Simplicité volontaire

« La simplicité volontaire est un courant social qui regroupe des gens ayant choisi de simplifier leur existence afin de privilégier une plus grande qualité de vie. Ces choix s’appuient sur des motivations forts diverses, en réponse à des problèmes comme l’endettement, le stress et la course folle, la surconsommation, la crise écologique, l’isolement et le manque de solidarité sociale. Au niveau social, il s’agit d’un courant de pensée qui prône des actions concrètes pour une société viable fondée sur la justice sociale, des communautés solidaires et un nécessaire respect de la nature. Au niveau personnel, cela consiste à trouver un équilibre dans sa vie de façon à réduire le fouillis matériel et non matériel qui encombre les individus et qui les distrait de leurs aspirations fondamentales » [1].

Définition développée

Le site Wikipédia précise : « la simplicité volontaire (ou sobriété heureuse) est un mode de vie consistant à réduire volontairement sa consommation par la maîtrise des besoins. On parle aussi parfois de frugalité. L’objectif est de mener une vie davantage centrée sur des valeurs "essentielles" ». Elle serait donc « une des composantes de la décroissance [même si elle] se situe avant tout dans le cadre de l’initiative individuelle et non des mesures collectives prises par la puissance publique [2] et viserait ainsi à « alléger sa vie de tout ce qui l’encombre et privilégier l’Être plutôt que l’Avoir [3]
Précisons toutefois que simplicité volontaire et sobriété heureuse ne riment pas avec la résignation au moins disant et sur tous les plans que la propagande autour de « la crise » (financière) tente d’imposer, notamment par voie de presse. En cela, elle ne s’agit pas d’un plaidoyer sur les vertus de la pauvreté ou du sacrifice, mais plutôt de faire le constat que le consumérisme s’inscrit dans la satisfaction des désirs au-delà des besoins, sans pour autant apporter le bonheur, au contraire puisqu’il mène davantage à des formes d’aliénation.
Dés lors, tout comme la « sobriété heureuse », la simplicité volontaire participe de la réflexion sur le bien vivre ; et face au constat de la convergence des crises, elle accompagne les idées de prospérité sans croissance chère à Tim Jackson et d’adieu à la croissance, développée par Jean Gadrey.

Exemples

Parmi les personnages qui incarnent, par leurs modes de vie, ce que peut recouvrir l’attitude de simplicité volontaire, on pourrait citer Henry David Thoreau (et son ouvrage « Walden ou la vie dans le bois » datant de 1854), ou le mahatma Gandhi.

Historique de la définition et de sa diffusion

Selon Wikipédia « (…) on peut trouver l’origine de la simplicité volontaire chez les différentes formes d’ascétisme grecques et orientales, […] plutôt chez les stoïciens, les cyniques, et surtout chez Épicure [(…) qui] procède à une critique approfondie des besoins, [laquelle] ressemble fort à celle proposée par la simplicité volontaire. Sa pensée, ainsi que celle des cyniques, nous invite à discerner le nécessaire du superflu, le naturel de l’artificiel, et à un retour vers la simplicité.
En Occident, les communautés monastiques furent les premières organisations de vie à choisir volontairement la frugalité et à pratiquer l’autosuffisance et même avant la secte des esséniens (adepte de l’alimentation crue). Saint François d’Assise, « l’unique parfait chrétien depuis Jésus » selon Ernest Renan, est aussi considéré comme un modèle de simplicité volontaire.
En Orient, on trouve également de nombreux modes de vie (hindouisme, bouddhisme) prônant la simplicité volontaire [4] ».
Léon Tolstoï, Henry David Thoreau, mais également Ivan Illich et Jacques Ellul sont considérés comme des inspirateurs de l’idée de simplicité volontaire, voire pour les deux derniers, du mouvement de la décroissance. Mais c’est dans un article d’un adepte de Gandhi, Richard B. Gregg, datant de 1936, que l’on trouve pour la première fois la notion de “voluntary simplicity” ou simplicité volontaire. [5], même si « Cet article passa inaperçu lors de sa première parution et n’eut d’impact que lors de sa réédition en 1974 [6] ».
Helen et Scott Nearing reviennent sur cette idée du “how to live simply” [comment vivre simplement] dans leur ouvrage de 1954 [7], et Duane Elgin en fait le titre de son ouvrage en 1973 [8].
Parmi nos contemporains, promoteurs de cette notion ou de celle de sobriété heureuse, on peut citer Pierre Rabhi (philosophe, écrivain et militant de l’agroécologie), André Gorz (philosophe et journaliste) « qui prône l’autolimitation des besoins et des consommations [9], ou encore Serge Mongeau [10] au Québec.

Utilisations et citations

« Il s’agissait du souci de confort et de luxe qui semble être devenu la préoccupation principale de l’humanité. A voir comment il a développé l’esprit d’invention, comment beaucoup d’inventions sont des applications de notre science, comment la science est destinée à s’accroître sans fin, on serait tenté de croire qu’il y aura progrès indéfini dans la même direction. Jamais, en effet, les satisfactions que des inventions nouvelles apportent à d’anciens besoins ne déterminent l’humanité à en rester là ; des besoins nouveaux surgissent, aussi impérieux, de plus en plus nombreux. On a vu la course au bien-être aller en s’accélérant, sur une piste où des foules de plus en plus compactes se précipitaient. Aujourd’hui, c’est une ruée. Mais cette frénésie même ne devrait-elle pas nous ouvrir les yeux ? [11] ».

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