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Dossier Introduction

Colombie, un peuple pris en otage

, par CDATM

En Colombie, des violations graves des droits humains perdurent. Depuis un demi-siècle, au cours des campagnes électorales présidentielles, y compris en 2010, cette question n’a jamais eu la priorité qu’elle méritait.

Les victimes qui se chiffrent, depuis 1970, par millions pour les personnes déplacées et par plusieurs centaines de milliers pour les tués et disparus, sont essentiellement des civils pris en otage par l’ensemble des forces armées, forces publiques (police et armée) et forces illégales (paramilitaires et guérillas).

La permanence des violences dans la société colombienne s’explique par son histoire. Après la guerre civile, à la fin des années 1950, les deux partis représentant l’oligarchie économique, se sont partagés le pouvoir politique. Les mouvements populaires de revendication ou de contestation, même non-violents, ont été réprimés. L’exclusion de l’opposition politique a entraîné un durcissement de la confrontation entre pouvoir et opposition. Simultanément, il y a eu création de groupes de guérillas représentant l’insurrection et le développement des milices paramilitaires contre-insurrectionnelles alliées au pouvoir.

Les violences ne sont pas uniquement de la responsabilité de la guérilla et son affrontement avec les forces publiques. Elles sont aussi la conséquence de la politique économique des gouvernements. La police et l’armée avec l’appui des paramilitaires sont mises au service de grandes entreprises pour l’exploitation des ressources naturelles, sans tenir compte des droits légitimes des communautés paysannes ou indigènes, amérindiennes ou afro-colombiennes.

De plus, toute personne qui ne collabore pas avec les forces publiques peut être soupçonnée de complicité avec la guérilla et poursuivie. Les victimes sont des membres d’associations qui militent pour la paix et le respect des droits humains, des journalistes, des leaders de formations politiques attachées à une justice sociale et des syndicalistes. On ne compte plus, parmi eux, ceux qui ont été assassinés ou qui sont disparus.

La plupart des auteurs de violation des droits humains échappent à la justice du fait de l’insuffisance de ses moyens. Des affaires sont classées sans jugement à la suite des pressions subies par des personnes, avocats, procureurs, juges et témoins, impliquées dans les enquêtes. Cela peut aller jusqu’à des menaces de mort ou parfois à des exécutions.

Au cours des deux mandats présidentiels d’Alvaro Uribe, la répression s’est accentuée avec un développement de la police et de l’armée grâce à une aide importante des Etats-Unis. Les deux faits marquants sont un affaiblissement des guérillas et une démobilisation très partielle des groupes de paramilitaires accompagnée d’une consolidation de leur présence dans les milieux politiques et économiques.

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