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Dossier Un monde qui s’emmure...

De nombreux murs-frontières déjà trop connus

, par Monde Solidaire La Flèche

La barrière Mexique – États-Unis

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Mur de Tijuana
Art on the Tijuana Wall, Jonathan McIntosh, 21 septembre 2009

Elle s’étend sur environ 1200 km et a pour but de freiner l’arrivée des clandestins venus d’Amérique centrale. Plus de 3 milliards de dollars ont déjà été dépensés depuis 1994 pour sécuriser ce mur et pourtant des milliers de cadavres ont été retrouvés dans les déserts de l’Arizona et du Texas. Chaque année plus de 700000 Mexicains tenteraient leur chance et, malgré les techniques sophistiquées de repérage, près de la moitié des candidats parviendrait à passer.

Le mur Inde-Bangladesh

Dès 1993, l’Inde a entamé la construction d’un mur de 3200 km la séparant du Bangladesh voisin pour empêcher l’entrée des migrants. Ce mur-barrière, censé protéger, est une véritable source de violences. Toute le région frontalière a vu son économie anéantie, les villages enclavés sont privés d’accès à l’eau, à l’électricité, aux soins et à l’éducation, et la police indienne des frontières (Border Security Force) fait régner la terreur sur ceux qui essaient de le franchir.

Le mur Birmanie-Inde

Construit sur 1600 km, il est érigé contre le trafic de drogue et contre le trafic de drogue et contre le terrorisme. Totalement ubuesque dans son tracé, il multiplie les enclaves indiennes en territoire birman et vice-versa.

Le mur Israël-Territoires occupés

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Mur en Palestine
Wall in Palestine, TheApartheidWall-Qalqilya, 20 mars 2010

C’est un mur particulièrement emblématique qu’Israël a construit à partir de 2002 pour séparer l’état hébreu des territoires palestiniens, afin de prévenir les intrusions de terroristes. Il s’étend sur 723 km, empiète sur le territoire de la Cisjordanie, englobe les colonies israéliennes et les principaux puits de la région. Il restreint la liberté de mouvement des Palestiniens, désorganise les liens familiaux et sociaux, perturbe la vie économique des Territoires occupés...
Le mur a été déclaré illégal par la Cour internationale de justice en 2004.

La forteresse de Ceuta-Melilla

Construite entre 1998 et 2001, en pleine période d’euphorie post-chute du mur de Berlin, elle vise à « mettre un terme aux assauts des migrants africains » [1] face aux 2 enclaves espagnoles en terre marocaine. Les triples grilles hérissées de barbelés semblent ne plus suffire à arrêter les migrants puisque des travaux de renforcement ont commencé en 2014 : une nouvelle barrière de 3 à 5 m de hauteur et équipée de lames tranchantes viendra renforcer le dispositif...
Toujours plus !!!

Le mur des sables au Sahara occidental

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Mur des sables
Western Sahara, Muro desde el aire, 18 juin 2005

Erigé à partir de 1980, ce mur de plus de 2500 km construit par l’armée marocaine pour geler les opérations militaires sahraouies, sépare les zones de contrôle du Maroc et du Polisario, coupant le territoire du Sahara occidental en deux. Ce mur coûte pour son entretien entre deux et quatre millions de $ par jour.

Le mur Algérie-Maroc

En 1994, après l’attentat terroriste commis à Marrakech qui avait impliqué trois jeunes Algériens, Rabat impose un visa aux voyageurs algériens. Vexé, Alger répond en fermant sa frontière terrestre. C’est ainsi que s’érige la frontière fermée la plus longue du monde : un no man’s land de 1600 kilomètres qui sépare Algérie et Maroc.
Vingt ans après ce verrouillage de la frontière terrestre, les États algérien et marocain ont décidé d’ériger un mur construit par le Maroc. L’Algérie, de son côté, creuse des tranchées. Motifs invoqués à Rabat et Alger : la lutte contre les réseaux de contrebande et le terrorisme dans le Sahel. Les premiers barbelés ont été posés il y a près de deux mois, le mur s’étendra jusque dans le Sud du territoire sahraoui. De part et d’autre, on n’est guère étonné que la situation politique ait empiré au fil des années, mais on espère secrètement un sursaut de fraternité. « C’est la colonisation qui a créé les frontières, mais en fait nous sommes tous frères » [2].

Les barrières dans l’espace européen

Des barrières anti-migrants sont en cours de réalisation ou ont déjà été finalisées entre la Grèce et la Turquie et entre la Bulgarie et la Turquie. De 12,5 km pour le premier et de 33 km pour le second, ils apparaissent bien dérisoires face à des migrants fuyant des pays en guerre !

Ces murs, à l’exemple de beaucoup d’autres, apparaissent comme de fausses bonnes solutions. Ils obligent les migrants à utiliser des voies plus longues et plus dangereuses, comme les voies maritimes telles que la mer Noire ou la Méditerranée qui est actuellement la barrière la plus infranchissable et la plus meurtrière.
Selon une vaste enquête intitulée « The Migrants files », depuis l’an 2000, 23258 migrants sont morts ou ont disparu. Près de 6500 se sont noyés au large de Lampedusa, plus de 2200 au large des Îles Canaries et plus de 1500 dans le détroit de Gibraltar.

L’année 2014 est d’ores et déjà la plus meurtrière : 3 419 morts noyés, un triste record pour Méditerranée. Et encore les statistiques oublient-elles les barques et chalutiers qui ont chaviré loin des regards. Comble de cynisme, ces chiffres n’apparaissent pas dans les statistiques de Frontex qui ne s’intéresse qu’aux réfugiés interceptés : « le travail de Frontex, c’est la lutte contre l’immigration illégale, pas le sauvetage en mer, et ces gens-là sont morts, ce ne sont plus des migrants ! » [3].

Notes

[1Hebdomadaire marocain « TelQuel », 12/05/2014

[2Djamila Ould Khettab, publié le 19 septembre 2014 dans Algérie-Focus (extraits), Alger

[3Jean-Marc Manach, « Ces gens-là sont morts, ce ne sont plus des migrants », Le Monde diplomatique, 31/03/2014

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