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Deux idées reçues sur la non-violence

, par Agenda de la Solidarité Internationale

« Je crois en vérité que s’il fallait absolument faire un choix entre la lâcheté et la violence, je conseillerais la violence (...) Mais je crois que la non-violence est infiniment supérieure à la violence. »
Mohandas Karamchand Gandhi

Idée reçue n°1 : Face à certains périls, la non-violence ne peut suffire comme solution

Face à une grande violence, l’efficacité de la non-violence peut apparaître parfois impossible ou trop lente. La contre-violence pour mettre l’agresseur hors d’état de nuire, y compris en le tuant, a été utilisée massivement dans l’histoire. Elle est légitimée, souvent avec beaucoup de facilité intellectuelle, dans les théories de la légitime défense ou de la guerre juste.

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Manifestation contre le traité international ACTA qui vise à renforcer la lutte contre la contrefaçon et met en place de nouvelles limitations de la liberté d’expressions sur Internet, Paris, février 2012. La manifestation est une action non-violente efficace : le 4 juillet 2012, le Parlement européen rejette ACTA. Photo Tangi Bertin cc by 2.0

La question éthique à se poser avant d’avoir recours à la contre-violence dans des cas limites (par exemple, le forcené qui tire à vue sur les passants, les snipers qui visent Sarajevo, les chars de Kadhafi qui menacent d’écraser Benghazi, etc.) nous semble être la suivante :

  • Ai-je tenté toutes les ripostes non-violentes possibles ? 
  • Quelles seraient les conséquences de cette contre-violence à long terme ?
  • Comment puis-je me préparer et que puis-je préparer pour l’éviter à l’avenir et lui substituer davantage de non-violence ?

Dans l’hypothèse où l’usage de la contre-violence a entraîné morts d’hommes, il faut affirmer que l’exercice de la violence meurtrière est toujours un drame et un échec.
La contre-violence seule ne résout pas les situations. Prenons le cas de l’intervention militaire en Libye en mars 2011, à la requête de la Ligue arabe, sensée protéger la population de Benghazi des troupes de Kadhafi. L’intervention internationale n’a été que militaire. Sans apporter de solutions politiques, économiques ou sociétales, sans processus de réconciliation, la seule suite possible à la dictature de Kadhafi est un chaos politique et humanitaire, dans lequel reste plongée la Libye depuis lors.

Idée reçue n°2 : La non-violence, c’est bien, mais c’est l’autre qui m’oblige à recourir à la violence

Affirmer cela, ce serait désespérer de l’évolution de l’humanité et du sens de l’histoire. Ce serait croire que la violence est inéluctable et qu’elle est la seule réponse à l’agression, l’injustice et l’oppression.
La force de la non-violence, c’est justement de ne pas rester dans la logique de l’adversaire violent, c’est de se placer sur un autre terrain que le sien. L’adversaire violent dispose d’hommes formés à la lutte armée et à la répression violente, il détient les armes, les moyens matériels de destruction, les moyens juridiques de répression.

La non-coopération avec l’oppresseur (ou la non-collaboration) est le principe essentiel de la stratégie de l’action non-violente : la force des injustices dans une société vient de ce qu’elles bénéficient de la coopération et de l’assentiment de la majorité des membres de cette société : soumission, acceptation, silence, complicité, indifférence, résignation. La non-violence vient rompre cette coopération.

Le combat non-violent utilise des moyens que l’adversaire ne maîtrise pas et en face desquels il est le plus souvent démuni ou déstabilisé : des moyens de persuasion (lettres, pétitions, etc.), des moyens de pression (marches, manifestations, enchaînements, sit-in, etc.) et des moyens de contrainte (grèves, boycott, désobéissance civile, etc.) .qui vont l’obliger à céder, à négocier, à reconnaître mes droits. Contrairement au combattant violent, même après un échec, le combattant non-violent n’est jamais définitivement vaincu, même si la répression a réussi à mettre fin à sa vie. Un combat non-violent n’est jamais perdu : il contient toujours une part de victoire.
Qu’il s’agisse de la résistance non-violente au nazisme, de la lutte contre l’apartheid en Afrique du Sud, des résistances non-violentes aux dictatures, l’objectif est de lutter contre l’injustice sans recourir à la violence, pour contraindre l’adversaire à céder. Ces principes (persuasion, pressions et contraintes non-violentes) s’appliquent tout aussi bien aux conflits entre personnes : face à un coup de poing ou un chantage violent, ils proposent des réponses plus efficaces qu’un combat de boxe incertain…

Que peut-on faire ?

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