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Dossier Comores : des migrants au service de leur pays

Développer l’économie : un enjeu majeur

, par CDTM 34

L’Union des Comores fait partie de la catégorie des pays les moins avancés (PMA), 45% de la population vit en dessous du seuil de pauvreté.
Le pays n’est pas autosuffisant au plan alimentaire. Une large part des produits consommés est importée et notamment 95 % du riz qui constitue la denrée de base de l’alimentation. La plupart des biens de consommation sont importés.

Assurer la sécurité alimentaire

L’origine volcanique des sols et le climat tropical humide rendent la terre généreuse mais elle est rare et fragile à cause du relief. La densité de population est telle que les nombreuses exploitations familiales sont de petite taille et l’accès à la terre est un enjeu crucial pour bien des familles.
Les cultures vivrières, avec la pêche artisanale et le petit élevage, représentent 80 % de la production agricole (banane, manioc, taro, pommes de terre…).
Les agriculteurs sont souvent freinés dans leur activité par le manque de semences et d’outils agricoles, les mauvaises installations de stockage, la déficience des infrastructures hydrauliques et le manque d’accès au crédit.
Des programmes sont développés pour lutter contre l’érosion des sols par surexploitation et moderniser l’agriculture, prenant en compte les savoirs paysans.

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Marché volo-volo à Moroni
Photo : Zainab Ali

Les cultures d’exportation : vanille, girofle et ylang-ylang, un arbre dont la fleur est très recherchée par les industriels du parfum (premier producteur mondial), associées aux cultures vivrières autour des maisons et dans les plantations, sont une source de revenu familial appréciable.
Des projets d’appui à ces activités agricoles se mettent en place pour qu’elles puissent assurer la sécurité alimentaire du pays, tout en préservant l’environnement très fragile. Ils sont souvent soutenus par les Comoriens de l’étranger.

La pêche : un enjeu considérable

La pêche est la seconde activité traditionnelle des Comores. Uniquement artisanale, et destinée à la consommation intérieure, elle fait travailler 6% de la population active.
Ce secteur présente de réelles potentialités de développement. Des accords de pêche ont été passés avec le Japon et l’Union européenne pour améliorer le fonctionnement de ce secteur, mais ces accords sont l’objet de contestations. En effet, ils sont dénoncés par des Comoriens et par les associations de préservation des ressources naturelles car ils encouragent une surexploitation des mers par les industriels de la pêche et constituent une menace pour la biodiversité et pour l’environnement.
Ce secteur a besoin d’investissements pour la construction de bateaux de pêche, pour l’organisation de leur entretien, et la construction d’infrastructures pour la conservation et la commercialisation des produits de la mer.

Améliorer la fourniture en énergie

Le pays est dépendant de ses importations en hydrocarbures pour la fourniture en électricité. A cause, notamment, de l’irrégularité de l’approvisionnement en pétrole, les pannes d’électricité sont fréquentes entraînant de graves conséquences sur le stockage par le froid des poissons, et des denrées périssables. Environ 40 % des Comoriens, notamment en zone rurale, n’ont pas accès à l’électricité et tous sont soumis à des délestages intempestifs. Les habitants de la Grande Comore n’ont droit qu’à 2 ou 3 heures d’électricité par jour. Un grand projet est en cours pour augmenter la capacité de production du pays dans ce secteur, en faire bénéficier l’ensemble des populations de l’Union, améliorer la qualité de vie et augmenter les activités socio-économiques des populations. L’accent est mis sur le développement des énergies renouvelables : la réhabilitation de centrales hydrauliques, l’énergie solaire, l’éolien, la géothermie.

L’émergence de nouveaux secteurs d’activité

L’économie du pays reste dominée par le secteur agricole. Cependant, de nouvelles activités se développent vers de nouveaux secteurs.
Le tourisme a de grandes potentialités : le patrimoine naturel et culturel des Comores est exceptionnel mais de nombreuses contraintes entravent le développement de cette activité : capacité hôtelière insuffisante, manque de routes et d’aéroports, absence de ligne aérienne directe entre les Comores et l’Europe (il faut passer par la Réunion ou Madagascar) … Récemment, des projets d’écotourisme, proches des populations et respectueux de l’environnement, se sont mis en place, soutenus financièrement par des Comoriens de France.
Depuis 10 ans, le secteur des télécommunications, s’est considérablement développé, avec la mise en place d’un réseau de téléphone fixe et mobile, exceptionnel en Afrique.
En l’absence de prise en charge par l’Etat de la formation professionnelle, des initiatives dans ce domaine commencent à voir le jour, car les besoins sont immenses.

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