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Dossier Introduction

Iran : la fin de l’isolement ?

, par AFPICL-BU HDL

Fin 2005, des révélations font état d’activités nucléaires clandestines menées par l’Iran qui refuse alors de coopérer avec l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), chargée de vérifier l’application du Traité de non prolifération (TNP). Consécutivement, le Conseil de Sécurité de l’ONU, l’Union européenne et les Etats Unis décident d’appliquer des sanctions à l’encontre de ce pays [1]. Plus tard, d’autres sanctions concernant les marchés financiers et les exportations de pétrole sont décidées, en réponse à la politique nucléaire menée par le président iranien Mahmoud Ahmadinejad de 2005 à 2013. Elles n’ont pas véritablement empêché l’Iran de poursuivre le développement de son programme nucléaire, mais dans la durée, elles ont eu un impact sur son économie qui s’est fragilisée ce qui a poussé les dirigeants iraniens à négocier un accord sur le nucléaire.

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Une route en Iran
Photo : Kuster & Wildhaber, 14 juillet 2011

Après 10 ans de crise, le 14 juillet 2015 à Vienne, l’Iran et le groupe E3/UE+3 (Allemagne, Chine, Etats-Unis, France, Royaume Uni, Russie) ont signé un accord complexe sur le programme nucléaire iranien. Le Joint Comprehensive Plan of Action (« JCPOA ») [2], Plan global d’action conjoint, fixe à la fois les limites du programme nucléaire iranien et les modalités de levée progressive des sanctions sur un calendrier qui s’étend jusqu’en 2040 [3]. L’objectif sous-jacent est d’empêcher que l’Iran ne se dote d’un armement nucléaire en limitant strictement ses possibilités d’enrichissement de l’uranium et en bloquant celles de production du plutonium durant au moins dix ans. Il pourra poursuivre son programme nucléaire civil dont les sites seront soumis à de nombreux contrôles. La contrepartie de cette signature est la levée des sanctions dont les plus anciennes datent des années 1980. Six mois après la signature de cet accord, le 16 janvier 2016, l’AIEA a conclu que l’Iran avait respecté toutes ses obligations de départ et que les sanctions économiques et financières multilatérales et nationales liées au programme nucléaire iranien pouvaient être levées.

Dès la signature, le peuple iranien a manifesté dans les rues sa joie et son espoir de retrouver une vie meilleure après des années de restrictions. Pour les dirigeants iraniens cet accord ouvre la possibilité pour le pays de reprendre sa place sur la scène internationale ce que les monarchies sunnites voisines et Israël ne voient pas d’un bon œil. Entreprises et investisseurs étrangers se réjouissent de la perspective d’un marché de plus de 80 millions d’habitants et de la reprise des échanges économiques. Dans le milieu diplomatique, certains espèrent que l’Iran pourra jouer un rôle constructif dans la résolution du conflit syrien.

Un an après la levée des sanctions en janvier 2016, qu’en est-il ? Comment se porte l’économie iranienne ? L’Iran est-il de retour dans le concert international ? Les espérances des uns et des autres sont-elles au rendez-vous ? Le quotidien des Iraniens est-il meilleur ? Ce pays est-il sorti de son isolement politique et économique ?