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Le boycott, action non-violente d’hier et d’aujourd’hui

Pas de paix sans justice

, par NUNEZ Jean-Paul

Le rappel de ce qu’a été le mouvement anti-apartheid est très intéressant.

A Toulouse où j’étais, à cette époque, je me souviens des débats qui ont révélé des contradictions au sein des mouvements de solidarité. On discutait pour savoir si la lutte contre l’apartheid n’allait pas pénaliser les travailleurs Noirs d’Afrique du Sud. Il y a eu aussi des débats dans l’Eglise réformée, à cause de ses liens avec les Afrikaners : il ne faut pas rompre le dialogue. Dans le sport également, notamment dans le milieu du rugby : il ne faut pénaliser les sportifs. Il y a eu des déchirures.

Aujourd’hui, concernant la campagne BDS, nous allons également aiguiser des contradictions. Parce que, s’il y a bien le trépied : apartheid, colonisation, occupation, il y a également les revendications fondamentales du mouvement BDS qui sont à la fois la fin de l’apartheid, la fin de colonisation et aussi le retour de réfugiés, ce qui ramène à la question géopolitique. Car si on laisse un seul point, par exemple la question des réfugiés, à part, si les réfugiés restent là où ils sont, en exil, il n’y aura pas de justice et donc pas de paix.

Certains, pour limiter la pénalisation, arrivent aujourd’hui à demander le seul boycott des produits des colonies. Cela signifie qu’il est possible de combattre une politique coloniale sans combattre l’Etat colonial. C’est l’Etat d’Israël qui est en cause et pas seulement sa politique. Il n’y a pas d’adaptation possible aux objectifs du BDS et au mouvement du peuple palestinien pour le respect du droit international. C’est ce que doit soutenir le mouvement de solidarité.

La pénalisation des acteurs pose des questions sur la stratégie non violente. Le boycott, dans certains cas, peut être sanctionné. Mais les gens qui se battent sur le terrain de la non violence savent, qu’ils soient faucheurs volontaires ou qu’ils défendent les sans-papiers, qu’ils prennent des risques, plus ou moins importants et que ces risques d’être poursuivis parfois au plan pénal sont inhérents à la non-violence et surtout aux objectifs choisis.

Mais ce sont ces risques qui développeront l’état de nécessité. Exactement comme l’ont fait les faucheurs d’OGM. S’il y a boycott, c’est parce que le droit international n’est pas respecté et il va falloir se battre avec les risques qui en découlent, jusqu’au moment où cela sera normal, pour faire respecter le droit international. Si on ne va pas jusque là, c’est toute la solidarité internationale qui en pâtira.

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Intervention lors de la conférence « Le boycott, une action non-violente d’hier et d’aujourd’hui » le 14 décembre 2010, à Montpellier.

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