Madagascar : La lente et difficile construction démocratique

Marc Ravalomanana : une présidence « libérale » ?

, par CRIDEV

Né en décembre 1949, Marc Ravalomanana est issu du groupe ethnique Merina.
Formé dans une école protestante, il est aujourd’hui le vice-président du Bureau national du FJKM (l’Eglise de Jésus Christ de Madagascar), membre influent de la puissante Conférence des Eglises chrétiennes de Madagascar (FFKM) qui a joué un grand rôle d’opposant sous les précédents régimes.

À 33 ans, avec l’aide d’un prêt de la Banque Mondiale, il crée TIKO, une entreprise de produits laitiers. Il profite alors d’une niche qui n’était exploitée qu’artisanalement. En 2000, TIKO représentait 5 000 emplois directs et plus de 100 000 indirects. L’histoire de l’entreprise est marquée d’une sorte de nationalisme « caractéristique d’une bourgeoisie nationale » qui a réussi sur le marché national et qui souhaite s’étendre en Afrique orientale et australe.

C’est sans doute dans les années 1990 que l’idée de s’engager en politique a émergé pour M. Ravalomanana. Celui-ci se crée un réseau hors du monde politique traditionnel. De fait, il apparaît comme un homme nouveau. Il est élu maire d’Antananarivo en décembre 1999.

Le nouveau maire s’attache à appliquer les méthodes de gestion de son entreprise aux affaires de la cité. En deux ans, il obtient de nombreux résultats visibles (voiries, gestion des déchets…).

Fort de son expérience municipale, il annonce sa candidature aux élections présidentielles. L’opposition traditionnelle étant incapable de s’accorder sur un candidat commun, Marc Ravalomanana va voir progressivement celle-ci se rallier à lui.
Sa vision politique, c’est sa « success-story ». Ses communicants invitent les électeurs à imaginer qu’avec ce candidat, Madagascar connaîtrait le même sort que TIKO. L’engouement populaire est rapide.

Sorti victorieux de la crise de 2002 (cf. La République malgache), il va peu à peu écarter ses anciens alliés. Ceux-ci se tournent vers l’opposition, renforçant ainsi le morcellement de cette derniere. Pour beaucoup de Malgaches, le président chef d’entreprise s’est plutôt servi de l’État pour faire prospérer ses propres affaires plutôt que d’améliorer le sort de ses concitoyens, mais en 2006, il est réélu en dépit de ce bilan mitigé.

Le parti présidentiel domine la vie politique malgré les luttes intestines internes. En 2007, un jeune entrepreneur remporte les élections municipales dans la capitale au détriment du candidat du parti présidentiel.
En 2009 la mutinerie de l’armée l’oblige à quitter le pouvoir et Madagascar mais il n’a pas renoncé à revenir au pouvoir.

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