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Burundi : conflits ethniques et violations des droits humains

Introduction

, par Forum Réfugiés-Cosi

Affrontements au Burundi. Globovisión, le 13 mai 2015

Depuis son indépendance en 1963, le Burundi a connu de nombreux coups d’État et de nombreux épisodes de violences et de guerre civile, notamment entre 1993 et le début des années 2000. Alimentés par les tensions ethniques entre Hutus et Tutsis à l’image du Rwanda voisin, ces épisodes de violences ont profondément marqué la société burundaise. Les Accords de paix d’Arusha, signés en 2000, ont permis d’amorcer une réconciliation et d’entamer une période de relative stabilité en prévoyant notamment une alternance et un partage du pouvoir entre les principales formations politiques et ethniques du pays (Hutus, Tutsis et Twa). En 2005, une nouvelle Constitution est adoptée par référendum et vient compléter ces accords, tandis que la même année, Pierre Nkurunziza, un ancien chef rebelle et leader du CNDD-FDD (Conseil national pour la défense de la démocratie – Forces de défense de la démocratie), un ancien groupe rebelle, est élu par les parlementaires à la présidence, puis réélu en 2010 au suffrage universel.

En 2015, l’opposition et une large partie de la société civile appellent le président Nkurunziza à renoncer à un troisième mandat. Mais ses partisans ont continué de soutenir sa légitimité à se présenter pour ce scrutin. Le point d’achoppement entre soutiens et opposants provient de la Constitution et de son article 96 : « Le président de la République est élu au suffrage universel direct pour un mandat de 5 ans renouvelable une fois ». Pour les opposants au président, celui-ci est arrivé au terme de deux mandats et doit donc se retirer. Pour ses partisans, le premier mandat ayant été permis grâce à un scrutin réservé aux parlementaires et non à la suite d’un suffrage universel direct comme prévu par la Constitution, il « ne compte pas ». Le 25 avril 2015, le CNDD-FDD réuni en Congrès a ainsi maintenu sa position et confirmé que Pierre Nkurunziza serait leur candidat pour les élections présidentielles prévues le 26 juin. Cette décision a provoqué d’importantes manifestations, ainsi qu’une tentative de coup d’État le 13 mai. Malgré cela, le parti au pouvoir est resté campé sur ses positions : le 21 juillet 2015, sans réel adversaire suite au boycott de l’élection par les principaux partis d’opposition, Pierre Nkurunziza était réélu à la présidence.

Depuis cette élection contestée, le Burundi traverse une grave crise politique. Des manifestations ont été violemment réprimées par les forces nationales. De graves violations des droits de l’homme ont été signalées et qualifiées de « crimes contre l’humanité » par l’ONU [1].
Après le référendum du 17 mai 2018 sur une révision de la Constitution lui permettant de rester en poste jusqu’en 2034, Pierre Nkurunziza a annoncé le 7 juin 2018, contre toute attente, qu’il ne serait pas candidat à sa propre succession en 2020. Certains observateurs, commentateurs et journalistes voient néanmoins dans la nouvelle Constitution, promulguée le même jour, un risque de retour à une monarchie.

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