Maroc : l’art pour lutter contre les discriminations

Une initiative sur la lutte contre les discriminations

, par Agenda de la Solidarité Internationale

Chaque mois, à travers une thématique, l’agenda de la solidarité internationale propose de revenir sur deux initiatives portées par des associations, citoyen·nes, ONG, etc. pour provoquer le changement. L’objectif est de comprendre les grandes problématiques internationales, montrer le pouvoir des mobilisations et donner des envies d’engagement.
Nous vous offrons donc, tout au long de l’année, des extraits de notre agenda. En juillet, la lumière est mise sur la lutte contre les discriminations.

Théâtre forum au Maroc.
Crédits : Migrations & Développement

Et si on pouvait lutter contre les discriminations de manière dynamique en mobilisant les ressorts culturels et artistiques ? C’est ce qu’a imaginé un groupes de jeunes filles et garçons d’une vingtaine d’années de Tiznit et de Taroudant, au Maroc, appuyé par l’association Dramedia. S’inspirant du théâtre forum, ils et elles s’invitent au sein d’établissements scolaires où sont mises en scène des situations de discriminations de la vie quotidienne afin d’interagir avec les élèves. L’objectif : déconstruire les préjugés de manière active, questionner, faire réagir… «  Lorsqu’on arrive avec une démarche théâtrale, il y a de la curiosité chez les élèves. Ces représentations qui traitent des discriminations tant raciales que sexuelles permettent d’impliquer le plus grand nombre. On peut plus facilement faire passer des émotions et susciter de l’intérêt. C’est pour nous le moyen d’ouvrir le dialogue. », explique Hassan Oumassaoud, animateur pour l’association Migrations & Développement du projet Jeunes des deux rives, soutenu par Solidarité Laïque. A l’issue de la représentation, les jeunes reviennent sur les discriminations abordées et lancent le débat avec les élèves.

Au Maroc, le secteur socio-culturel est peu structuré et les initiatives artistiques dans ce domaine restent rares, particulièrement dans les régions reculées qui subissent de plein fouet les inégalités économiques et sociales. L’accès à la culture est restreint et les programmes scolaires relativement pauvres en la matière. Ce type d’initiatives est l’occasion pour ces jeunes d’explorer de nouvelles manières de s’exprimer, de confronter des points de vue.
 
Une palette d’initiatives a été conçue pour favoriser l’échange entre les jeunes, à partir de disciplines telles que le théâtre, la photographie, l’art urbain ou l’expression corporelle. « Quand on organise des danses avec le groupe, explique Wahiba Ouijji, animatrice du projet, on finit par ne former qu’un corps avec des jeunes d’origines diverses. Cela favorise la cohésion et nourrit la tolérance et l’ouverture à l’autre ».