Le défi d’être une femme amérindienne au Guatemala

Carte et repères sur le Guatemala

, par CIDES

Carte du Guatemala
Section de l’Information Géospatiale de l’ONU www.un.org/gis

Nom officiel : République du Guatemala
Régime politique : république, 22 départements
Chef d’État et du gouvernement : Alejandro Giammattei
Prochaines élections  : 2024 (élections générales)

Géographie

Superficie : 108 930 km²
Capitale : Ciudad de Guatemala
Villes principales : Mixco, Villa Nueva, Quetzaltenango, San Miguel Petapa

Le Guatemala est limité à l’ouest et au nord par le Mexique, à l’est par le Belize et la mer des Caraïbes, au sud-est par le Honduras et le Salvador et au sud par l’océan Pacifique. Le relief est très contrasté, entre une zone méridionale montagneuse dominant de 3 000 à 4 000 mètres la plaine pacifique, et des terres basses et humides au nord-est. Plusieurs volcans de la Sierra Madre sont encore actifs, les séismes sont fréquents et parfois destructeurs (plus de 20 000 victimes en1976).
Les conditions climatiques sont extrêmement variées : alternance d’une saison sèche et de mousson sur la côte pacifique, climat tropical dans les basses plaines du Peten et climat plus tempéré en altitude. Des cyclones parfois dévastateurs frappent le pays, qui est désormais particulièrement affecté par le changement climatique : un « corridor sec » s’est formé de l’océan Pacifique au nord du Guatemala, depuis le début des années 2000, avec des conséquences dramatiques sur la sécurité alimentaire des populations rurales.

Société

Langues principales : espagnol (officiel), 23 langues amérindiennes
Population : 18 065 725 habitants (2020)
Croissance démographique : 2,13 % / an
Densité : 165,85 habitants / km²
Principales religions : catholique (43 %), évangélique (41 %), sans religion (13 %)
Indice de développement humain (palmarès : 127) : 0,663 / 1 (2022)
Alphabétisation : 81,29 % (2014)
Gender Gap Index : 0,655
Femmes au Parlement  : 19,4 %
Médecins pour 1 000 hab. : 0,35 (2018)

Le Guatemala est l’un des pays d’Amérique latine où la population amérindienne est proportionnellement la plus nombreuse.
Au recensement de 2002, le Guatemala est composé de quatre « peuples » ou communautés ethniques : les Ladinos, les Mayas, les Garifunas et les Xinkas. Les Ladinos sont les descendants des colons espagnols arrivés au XVIe siècle, même si la majorité des Ladinos sont des Métis hispanophones ; ils forment aujourd’hui 60 % de la population (4,4 millions d’individus). Les Mayas constituent le second peuple en importance du point de vue démographique car il représente 39,26 % de la population (2,8 millions). Suivent les Xinkas avec 16 224 membres (0,14 % de la population). Enfin, les Garifunas, présents sur toute la côte caribéenne de l’Amérique centrale, depuis le Nicaragua jusqu’au Guatemala, en passant par le Honduras et le Belize, ne représentent que 0,04 % des Guatémaltèques, soit 5 040 individus.

On suppose aujourd’hui que près de 55 % des Guatémaltèques sont des « Indiens » descendants des Mayas ; on compte 44 % de Métis (les « Ladinos ») et 1 % de Blancs. Les locuteur·rices de l’espagnol comme langue maternelle sont minoritaires au Guatemala : ils forment 42,5 % de la population.
L’accord sur l’identité et les droits des peuples indigènes (1995) et la loi sur les langues nationales (adoptée en 2003) prévoient une politique très ambitieuse de valorisation des langues et traditions amérindiennes, mais leur application est encore très défaillante.
Depuis les accords de paix de 1996, la Constitution est disponible dans les quatre langues les plus parlées après l’espagnol (le k’iche’, le q’eqchi’, le mam et le cakchiquel). Mais dans les écoles et les services publics la langue espagnole s’impose partout, ce qui renforce l’exclusion des populations qui ne la maîtrisent pas.
La conscience d’une identité ethnique va de pair chez les Mayas avec une grande diversité, puisqu’on recense sur le territoire guatémaltèque pas moins de 23 « peuples » parlant autant de langues différentes, (certaines n’étant parlées que par un nombre très limité de personnes). Et le lien avec la terre-mère et les éléments naturels, caractéristique de la culture maya, s’appuie sur l’attachement à un territoire communautaire très limité, où chaque communauté (à l’échelle d’un village parfois) s’identifie par un costume particulier aux couleurs et motifs spécifiques.

Données économiques

Monnaie : quetzal
PIB : 78,460 milliards $USD (2018)
PIB par habitant : 4619 $USD
Croissance annuelle : 3,07 %
Taux de chômage : 2,36 %
Dette publique : 26,59 % du PIB
Exportations : 11 175 millions de $
Importations : 19 882 millions de $
Principaux clients : États-Unis, Salvador, Honduras
Principaux fournisseurs de marchandises : États-Unis, Chine, Mexique

Avec un PIB de près de 79 millions de $ en 2018 selon le Fonds monétaire international (FMI), l’économie guatémaltèque est la plus importante d’Amérique centrale. Malgré cela, le pays est marqué par de très fortes inégalités socio-économiques et près de 60 % de la population (essentiellement les Amérindien·nes) vivent sous le seuil de pauvreté.
L’agriculture (10 % du PIB) présente une très forte disparité entre, d’une part, les cultures d’exportation (café, canne à sucre, bananes, huile de palme) dont les grandes exploitations souvent multinationales occupent les basses terres les plus fertiles et, d’autre part, une agriculture familiale de subsistance (maïs, légumes) dont les petites parcelles se concentrent dans les zones montagneuses.

Le Guatemala est le pays ayant la plus grande industrie manufacturière de l’Amérique centrale, avec le textile, les produits alimentaires, le papier, les produits pharmaceutiques et le caoutchouc.
Mais ce secteur est largement constitué de « maquiladoras », notamment dans l’industrie textile. Ces usines de montage assemblent des biens importés destinés à être intégralement réexportés ; bénéficiant de l’exemption des droits de douane et d’une main-d’œuvre bon marché, elles se caractérisent par des conditions de travail scandaleuses.

Les services représentent 65 % du PIB : le tourisme est l’un des secteurs les plus importants, avec environ 2 millions de touristes chaque année, attirés par des sites naturels (lac Atitlàn, plages du Pacifique et de l’Atlantique, parcs nationaux) et surtout par les nombreux sites archéologiques mayas ; la mise en avant des aspects spectaculaires de cette brillante civilisation précoloniale contraste avec les conditions de vie et les discriminations dont sont victimes les descendant·es des Mayas.
Le secteur touristique a été très fortement perturbé par la pandémie de Covid.

Enfin l’argent envoyé par les émigrés, installés principalement aux États-Unis (légalement ou non), représente 10 % du PIB et constitue une ressource essentielle pour de nombreuses familles.