Qui régulera le mieux la finance : le comparatif des candidats

Par Ivan du Roy, Marc Endeweld

, par Basta !

Quelle sera la marge de manœuvre du futur président ou de la prochaine présidente face à la puissance de la finance ? Doit-on limiter ou carrément interdire les « produits financiers dérivés » qui permettent de spéculer sur tout et n’importe quoi ? Nationaliser le secteur bancaire est-il utile ? Faut-il séparer les activités de dépôts pour protéger les épargnants des investissements risqués ? Basta ! a passé au crible les propositions des candidats sur le sujet et vous propose un comparatif inédit.

Première question, centrale : faut-il davantage réguler la finance ? Si, à gauche et au centre, plus de régulation s’impose, à l’UMP, on juge le niveau de contrôle actuel relativement satisfaisant [1]. En dehors de la promesse d’une « taxe Tobin » (seulement) en France, le candidat Nicolas Sarkozy ne dit rien, ou presque. À Toulon le 1er décembre dernier, il déclare ainsi le plus sérieusement du monde : « Nous sommes aujourd’hui confrontés à une crise des finances publiques plus qu’à une crise du secteur financier. » Bref, la faute aux États, pas à l’absurdité du système financier. Le Président de la République a la mémoire courte : quid des 4 000 milliards de dollars déboursés en trois ans par les États européens ou les États-Unis, pour sauver les banques de leurs imprudences. Une aide qui grève lourdement les dépenses publiques. L’UMP considère qu’« en France et en Europe, les régulateurs publics sont particulièrement puissants et efficaces ». Pour l’actuelle majorité, en dehors de quelques affaires médiatisées, « l’impartialité des régulateurs, en particulier en France, n’a jamais été remise en cause ». Circulez, il n’y a rien à voir…

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Notes

[1L’ensemble des réponses des candidats ou de leurs représentants citées dans cette article ont été obtenues par écrit suite à l’envoi d’un questionnaire.