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Dossier Comores : des migrants au service de leur pays

La contribution de la diaspora à la vie économique et sociale du pays est importante

, par CDTM 34

Entre 150 et 300 000 Comoriens résident en France, dont 50 à 100 000 à Mayotte. Marseille est considérée comme la deuxième capitale des Comores. A cause du passé colonial du pays, certains possèdent la double nationalité comorienne et française. En effet, au moment de l’indépendance, les Comoriens ont eu la possibilité de garder la nationalité française. Ceux qui n’en n’ont pas voulu n’ont pas pu l’obtenir par la suite.

Cependant, beaucoup de ces Comoriens gardent un lien fort avec leur pays d’origine.
Les transferts de fonds de la diaspora comorienne, résidant majoritairement en France, représentent plus de 30 % du PIB du pays. Cette aide sert d’abord à la survie des familles ; en effet, dans un pays où l’accès aux soins est un problème et où il n’y a pas de système de protection sociale, la solidarité familiale et sociale dans ce domaine joue un rôle actif.

Nombreux sont aussi les Comoriens de l’étranger qui envoient de l’argent pour soutenir des projets villageois ou d’associations qui se sont multipliés ces dernières années. Ces projets ont pour objectif d’améliorer les conditions de vie locale dans des domaines variés : création de petites entreprises, développement agricole, alphabétisation, formation professionnelle…

Le grand mariage : un partage

Le grand mariage occupe une place centrale dans les pratiques coutumières qui rythment la vie sociale comorienne et contribuent à préserver la cohésion sociale, véhiculant une certaine philosophie de la vie et encourageant la redistribution des richesses.
Il marque une étape déterminante dans la vie et il est obligatoire pour accéder au rang social de « notable », qui joue un rôle important dans le fonctionnement du village ou de la communauté. Le pays est polygame. Un individu peut faire plusieurs grands mariages, s’il en a les moyens, ce qui est rare.

Cette pratique est plus courante dans la Grande Comore et prend des formes un peu différentes suivant les îles mais tient toujours compte d’une multitude de contraintes sociales. Son coût est extrêmement élevé. Les couples doivent économiser pendant des années avant de pouvoir l’organiser et souvent ils s’endettent. Ces dépenses fastueuses, qui atteignent couramment l’équivalent de 30 000 euros, provoquent une injection d’argent appréciable dans l’économie locale dans la mesure où ces fêtes sont largement financées par les Comoriens vivant hors du pays.
Le coût de ce grand mariage est de plus en plus dénoncé par les jeunes, notamment de la diaspora, qui préfèreraient que cette richesse soit investie dans des activités plus productives. Certains villages ont instauré une limitation du coût de ces festivités. Mais cette coutume qui maintient un lien entre ceux qui sont partis et ceux qui sont restés au pays et qui encourage le partage, est toujours actuelle y compris parmi ceux qui la critiquent.

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