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Femmes en migration

Une place centrale dans la famille

, par CDTM 34

Concernant l’étude de la situation des femmes maghrébines en Europe, la structure et le fonctionnement de la famille a été un des aspects le plus étudiés. Ce qui ressort de ces études est la place centrale de la femme dans la famille. Celle ci fait face aux problèmes d’ordre pratique : le travail, le logement, la santé, les démarches administratives, les papiers… et d’ordre culturel : elle est la gardienne des valeurs et des traditions de la culture d’origine.

Responsables de l’éducation des enfants, elles n’ont pas une tâche facile et doivent faire face à des conflits fréquents. L’intégration progressive des enfants dans la société d’accueil par l’école et par les amitiés avec les autochtones, est vécue avec inquiétude, comme une perte des valeurs traditionnelles et une redéfinition forcée des relations entre parents et enfants. Elles doivent faire des concessions et accepter les coutumes occidentales (comme le Père Noël) ou accepter que la langue que parlent les jeunes soit un mixage d’arabe et de français.

Nombreuses sont les femmes immigrées du Maghreb qui vivent des inégalités flagrantes dans leurs relations familiales et rencontrent de véritables obstacles pour faire reconnaître leurs droits. Vivant en France, elles se trouvent, en raison de leurs origines ou de leurs liens familiaux, confrontées à des lois étrangères qui leur sont bien souvent défavorables. De plus, lorsqu’elles sont originaires de pays qui n’ont pas totalement entériné, en faits et en droits, le principe d’égalité entre les femmes et les hommes, ces femmes continuent, même sur le sol français, à voir leurs rapports familiaux régis par des règles pouvant s’avérer discriminatoires. En effet, en matière de statut personnel, ces femmes sont soumises à l’application de la loi de leur pays et par conséquent ne bénéficient pas nécessairement des mêmes droits que les hommes quand elles souhaitent se marier, divorcer ou obtenir la garde de leurs enfants. Mais les situations sont encore plus compliquées dans le cas de bi-nationaux ; car il s’agit de savoir quel est le droit qui sera applicable à ces personnes ?

Finalement, quand les femmes peuvent s’engager dans la vie sociale du pays d’accueil, leur intégration est plus rapide. La possibilité de sortir pour aller chercher les enfants à l’école ou pour faire les courses où le marché, favorise les contacts avec leurs voisines, basés sur des préoccupations partagées, notamment pour ce qui concerne les enfants, et des échanges de « trucs » de la vie de touts les jours. Ces contacts sont un élément essentiel pour le succès de leur parcours d’intégration.

Le genre, occulté

Pour comprendre la migration féminine et la situation des femmes immigrées, l’articulation entre le genre, l’ethnie et la place dans la société est nécessaire. On a vu que la prostitution et le travail domestique sont aujourd’hui les travaux les plus pratiqués par les femmes migrantes en Europe, qui sont exploitées dans leurs salaires et privées de leur environnement familial (bien que prostitution et travail domestique ne soient pas les seuls travaux réservés aux femmes migrantes). Malgré des années de recherche féministe, ce processus n’a pas été vu comme une menace pour la condition de la femme en général, et a été ignoré pendants des années.

Cette absence d’études sur la question de genre dans la migration a provoqué une sorte de sursaut lorsque dans les organismes internationaux on a découvert et pris conscience de la spécificité de cette problématique. L’arrivée des femmes immigrées en Europe, a fait émerger des questions concernant le rôle du genre dans nos sociétés, qui sont restées sans réponse, aussi bien du point de vue des politiques et de l’action sociale que du point de vue de l’analyse scientifique.

Par ailleurs, on note que la migration peut, dans certains cas, améliorer les conditions de vie des femmes. Une fois sorties de leur contexte familial elles peuvent expérimenter des nouvelles formes de liberté, d’indépendance et d’autonomisation face au mari ou à la famille. Elles peuvent aussi garantir à leurs enfants un futur et des études meilleurs grâce aux politiques sociales du pays d’accueil. Par contre, la violence et l’exploitation (sexuelle ou salariale) est une réalité qui montre qu’il y a encore beaucoup à faire pour assurer à ces femmes, l’accès aux droits et à la dignité.

La migration féminine est aujourd’hui essentielle dans le cadre des migrations internationales.
On doit apporter de façon urgente une attention spécifique aux dispositifs juridiques et politiques qui peuvent améliorer la situation de vulnérabilité des femmes et d’exposition à la violence, pendant tout leur parcours migratoire. On ne peut admettre que soit laissé aux seules organisations et associations de la société civile, le soin de s’occuper des femmes migrantes, de leur protection et de leur autonomisation.

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