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Dossier Pérou : justice et développement pour tous ?

Commissions de la vérité et de la réconciliation

, par CDTM 34

Les « Commissions de la vérité et de la réconciliation (CVR) » sont des organismes d’enquêtes mis en place après des périodes de guerre civile, de dictature ou de répression pour contribuer à la réconciliation nationale. Elles sont devenues, dans de nombreux pays (Afrique du Sud, Rwanda, Timor, Pérou, Chili, Colombie…) où ont été commises de graves atteintes aux Droits de l’homme, des outils indispensables pour mettre à jour des réalités ignorées, pour dépasser le passé et construire un avenir démocratique.

Concrètement, les membres de ces Commissions, qui sont en général des personnalités issues de la société civile, non-juristes, enquêtent, écoutent les victimes et les auteurs des exactions, proposent des politiques de réparation des dommages et établissent les responsabilités juridiques et politiques qui en découlent. Ce processus peut durer de nombreuses années.

La Commission Vérité et Réconciliation au Pérou

Au Pérou, la CVR a été mise en place en juin 2001, sous le gouvernement de transition de Valentin Paniagua et confirmée dans ses fonctions par Alexandro Toledo deux mois plus tard. Composée de douze personnalités, juristes, sociologues, théologien. de nationalité péruvienne elle a été secondée par plus de 500 personnes qui ont participé au travail de la commission à des degrés divers.
Elle n’avait aucune compétence judiciaire.

Des équipes d’enquêteurs, parlant le quechua, ont recueilli plus de 16000 témoignages auprès des populations concernées par le conflit. Celles ci ne se sont pas confiées facilement, et il a été difficile de les convaincre de l’importance de leur témoignage.

La CVR du Pérou est la seule, en Amérique latine, à avoir organisé des audiences publiques permettant ainsi aux victimes de sortir de l’anonymat et de l’indifférence et d’être reconnues comme des citoyens.

Le financement de cette commission a été assuré par l’Etat péruvien (52,9%) et la communauté internationale (47,04%).

Le très volumineux rapport final que la Commission a remis publiquement au pays présente, outre des milliers d’enquêtes et témoignages, une analyse des facteurs à l’origine des violences et des conséquences de ces violations des droits humains sur la société péruvienne.

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