Le Mali : Une démocratie en panne de son développement ?

Une émigration… en majorité régionale

, par CIIP

L’UNFPA (Fonds des Nations Unis pour la population) estime que près de 3 millions de Maliens vivent à l’étranger, principalement en Côte d’Ivoire. En France ils sont estimés à 120 000, dont la majorité est arrivée, dans les années 60 et 70, suite à des accords de coopération sur la main-d’œuvre, seuls 45 000 seraient en situation régulière.

Dans le cadre de la conférence internationale sur la migration et le développement organisée par l’Organisation internationale pour les migrations (OIM) en mars 2006 Oumar Hammadoun Dicko, ministre des Maliens de l’Extérieur et de l’Intégration Africaine, affirmait que "sur les 4 millions de Maliens vivant en dehors du pays, 3,5 millions sont installés en Afrique, et seulement 500 000 dans le reste du monde ; 2 millions sont installés en Côte d`Ivoire et 1 million dans les pays de la CEDEAO".
Comme contribution au développement du pays, le Ministre Dicko précisait que les Maliens vivant en France transfèrent, officiellement, au pays, chaque année, 125 milliards de FCFA (environ 190 millions €), "mais ce montant peut être doublé, si on tient compte des sommes non enregistrées. C’est une richesse, une mine d’or, pour le pays qu’il faut transformer en investissement productif".

Toujours selon le ministre, le gouvernement malien a recensé 257 Maliens qui sont des "cerveaux" installés dans les pays riches d`Europe et d`Amérique du Nord. Il faut, a-t-il fait savoir, créer un cadre optimal pour qu`ils puissent retourner au pays. "Si la migration représente un risque, elle peut et doit devenir un atout positif aussi bien pour les pays d’accueil que ceux d’origine", a-t-il poursuivi. "Il faut, a-t-il dit, inverser la perception conflictuelle et violente de la migration en une opportunité de dialogue et d’échanges. Le problème des migrations est le principal défi de ce début de siècle, de son traitement dépendront la paix, la sécurité et la prospérité partagées dans le monde". Dans cette logique et fortement soutenues par la société civile qui se mobilise largement, le Mali refuse toujours de signer avec la France « un accord de gestion concertée des flux migratoires » (demande que chaque année 5 000 Maliens, en situation irrégulière sur le sol français soient régularisés, alors que la France ne veut aller au-delà de 1 500) !