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Dossier La Souveraineté technologique

Du hardware libre aux technologies réappropriées

, par ELLEFLANE

Le concept de hardware est assez nouveau, très large, en perpétuelle rénovation et radicalement différent de celui du logiciel. Il existe une large controverse sur ce qu’il est et sur ce qu’il n’est pas, et en l’absence d’une définition approuvée par tous, chacun l’interprète à sa façon. Par exemple, pour moi, le hardware va du composant électronique, du condensateur, du transistor, du led, du circuit intégré, d’un artefact jusqu’au vélo-charrue, de la description d’un processus industriel jusqu’à la fabrication d’une brique réfractaire, un ordinateur, une imprimante 3D, un mécanisme pour l’épuration de l’eau écrit en code source ouvert, un processus de recyclage de plastique, la création d’une fraiseuse CNC, une méthode d’analyse de terres contaminées grâce à des capteurs ou le code d’un microcontrôleur.

Mais si nous adoptons une vision plus arrêtée, nous pouvons dire que l’histoire du hardware libre est parallèle à celle de l’informatique. En 1970, le Homebrew Computer Club s’est avéré être un hybride composé par le mouvement radical étudiant, par des entrepreneurs du domaine informatique de la communauté de Berkeley et par des amateurs de l’électronique. Il est ironique de voir comment bon nombre de ces garages regorgeant autrefois de créativité sont aujourd’hui des musées, comme le Bill Hewlett et Dave Packard, qui ont géré le premier dispositif HP.

Dans les années 90, de la même manière que les programmes de logiciels pouvaient être interchangeables, les FPGA (field-programmable gate array ou « circuits prédiffusés programmables » en français) permettaient également l’échange électronique de conceptions libres. L’Open Design Circuits, lancée par Reinoud Lamberts, est la première communauté web à avoir créé un hardware libre dans l’esprit des logiciels libres. Et même s’il n’existaite aucun logiciel libre adéquat pour la conception électronique, ce portail a impliqué de nombreuses personnes qui ont posé les bases d’une communauté plus large.

En 2002, le « Challenge to Silicon Valley », lancée par Kofi Annan, a introduit plusieurs projets de développement de hardware en mettant en avant la nécessité de développer des technologies adaptées aux différentes réalités socioculturelles et économiques. Cette ligne de développement des technologies s’est également associée à la lutte mondiale contre la brèche numérique à travers les initiatives de ICT4Development. Celles-ci ont été en général le résultat de partenariats entre l’académie et les organisations du secteur tertiaire pour implanter des technologies adaptées aux besoins des pays définis de manière erronée comme « en développement ».

Toutefois, aujourd’hui encore, le panorama de la production de hardware est essentiellement marqué par les limites imposées par les brevets industriels et la propriété industrielle. Ces limites sont notamment l’ensemble de droits que possède une personne physique ou morale sur une invention. Deux types de droits sont accordés : le droit à utiliser l’invention, la conception ou le signe distinctif, et le droit à en interdire l’accès à un tiers. Le droit d’interdire (lus prohibendi) permet au titulaire du droit de demander le paiement d’une licence, appelée redevance ou royaltie, qui possède des limites temporelles et territoriales.

Hardware libre : jusqu’où et de quelle manière ?

Toutes les étapes suivantes doivent faire partie de la mise en place de hardware libre : une conception, un processus de fabrication, des matières premières, une distribution, un modèle d’activité, un entretien, une mise en œuvre, une reproduction, une force de travail, un accès à la documentation et à la technique de fabrication. Partant de ce contexte, si nous tentons de définir ce qu’est le hardware libre, nous devons comprendre comment les étapes de production additionnées aux types de résultats tangibles possibles peuvent être interprétés par des licences libres.

Richard Stallman lui-même, président de la Free Software Fondation et créateur de la licence GNU GPL qui garantit les 4 libertés essentielles (liberté d’utilisation, d’étude et de modification, de distribution et de redistribution des versions modifiées), affirme également que « les idées du logiciel libre peuvent être appliquées aux archives ou aux fichiers nécessaires à leur conception et à leur spécification (schémas, PCB, etc.), mais non au circuit physique en soi ».

Il convient également de noter qu’il existe le hardware statique, composé par les éléments tangibles des systèmes électroniques et le hardware libre reconfigurable, décrit grâce à un langage de description composé par des fichiers de texte qui contiennent le code source. De ce fait, les mots « hardware libre » et « conception de hardware libre » sont deux choses différentes. La conception et l’objet physique ne peuvent se confondre bien qu’ils se fondent parfois l’un dans l’autre.

