Le défi d’être une femme autochtone au Guatemala

Introduction

, par CIDES

Le Guatemala est un pays particulièrement inégalitaire, marqué par la violence et la corruption, où les différents peuples autochtones, qui constituent la majorité de la population, sont victimes de multiples formes de racisme et d’exclusion.
Malgré la signature en 1995 de « l’Accord sur l’identité et les droits des peuples indigènes » [1], être autochtone au Guatemala en 2022 signifie encore le plus souvent vivre dans une situation de marginalisation économique et avec un accès limité aux services publics de base (éducation, santé, nutrition). Alors que la pauvreté touche 42,7% de la population non autochtone, elle prévaut à 64,5% au sein de la population autochtone [2].

Les femmes autochtones sont de surcroît confrontées à la violence patriarcale, qui a atteint son paroxysme pendant la guerre civile entre 1960 et 1996, avec des viols systématiques et l’esclavage de femmes mayas comme arme de guerre, mais qui se manifeste toujours au quotidien par des violences, féminicides et agressions sexuelles généralement impunies.
En réponse à ces oppressions multiples, de nombreuses organisations de femmes ont été créées, notamment après la guerre civile, et ont pu participer officiellement aux négociations des Accords de paix : des groupes féministes composés de femmes de la classe moyenne urbaine, mais aussi des groupes de femmes mayas exilées luttant à leur retour pour l’accès à la terre, comme l’organisation Mamá Maquín fondée en 1990.
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Peinture murale, ville de Guatemala
Les peintures murales permettent aux femmes de se réapproprier les espaces publics. Elles affirment leur autonomisation et leur libération de la violence. UN Women/Ryan Brown, photo prise le 13 avril 2018

Au carrefour des traditions autochtones, dont elles sont les gardiennes, et des luttes pour les droits humains ou contre l’extractivisme, les femmes autochtones sont particulièrement actives dans de nombreuses associations et coopératives.