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Dossier Burkina Faso : Un souffle pour la démocratie

Une société civile en capacité d’agir sur le pouvoir politique

, par MDH

Face à un système politique bloqué, la société civile du Burkina Faso a montré qu’elle peut influer sur la vie politique du pays et obtenir parfois des inflexions significatives du pouvoir sur le plan juridique ou en matière de liberté d’expression, plus que dans les pays limitrophes. Cette faculté repose autant sur la diversité de ses acteurs que dans sa capacité à déclencher et organiser périodiquement des mobilisations de masse malgré les risques de répression.

La présidence de Blaise Compaoré est ainsi marquée par de nombreuses et importantes insurrections d’une ampleur telle qu’il se sent menacé dans son pouvoir à plusieurs reprises.
En décembre 1998, l’assassinat du journaliste Norbert Zongo et de plusieurs de ses accompagnateurs est le point de départ de mobilisations importantes pour dénoncer les dérives autoritaires du pouvoir de Blaise Compaoré. Durant cette période, des avancées sont obtenues en matière de liberté démocratique et la constitution est modifiée, faisant passer le nombre de mandats présidentiels de 2 fois 7 ans à 2 fois 5 ans. Cependant ces mesures ne signifient pas la fin des violations des droits humains, des exécutions extra-judiciaires ou de la corruption. L’assassinat du jeune lycéen Justin Zongo, dans un commissariat de Koudougou en février 2011, déclenche de nouvelles révoltes. De nombreux jeunes et acteurs sociaux manifestent dans les rues pour dénoncer les abus de pouvoir, l’impunité, la corruption et la vie chère. Des soldats finissent à leur tour par descendre dans la rue pour commettre des exactions avant d’être mis au pas par l’armée. Les incidents trouvent à l’époque un épilogue avec le changement de gouvernement accompagné de quelques mesures pour la réduction du prix des denrées de première nécessité. C’est l’un des ultimes avertissements lancés par la société civile à Blaise Compaoré et, en quelque sorte, l’une des dernières étapes avant sa chute.

Durant ces trois dernières décennies, la mobilisation des jeunes et des femmes est restée constante dans la dénonciation des dérives du système Compaoré et contre la vie chère. En 1998, comme en 2011, ils sont les premiers à descendre dans la rue pour demander « vérité et justice ». La grande marche des femmes contre la modification de la Constitution [1] en octobre 2014, suivie de celle des jeunes, est d’ailleurs déterminante dans la chute de Blaise Compaoré et de ses dignitaires. Parmi les composantes des mouvements sociaux, on relève en particulier la Coalition contre la vie chère (CCVC) dans laquelle se retrouve des organisations de jeunesse (Organisation démocratique de la jeunesse et union générale des étudiants burkinabè) et de femmes (association KEBAYINA des femmes du Burkina).
On y trouve également un grand nombre de syndicats, le Mouvement burkinabé des droits de l’homme et des peuples (MBDHP) ainsi que le Réseau national anti-corruption (REN-LAC).

Par ailleurs, le mouvement nommé « Le balai citoyen », initié en juin 2013 par les chanteurs Smockey et Sams K Le Jah et reprenant le modèle du mouvement sénégalais "Y’en à marre", a contribué à renforcer l’ampleur des mobilisations au cours de ces derniers mois, en s’appuyant notamment sur les réseaux sociaux.

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