Tous ces facteurs entraînent une confusion lorsqu’il faut définir de quelle façon le hardware libre l’est vraiment. S’il est certain que chaque composant et chaque étape de production peuvent s’adapter aux quatre libertés spécifiques du logiciel libre, il convient également de dire qu’aujourd’hui aucun projet ne peut englober toute la chaîne depuis le strictement libre. Nous utilisons donc actuellement le terme de hardware libre/open hardware sans avoir à appliquer les quatre libertés de manière restreinte dans tous ses domaines. Il existe de nombreuses initiatives consolidées dans ce domaine, bien que les modèles d’utilisation et de rapprochement soient différents selon les motivations sociales, économiques et politiques de chaque collectif ou communauté derrière son développement.

Une multitude de licences différentes tentent de clarifier ces questions. Par exemple, le free hardware design est un concept qui peut être copié, distribué, modifié et fabriqué librement. Cela ne veut pas dire que la conception ne peut être vendue, ou que toute les pratiques de conception du hardware soient libres de coût. Le libre hardware design est comme le free hardware design, mais il est clair que le mot libre se réfère à la liberté et non au prix. Pour l’open source hardware, toute l’information de conception est à la disposition du public en général, et elle peut se baser sur du free hardware design ou sur une conception restreinte d’une certaine manière. L’open hardware, une marque enregistrée par l’Open Hardware Specification Program, s’avère être une forme limitée de open source hardware, dans la mesure où la seule exigence est de mettre à disposition une quantité d’informations restreintes concernant la conception pour pouvoir par exemple procéder à une réparation. Enfin, en guise de synthèse, Patrick McNamara définit pour l’open hardware les niveaux d’ouverture suivants :

1. Interface ouverte : l’utilisateur dispose de toute la documentation lui permettant de savoir comment une partie de hardware libre doit remplir la fonction pour laquelle elle a été conçue.
2. Conception ouverte : la documentation disponible est suffisamment détaillée pour qu’un tiers puisse créer un dispositif fonctionnel et compatible.
3. Mise en œuvre ouverte : met à disposition la liste de tous les matériaux nécessaires à la construction du dispositif.

Comme les licences spécifiques pour hardware libre sont encore en développement, le panorama actuel est marqué par une grande variété. Certains groupes utilisent la GNU GPL comme le Free Model Foundry qui permet la simulation de modèles, de composants et de vérification, ESA Spar qui développe une CUP pour 32 bits ou Opencores, une communauté qui développe des IP cores. D’autres groupes utilisent la licence open source initiative du MIT comme le Free-IP Project et LART. Quant à la licence GNUBook, elle se base sur la licence GPL mais avec des ajouts qui concernent les droits environnementaux et humains.

Il existe également des groupes qui développent de nouvelles licences comme la Simputer GPL, la Freedom CPU, l’OpenIPCores, l’OHGPL, l’Open NDA, l’OpenPPC (basée sur l’Apple Public Source Licence) et la Hardware Design Public Licence du groupe Open Collector. Parmi celles-ci, nous distinguons la licence Hardware du Cern OHL écrite à l’origine pour les conceptions du CERN (accélérateur de particules) logées dans le Dépôt open hardware.

Modèle d’activité et durabilité dérivées du hardware libre libre

Selon le magazine Wired, une bible du techno-positivisme, l’Open hardware devient une « commodity », à savoir une marchandise. Même s’il n’existe pas encore un modèle clair d’activité, il est sous-entendu qu’il peut répondre à des niches de marché qui jusqu’alors n’ont pas été couvertes, en appliquant la logique de la « long tail » ou large queue de distribution de biens et de services (du style Amazon) à la dimension quasi infinie du hardware. Concernant la commercialisation, la conception de hardware libre peut être mise en œuvre par une entreprise et ensuite être commercialisée, la seule contrainte est de conserver une conception libre.

En 2010, Torrone et Fried ont compilé 13 exemples de compagnies qui vendaient hrdware open source et qui facturaient, toutes réunies, 50 millions de dollars. À l’heure actuelle, il existe plus de 200 projets de ce type et l’on prévoit que la communauté de hardware open source facturera 1000 millions de dollars en 2015. Adafruit, Arduino, Chumby, Liquidware et Makerbot ont respectivement des bénéfices qui atteignent plus de 1 million de dollars. Tout cela démontre qu’il existe de réelles possibilités de générer des gains économiques avec des projets basés sur une activité ouverte et partagée avec la communauté. Ce qui est moins clair, c’est s’il est possible d’envisager une réelle politique anticapitaliste basée sur un projet économique et de redistribution des biens en lien avec des logiques de durabilité et de décroissance.

