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Le business caritatif de l’environnement marin

Une implication de plusieurs centaines de millions de US$ des fondations américaines

, par Pêche et Développement , GIRON Yan , LE SANN Alain

Nous sommes surpris et très préoccupés de découvrir parmi les financeurs des ONGE Internationales un nombre restreint de 5 fondations caritatives : the PEW Charitable Trusts, David & Lucile Packard foundation, Gordon & Betty Moore foundation, the Walton Family Foundation, the Oak Foundation.

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Affiche d’International Collective in Support of Fishworkers (ICSF)

Les informations ont été collectées par deux moyens : les bases de données publiques des fondations et les formulaires du fisc américain F990. Des recoupements ont été faits. Pour des raisons de couverture temporelle insuffisante et d’accès aux informations spécifiques européennes, nous pensons que les données sont sous-estimées.

Néanmoins les données déjà récoltés montrent que, depuis 2000, ces fondations ont très fortement soutenu des activités de lobbying pour influer les négociations de la réforme de la Politique Commune des Pêches (PCP). Elles ont investi au moins 75 millions de dollars US (M US $) sur du lobbying direct. Elles ont combiné cet investissement avec des actions qui avaient une portée pour les États-Unis et l’Europe : un soutien à la science (90 M US$) et des actions sur les produits de la mer durable (57 M US$ de 2005 à 2011). Ces actions interagissent entre elles pour renforcer le lobbying direct. Dans le même temps, ces mêmes fondations sont intervenues aux Etats-Unis pour au moins 231 M US$ dans la mise en œuvre de la réforme américaine.

Notre surprise et notre préoccupation viennent du niveau de ces investissements, de leur concentration au niveau de quelques structures, du lien très particulier qui semble se nouer entre les ONGE et leurs principaux bailleurs, mais aussi de leur grande discrétion.

Il nous apparaît que le débat public et la bonne gouvernance doivent se nourrir de positions diverses, mais aussi que l’ensemble des intérêts qui les soutiennent et les promeuvent doivent être parfaitement transparents. C’est à notre sens l’une des conditions importantes pour que les citoyens et le législateur se forgent les connaissances et les convictions à même de leur permettre d’opérer des choix éclairés, proportionnés et pondérés.

Une certaine vision de la pêche...

Ces fondations ont pour la plupart en commun une vision conservationniste extrême fondée sur la vision américaine du « wilderness » (nature vierge). Cette vision leur est propre et nous la respectons en tant qu’approche philosophique de la Nature. Mais nous ne partageons pas leur approche des solutions basées sur la privatisation globale des droits de pêche. Ces fondations considèrent que « la main invisible du marché » est la plus efficace et la moins coûteuse pour permettre de retrouver et de maintenir un état écologique correspondant à leur vision. C’est d’ailleurs dans ce contexte que le nouveau projet de réforme a mis en exergue le projet d’introduction quasi systématique de cette privatisation de la ressource européenne.

ONGE et privatisation de la ressource, (in)dépendance ?

Les ONGE constituent un groupe hétérogène sur cette question. Cependant les fondations caritatives qui les financent ne partagent pas toujours leur point de vue, comme le montrent les objectifs de leurs dons, ou leurs prises de positions publiques ou dans des rapports.

Dans le cas d’OCEAN 2012, coalition qui regroupe plus d’une centaine d’ONGE et très active à Bruxelles, la difficulté tient dans ce que les principales ONGE membres du noyau sont dépendantes de ces mêmes financements extérieurs, notamment ceux des fondations OAK et PEW pour environ 30 millions de dollars américains. OAK Foundation a convoqué d’ailleurs une réunion pour s’assurer que le lobbying sur la privatisation avance dans la bonne direction. Quant à PEW, cette organisation a finance le secrétariat et assure la communication de la coalition.

Fin septembre 2012, une ONGE américaine, Environmental Defense Fund, est venue à Bruxelles appuyer la démarche de certaines ONGE sur la privatisation des droits de pêche. Elle a notamment fait la promotion de ses travaux aux Etats-Unis auprès des Ministres et des Parlementaires européens, en soutenant la mise en place systématique des quotas individuels transférables marchands.

En lisant la presse au quotidien, nous sommes alertés par l’ampleur des articles évoquant une privatisation à grande échelle de la ressource. Ces articles masquent au grand public le terme de « privatisation ». En effet, suivant les auteurs, il faut comprendre que « droits de pêche sécurisés » signifie en fait « droits de pêche privatisés ».

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