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Dossier Comores : des migrants au service de leur pays

La contribution de la diaspora à la vie économique et sociale du pays est importante

, par CDTM 34

Entre 150 000 et 300 000 Comoriens résident en France, dont 50 000 à 100 000 à Mayotte. Marseille est considérée comme la deuxième capitale des Comores mais il est très difficile de quantifier la communauté comorienne en France, l’Etat comorien ne disposant pas de statistique permettant de suivre la migration de sa population. A cause du passé colonial du pays, certains possèdent la double nationalité comorienne et française. En effet, au moment de l’indépendance, les Comoriens ont eu la possibilité de garder la nationalité française. Ceux qui n’en n’ont pas voulu n’ont pas pu l’obtenir par la suite.

La première vague de migration, dans les années 1960, était une migration de travail et la plupart des migrants étaient des jeunes hommes, le plus souvent sans diplôme d’enseignement supérieur et sans emploi. Depuis, les migrations se féminisent à cause, notamment, de la dégradation de la situation économique. D’après une enquête en 2010, sur 125 personnes migrantes, 86,4 % étaient de jeunes femmes célibataires âgées de 15 à 35 ans.

De manière générale, les migrants tendent à transférer la plus grande partie de leur revenus dans leur pays d’origine et les Comoriens n’y dérogent pas. Les Comoriens en France génèrent des retombées économiques non négligeables pour leur pays. Beaucoup de femmes, de par leur privilège d’héritage, sont poussées à entretenir des relations soutenues avec leur famille restée aux Comores.

Ces transferts de fonds de la diaspora comorienne, représentent plus de 30 % du PIB du pays. Cette aide sert d’abord à la survie des familles ; en effet, dans un pays où l’accès aux soins est un problème et où il n’y a pas de système de protection sociale, la solidarité familiale et sociale dans ce domaine joue un rôle actif.
Nombreux sont aussi les Comoriens de l’étranger qui envoient de l’argent pour soutenir des projets villageois ou d’associations qui se sont multipliés ces dernières années. Ces projets ont pour objectif d’améliorer les conditions de vie locale dans des domaines variés : création de petites entreprises, développement agricole, alphabétisation, formation professionnelle…

Le grand mariage : un partage

Le grand mariage, ou « anda », occupe une place centrale dans les pratiques coutumières qui rythment la vie sociale comorienne et contribuent à préserver la cohésion sociale, véhiculant une certaine philosophie de la vie et encourageant la redistribution des richesses. Durant une semaine, il rassemble les membres de la société afin de sceller symboliquement une union. Il s’agit d’un mariage culturel, il marque une étape déterminante dans la vie et il est obligatoire pour accéder au rang social de « notable », qui joue un rôle important dans le fonctionnement du village ou de la communauté. Le grand mariage est avant tout une question d’honneur : il s’agit d’établir ou de confirmer sa place dans la hiérarchie sociale du village. Le pays est polygame. Un individu peut faire plusieurs grands mariages, s’il en a les moyens, ce qui est rare.

Cette pratique est plus courante dans la Grande Comore et prend des formes un peu différentes suivant les îles mais tient toujours compte d’une multitude de contraintes sociales. Son coût est extrêmement élevé. Les couples doivent économiser pendant des années avant de pouvoir l’organiser et souvent ils s’endettent. Ces dépenses fastueuses, qui atteignent couramment l’équivalent de 30 000 euros, provoquent une injection d’argent appréciable dans l’économie locale dans la mesure où ces fêtes sont largement financées par les Comoriens vivant hors du pays.
Le coût de ce grand mariage est de plus en plus dénoncé par les jeunes, notamment de la diaspora, qui préfèreraient que cette richesse soit investie dans des activités plus productives. Certains villages ont instauré une limitation du coût de ces festivités. Mais cette coutume qui maintient un lien entre ceux qui sont partis et ceux qui sont restés au pays et qui encourage le partage, est toujours actuelle y compris parmi ceux qui la critiquent.

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