Il existe un modèle de durabilité intéressant pour l’open hardware qui réside dans le crowdfunding et qui consiste à recevoir de petites quantités de donations/travail d’individus ou groupes pour initier un projet. Huynh et Stack ont créé, par exemple, l’Open Source Hardware Reserve Bank pour couvrir les coûts associés aux révisions continues du hardware libre durant le processus de conception estimés à près de 40 % du budget initial nécessaire. Le projet cherche à réduire les risques pour que les projets de hardware libre puissent passer à la phase de production. Enfin, ils facilitent également l’expérimentation en permettant la construction et la distribution de petites quantités de produits considérés comme « non évolutifs » étant donné « qu’une mauvaise idée d’activité » est différente « d’une mauvaise idée de hardware libre ».

L’open money est un autre exemple. Il permet simplement aux hackers et non à des investisseurs de capital-risque ou à d’autres compagnies d’investir dans des projets spécifiques en dupliquant le nombre de pièces produites et en réduisant leur coût unitaire de 10 à 30 %. Une communauté peut également autofinancer ses projets grâce au microcrédit. Open money et Metacurrency proposent par exemple de nouveaux formats de monnaie et cherchent à promouvoir l’union de monnaies existantes avec des certificats de microcrédit.

Enfin, l’Open Design Manifeste unit deux tendances. D’un côté, les personnes offrent leur savoir-faire et leur temps à des projets pour le bien commun, qui ne reçoivent généralement pas de soutien par manque d’intérêt commercial. De l’autre, il fournit un cadre pour le développement de projets et de technologies avancées qui pourraient aller au-delà des ressources de quelque entreprise ou pays que ce soit et impliquer des personnes qui, sans le mécanisme copyleft, ne pourraient collaborer d’une autre façon.

Voyons maintenant quelles sont les problématiques liées à la durabilité du hardware libre libre.

D’une part, l’absence de consensus concernant la propre définition du hardware libre est extrapolée aux possibles modèles d’activités. Un dispositif ouvert est différent de ce qui existe et prédomine sur le marché dans la mesure où ce qui est important ce n’est pas le produit fini (hardware manufacturé), mais les activités intangibles, l’information relative à la conception du hardware qui s’ouvre à l’utilisation publique. D’autre part, et comme nous l’avons vu antérieurement, les quatre libertés du logiciel libre ne peuvent être complètement appliquées au hardware , au vu de leur nature différente. L’un a une existence physique et l’autre non. De ce fait, une conception physique est unique et sa répartition dépend de la sa facilité de reproduction.

De plus, il existe une dépendance technologique envers les composants importés qui peut se traduire par : les chips sont-ils disponibles ? De ce fait, il existe des modèles d’exclusion étant donné que toute personne n’est pas capable de réaliser un hardware libre, du fait des implications causées par le type d’infrastructure nécessaire. La personne qui souhaite utiliser le hardware libre conçu par une autre personne doit le fabriquer en achetant les composants nécessaires et en reconstruisant le design. Tout ceci a un coût. Conséquence logique, seules quelque entreprises possèdent cette connaissance et la gardent jalousement pour que les personnes restent de simples consommateurs de produits.

Les modèles de production différenciés

Nous observons deux modèles conventionnels de production/distribution. D’une part, le modèle basé sur la fabrication centralisée, avec un même produit disponible dans de nombreux lieux, permettant d’augmenter le prix final payé par le consommateur. D’autre part, un système de fabrication distribuée basé sur un nombre de petits groupes indépendants qui produisent le même design pour le distribuer localement. Pour que les deux modèles soient durables, les initiatives de hardware libre ont besoin de plates-formes qui regroupent et permettent le contact entre les moyens de production et les personnes qui souhaitent créer.

Par rapport au modèle de production distribuée, nous voyons qu’il existe actuellement de nombreuses communautés de hardware libre qui cherchent à développer des alternatives sans objectifs mercantilistes. Ces groupes cherchent en général à créer de l’autonomie, faciliter la liberté pour toutes et renverser les effets sociaux, environnementaux et politiques néfastes liées à la production de hardware propriétaire.

Il existe par exemple différentes rencontres encouragées par les mouvements sociaux comme le Hackmeeting, le Hardmeeting, le HacktheEarth, le Extrud_me, ou encore la OSHW Conference, la Chaos Computer Conference ou les rencontres Dorkbot où l’on peut trouver des personnes qui développent des projets de hardware libre. Le projet OSWASH (Open Source Washing Machines) représente parfaitement ce que nous définissons comme la recherche et le développement de technologies appropriées pour lesquelles le seul hardware qui fait sens est celui qui est libre, celui qui a été réapproprié au privé et rendu aux biens communs.

Au niveau de l’État espagnol, des lieux comme le Medialab Prado, la Laboral ou Hangar parient en général sur le développement du hardware libre. Ainsi dans Hangar (Barcelone), nous trouvons BeFaco, qui développe du son avec hardware libre et FABoratory, spécialisé dans la fabrication d’imprimantes 3D. À Calafou, nous pouvons trouver le HardLab Pechblenda, un laboratoire de son électronique et biohacking depuis la perspective trans-féministe. Enfin, depuis la XarxaCTiT (Réseau de Science, Technique et Technologie) de la Coopérative intégrale catalane, nous développons une plate-forme d’échange de savoirs et de besoins au niveau local, en créant un réseau d’associés, de producteurs, prosommateurs et consommateurs de hardware libre et de technologies appropriées.

