Lutter contre les arrêtés et dispositifs urbains antiprécaires

, par Agenda de la Solidarité Internationale

Chaque mois, à travers une thématique, l’agenda de la solidarité internationale propose de revenir sur deux initiatives portées par des associations, citoyen·nes, ONG, etc. pour provoquer le changement. L’objectif est de comprendre les grandes problématiques internationales, montrer le pouvoir des mobilisations et donner des envies d’engagement.
Nous vous offrons donc, tout au long de l’année, des extraits de notre agenda. En mai, la lumière est mise sur la précarité et le droit au logement.

"le discret et bien pensant scandale des mobiliers anti SDF"
Photo de Petit_louis CC BY 2.0 de flickr

Lorsque les beaux jours ou encore les fêtes de fin d’année arrivent, des arrêtés « antiprécaires » sont malheureusement pris. Chaque année, des maires, cédant à la pression de commerçant·es ou de riverain·es hostiles aux personnes sans domicile fixe ou socialement en difficulté, décident, le plus souvent en parfaite illégalité, de bannir ces dernières des centres-villes. Il peut s’agir d’arrêtés dénommés « antimendicité », « antirassemblement », « sécurité et tranquillité publique », ou encore « activités constitutives de trouble à l’ordre public », etc. Dans tous les cas, ce sont des mesures visant à interdire l’utilisation de l’espace public aux personnes en situation de précarité.
En plus de ces mesures administratives, les équipements urbains anti-SDF fleurissent. Les espaces publics se hérissent de pics, de grilles et se transformant peu à peu en zones de chalandise où il devient presque impossible de se reposer gratuitement. Ce mobilier urbain n’a d’autre vocation que d’empêcher les personnes sans domicile de se mettre à l’abri ou de se reposer, symbolisant le rejet des personnes les plus exclues : des conséquences brutales, conduisant à les « invisibiliser » au lieu de faciliter leur accès aux droits, surtout au droit au logement.
Parce que la ville appartient à tou·tes et que la précarité n’est pas un trouble à l’ordre public, des associations luttent contre ces mesures liberticides et discriminatoires, en recensant notamment ces arrêtés en vue d’interpeller les pouvoirs publics et la population, pour éventuellement les contester par la voie contentieuse. La Fondation Abbé Pierre a même organisé une cérémonie des « Pics d’Or » en février 2019, pour « récompenser » satiriquement ces dispositifs afin de réveiller les consciences sur la façon dont la ville rejette les personnes les plus fragiles, en montrant la violence des procédés utilisés.

Chaque personne témoin d’un tel dispositif est appelée à le signaler sur : www.soyonshumains.fr