautes personnalités (dont un de ses gendres), deux anciens premiers ministres et plusieurs anciens ministres et hommes d’affaires sont inculpés pour corruption.