Le défi d’être une femme amérindienne au Guatemala

Introduction

, par CIDES

Le Guatemala est un pays particulièrement inégalitaire, marqué par la violence et la corruption, où les différents groupes amérindiens, qui constituent la majorité de la population, sont victimes de multiples formes de racisme et d’exclusion.
Malgré la signature en 1995 de « l’Accord sur l’identité et les droits des peuples indigènes » [1], être amérindien·ne au Guatemala en 2022 signifie encore le plus souvent être pauvre et analphabète.

Les femmes amérindiennes sont de surcroît confrontées à un machisme souvent violent, qui a atteint son paroxysme pendant la guerre civile entre 1960 et 1996, avec des viols systématiques, mais se manifeste toujours au quotidien par des violences, féminicides et agressions sexuelles généralement impunies.
En réponse à ces oppressions, de nombreuses organisations de femmes ont surgi, notamment après la guerre civile, et ont pu participer officiellement aux négociations des accords de paix : groupes féministes composés de femmes de la classe moyenne, mais aussi groupes de femmes mayas exilées luttant à leur retour pour l’accès à la terre.

Peinture murale, ville de Guatemala
Les peintures murales permettent aux femmes de se réapproprier les espaces publics. Elles affirment leur autonomisation et leur libération de la violence. UN Women/Ryan Brown, photo prise le 13 avril 2018

Au carrefour des traditions amérindiennes, dont elles sont les gardiennes, et des luttes pour les droits humains ou contre l’extractivisme, les femmes amérindiennes sont particulièrement actives dans de nombreuses associations et coopératives.