Accueil > S’informer > Dossiers > Burkina Faso : Un souffle pour la démocratie > Stratégies de coopération et politique de

Dossier Burkina Faso : Un souffle pour la démocratie

Stratégies de coopération et politique de décentralisation

, par MDH

Depuis le début des années 2000, une politique de décentralisation s’est mise en place avec la création de communes incluant chacune de nombreux villages et 13 régions. Cette décentralisation s’est faite avec peu de moyens et les collectivités locales nouvellement créées ont été clairement invitées à trouver des financements à l’extérieur du pays en cherchant des partenariats de coopération avec des collectivités étrangères ayant les moyens de financer des projets.

L’aide extérieure a atteint presque 10% du PIB au cours des dernières années et représente un appui non négligeable à l’économie du pays et à l’amélioration d’un certain nombre de services de base pour la population.

L’implication des ONG étrangères, depuis les trente dernières années, s’est beaucoup accrue. Le Burkina Faso est le pays d’Afrique qui voit le plus grand nombre d’intervenants extérieurs si on le rapporte à la population, Les collectivités territoriales de divers pays sont également nombreuses à intervenir au Burkina Faso. La France, par exemple, indique sur le site du ministère des Affaires étrangères que près de 200 collectivités se sont engagées dans un partenariat au cours des 20 dernières années.

Parmi les points de vigilance, on peut signaler que la corruption demeure une pratique préoccupante : d’après le rapport 2013 du REN-LAC, publié en juin 2014, elle se serait considérablement développée en même temps que la décentralisation. Les députés et les élus locaux figurent au premier rang des acteurs publics perçus comme susceptibles de recevoir des pots de vin.

Cette aide extérieure produit aussi des effets pervers sur l’organisation sociale du pays et le déplacement des centres de décisions. De nouvelles organisations sont apparues pour capter ou accompagner les structures qui cherchent des financements auprès des bailleurs du Nord, ayant pour conséquence une accélération de la privatisation des services publics. Dans certains cas de figure, on peut arriver à une situation où les bailleurs du Nord induisent des stratégies de développement en lieu et place des populations et des élus locaux à travers des modalités qui sont déterminées dans les appels à projets.

La crise économique qui se développe dans les pays du Nord fait craindre une accentuation de la baisse de l’aide extérieure pour le Burkina Faso, au cours des prochaines années. Sur le plan des relations internationales, il y a un enjeu majeur à relever pour les acteurs de la société civile : celui d’arriver à se faire entendre dans les lieux de décision au plan international pour alerter sur les conséquences du réchauffement climatique, du pillage des ressources et sur la nécessité de trouver des moyens pour lutter contre la pauvreté. Il leur faut aussi mettre en avant les solutions qu’ils sont capables de porter par eux-mêmes pour résoudre leurs propres difficultés.
Même si, sur le plan politique, rien ne semble encore joué, le changement que le peuple burkinabé a su impulser constitue comme un souffle pour la démocratie au sein du continent africain et pour des pays où les chefs d’Etat entendaient se maintenir au pouvoir jusqu’à la fin de leur vie.

Agenda Tous les événements

Sur nos sites Tous les sites

S'abonner aux lettres Les dernières lettres

Suivez-nous