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Échange non monétaire

Par Échange non monétaire, on désigne des formes d’échanges de biens et de services qui ne passent pas par l’utilisation d’une monnaie officielle (nationale ou supranationale) : troc, monnaies « alternatives », monnaies complémentaires ou « monnaies sociales », banques de temps, bénévolat, solidarités locales ou de proximité… Inspirés parfois par des pratiques informelles anciennes, ils connaissent un renouveau depuis les années 1990, comme moyens parallèles de faire face aux « nouvelles » pauvretés. Dans ce cas, ils sont érigés en systèmes questionnant ouvertement l’économie monétariste. Les expériences les plus connues sont les LETS (Local Exchange Trade System), les SEL (systèmes d’échanges locaux, inspirés des LETS)et les RERS (réseaux d’échanges réciproques de savoirs).
Les Échanges non monétaires peuvent représenter une réponse et une alternative à la dictature exercée par la financiarisation des rapports sociaux, le diktat des marchés financiers, des grandes banques et du capital financier international.

Définition développée

« La plupart des novations de ces dernières années se regroupent ainsi dans deux catégories :
- des formes d’échange non monétaires comme les réseaux d’échanges de savoirs, les banques du temps ou les systèmes de crédit temps américain appelé time dollar ; ces formes d’échange auraient vocation à exister même dans le cas où les monnaies officielles rempliraient pleinement leur fonction de proximité ;
- des formes d’échange quasi-monétaires qui naissent en réponse à des fonctions défaillantes de la monnaie classique ; c’est ainsi que les LETS (local exchange trade sytem) sont nés aux Etats Unis et en Grande Bretagne en grande partie pour pallier les effets de pauvreté entraînés par les politiques conservatrices ; de même les systèmes de "troc multiréciproque" initiés en Argentine et qui s’étendent en Amérique latine répondent directement à un déficit des services publics et sociaux et au déséquilibre entre l’insuffisance de monnaie à la base (les pauvres) doublé d’un excès au sommet (les riches).
Entre ces deux catégories on trouvera souvent des systèmes d’échanges qui cumulent les deux fonctions ; par exemple nombre de Sel répondent autant à un désir de lien social qu’à la nécessité de se substituer à une insuffisance monétaire [1]

Exemples

L’Argentine est probablement le pays où se sont développés les exemples les plus frappants d’échanges non monétaires (ou quasi monétaires), lors de la grave crise survenues à la fin des années 1990 – début 2000 [2].
Ainsi, le gouvernement de la province de Buenos Aires a été amené à émettre une nouvelle monnaie sans valeur, le « patacón », destinée au paiement de fonctionnaires et de fournisseurs du gouvernement, que le système bancaire a dû avaliser [3].
Durant la même période, on a vu également se développer de nombreux « […] réseaux de troc et de monnaie sociale. Ces réseaux ont explosé à partir de 1997-1998, dès lors que le pouvoir politique s’accommodait de ce système en tant que moyen de lutte contre la pauvreté. Peu importe que la monnaie sociale court-circuite le circuit financier national [4] ».
Ainsi, « […] Le système de troc surgit dans les années 90 comme une initiative de la population elle-même, dans les quartiers et les communautés de base ; à présent, la participation s’étend à trois millions de personnes, de toutes les régions de l’Argentine. Le troc signifie l’échange de produits et services, sans intervention d’argent.
Cette initiative est basée sur le fait que la population a besoin de s’alimenter mais, à cause de la crise, elle n’a pas d’argent pour acheter les aliments. Les paysans ont des aliments à vendre, mais personne ne peut leur en acheter. Ils ont de plus besoin de produits et services tels que des outils, les services sanitaires, éducatifs... Le problème n’est donc pas un manque de ressources mais la difficulté pour y accéder. Ce système, complètement indépendant de l’administration, est organisé en "Clubs de troc". Il s’agit d’un système fermé, où seulement peuvent participer les associés qui paient une cotisation symbolique pour le fonctionnement et l’organisation. Une autre caractéristique est l’utilisation, dans les opérations d’achat, d’une "monnaie sociale" (en papier) ou crédit, qui peut seulement être utilisée avec ceux qui appartiennent au réseau de troc.
[...] De la même façon, l’initiative de la foire franche est une activité innovante qui contribue au développement local des communautés argentines. Il s’agit d’une voie de commercialisation qui, dans ce cas, est ouverte à toute la société civile, et où circule l’argent. Les groupes de producteurs familiaux, artisans et micro-entrepreneurs, se réunissent, ces derniers étant chargés d’une certaine transformation de la matière première pour donner de la valeur ajoutée au produit. Les produits agricoles qui y sont commercialisés sont frais et naturels, car cultivés sans produits chimiques ni OGM.
Cette commercialisation informelle, qui n’est pas encadrée par les lois du pays, suit toutefois des lois de fonctionnement établies par les participants des foires eux-mêmes. On n’y paie pas de taxes. Ces foires regroupent des institutions telles que des ONGs, des organisations paysannes, l’église, les communes... qui donnent des appuis et qui créent des alliances entre elles. [5] ».

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