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Dossier Un monde qui s’emmure...

Et les frontières deviennent un marché prospère...

, par Monde Solidaire La Flèche

Une économie des murs est née, véritable manne pour certains. Selon Élisabeth Vallet [1], le marché du frontalier militaire représente en 2011 près de 17 milliards de dollars dans le monde. Il faut y ajouter le coût de la construction des murs (les 12,5 km de murs entre la Grèce et la Turquie ont coûté 3 millions d’euros !) et celui de leur entretien (6,5 milliards de dollars pour la barrière États-Unis - Mexique depuis 2000).

Des sommes colossales qui pourraient servir aux politiques d’intégration...et pourtant de nouveaux murs sont en construction ou vont bientôt naître : mur Arabie saoudite / Irak, Ukraine / Russie, Malaisie / Thaïlande, Pakistan / Afghanistan, Irak / Syrie... La liste est longue.

Pourtant, d’autres solutions existent

  • Mettre fin aux causes, qu’elles soient économiques ou sociales
  • Réduire les disparités entre le Nord et le Sud
  • Soutenir les économies des pays du Sud pour que leurs populations puissent avoir les moyens et l’envie de demeurer dans leur propres pays
  • Considérer les migrations comme inhérentes à l’humanité et imaginer une gestion multilatérale des flux qui facilite la mobilité, envisagée comme bien public mondial à accompagner et à défendre comme facteur du développement humain
  • Enfin et surtout respecter l’article 13 de la Déclaration universelle des droits de l’homme de 1948 : « Toute personne a le droit de circuler librement et de choisir sa résidence à l’intérieur d’un État. Toute personne a le droit de quitter tout pays, y compris le sien, et de revenir dans son pays ».

Les fermetures, les interdictions, les barrières, rien de tout cela n’empêche les flux migratoires. La circulation des migrants est toujours aussi intense ; les obstacles toujours plus nombreux forcent les migrants à emprunter des routes toujours plus longues, toujours plus complexes et toujours plus dangereuses, donnant toujours plus de pouvoir aux trafiquants pour augmenter le prix de la sécurité. Si les murs semblent, à court terme, proposer une solution, à long terme, ils deviennent un problème et la prolifération de ces murs dressés sur nos frontières est un triste reflet de ceux qui s’érigent dans nos têtes.

Notes

[1Professeure associée au département de géographie et directrice scientifique de la Chaire-Raoul-Dandurand, université du Québec à Montréal (UQAM). Elle dirige l’antenne québécoise du programme de recherches « Borders in Globalization » de l’Université de Victoria au Canada. Interview dans le Courrier international, 06/11/2014

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