Dans une vision diamétralement opposée et en pariant sur une stratégie globale pendant que cet écosystème complet de fabrication distribuée continue à émerger, Chris Anderson suggère de fabriquer des projets d’open hardware en Chine en utilisant Alibaba.com. Cette entreprise créée en 1999 est devenue une compagnie pesant 12 000 millions de dollars avec 45 millions d’utilisateurs enregistrés et 1,1 million d’employés. Fabriquer en Chine est un phénomène connu comme le phénomène Shanzai. À l’origine, ce terme décrivait « des bandits qui se révoltaient contre une autorité et qui commettaient des actes qu’ils jugeaient comme justifiés ».

Le mouvement Shanzai représentait en 2009 20 % des téléphones mobiles vendus en Chine et 10 % des téléphones mobiles vendus dans le monde entier. Certains fabricants ont tellement de succès qu’ils préfèrent favoriser leurs propres marques au lieu de fabriquer des produits pirates. Ce qui est intéressant dans ces entreprises, c’est qu’en « piratant » des produits de marque, elles ont établi une culture d’échange d’informations sur ces produits et ont généré du hardware de conception ouverte, en se donnant du crédit les unes aux autres quant aux améliorations apportées. C’est la communauté qui établit elle-même cette politique et qui exclut ceux qui ne la suivent pas. Les Shanzai comprennent et répondent aux besoins et aux goûts locaux, en établissant et en maintenant des bases locales de fabrication et de distribution, appelées les fabrications localisées. Toutefois, les conditions de travail surtout dans la création de composants électriques sont déplorables et elles supposent un risque physique pour la santé. On ne peut pas dire non plus qu’elles cherchent la justice sociale pour leurs chaînes de travailleurs. L’Open Source Hardware Work Licence (en attente d’écriture) doit exiger des conditions de travail respectueuses des personnes, de leur liberté et de leur entourage.

Conclusions

Utiliser et créer du hardware libre protège et défend la souveraineté technologique car cela permet d’avoir une certaine indépendance technologique en évitant qu’une personne dépende d’une autre comme fournisseur de ressources nécessaires pour son développement. La réutilisation et l’adaptation de conceptions permettent d’innover et d’améliorer, de minimiser les coûts et les temps de conception, de faciliter le transfert de la connaissance et d’éviter que s’accentue l’analphabétisme numérique pour des motifs économiques.

En permettant aux personnes de savoir comment cela fonctionne, comment entretenir et réparer la technologie dont elles ont besoin, elles peuvent cesser d’être de simples consommateurs technologiques. Utiliser et créer un hardware libre active et entraîne plus de bien-être qu’utiliser un autre type de hardware même s’il faut passer en premier lieu par on ne sait combien de déceptions dans son apprentissage. Outre la propre conviction politique, la liberté représente la possibilité, la capacité d’apprendre et de construire son propre monde, cela nous rend moins aliénés et nous éloigne encore plus de la participation à la structure capitaliste.

L’adéquat et l’inadéquat ne sont pas des attributs en soi d’une technologie. Leur qualification est le résultat de l’évaluation de ses caractéristiques par rapport à (1) un état d’organisation de la production et d’un système économique ; (2) des niveaux et de la distribution des ressources et (3) un état de développement du système technologique en utilisation. Nous analysons la façon dont se désertifie une société à travers la technologie : obsolescence programmée, dépendance technologique et introduction de technologies inappropriées. Leur dévastation et leur récupération sont quasi impossibles si elles restent à l’intérieur des puissantes chaînes du système capitaliste.

Car le monde du hardware libre est très complexe et les liens et abus qui se réalisent à travers le développement technologique ne semblent pas respecter les libertés. C’est la raison pour laquelle je mise sur les technologies réappropriées.

Celles-ci s’adaptent le mieux aux situations sociales, culturelles et économiques. Elles exigent peu de ressources, impliquent un coût moindre et un impact sur l’environnement très faible. Nous autres, nous avons besoin d’une technologie réappropriée à l’industrialisation, qui s’incorpore à nos technologies, nos techniques et notre quotidien, ainsi qu’à nos traditions ancestrales qui, de manière inhérente, ont déjà une base environnementale, durable et holistique. Des technologies réappropriées au progrès, à l’analphabétisme et à l’aliénation, à la science immobile, aux intérêts du pouvoir, réappropriée car décentralisée, organique, transmutable.

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Provenance dph

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