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Dossier Bangladesh : des travailleurs exploités

La « Banque des villages » un outil d’émancipation

, par CDTM 34

C’est en 1983 que la Grameen Bank, la « banque des villages », a été crée au Bangladesh. Muhammed Yunus, son fondateur, était à cette époque professeur d’économie à l’Université de Chittagong. Il s’intéressait aux villages de son pays.

En faisant des enquêtes auprès des paysans, il a découvert l’exploitation dont ils faisaient l’objet de la part des usuriers. N’arrivant pas à convaincre les banques du pays de prêter aux femmes du village, le professeur Yunus a commencé à sortir de sa poche le petit capital dont elles avaient besoin, et a constaté que ses prêts étaient remboursés à 100%. La Grameen Bank comptait 200 000 clients lors de son lancement ; en dépit des inondations qui détruisent régulièrement les maigres biens de ses membres, elle en a 3,4 millions aujourd’hui. Après une longue mise au point, les méthodes de la Grameen Bank s’adaptent parfaitement à la situation des zones rurales du Bangladesh. Les prêts individuels servent à financer les activités les plus variées (petit commerce, artisanat, agriculture, pêche, élevage, transport…) et ils sont accordés prioritairement aux femmes. En effet ce sont elles qui, écrasées par les lois religieuses et culturelles du pays, en ont le plus besoin. En outre, elles se sont montrées plus capables de gérer les revenus au mieux des intérêts des enfants et plus ponctuelles en ce qui concerne le remboursement.

Muhammed Yunus a reçu le Prix Nobel de la paix en 2006 : il a permis à beaucoup de femmes et à leurs familles de sortir de l’esclavage des usuriers, voire de la pauvreté extrême. Malgré cela la Grameen Bank et le microcrédit font l’objet de nombreuses critiques de la part d’économistes, de journalistes et du secteur associatif. Ils trouvent que la micro-finance, bien souvent récupérée par le système bancaire international, ne permet pas l’accumulation de capital ni le développement de l’économie locale alors qu’il faudrait réaffirmer la responsabilité publique et encourager l’engagement de l’Etat.

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