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Au Pakistan, les Kalash, un peuple vivant !

Le contexte pakistanais

, par CIIP , SAVOYE Philippe

Le Pakistan est né, avec l’Inde, de la disparition de l’Empire colonial britannique en Inde en 1947. Il a été le premier pays à se déclarer « République islamique » (1956). Le Pakistan a connu une série de coups d’État, de conflits armés (dont l’un a débouché sur l’indépendance du Pakistan oriental, aujourd’hui le Bangladesh), d’affaires de corruption, d’assassinats au plus haut niveau du pouvoir et la montée des actes terroristes... Néanmoins le pays a continué à s’affirmer sur le plan international, notamment en devenant la 7ème puissance nucléaire mondiale.

Une république islamique

L’article 2 de la Constitution adoptée en 1973 précise : « Islam shall be the State religion of Pakistan ».
La Constitution stipule que toutes les lois doivent être conformes aux dispositions de l’islam, telles qu’elles sont énoncées dans le Coran, confortée par la devise nationale : Foi, unité, discipline (Iman, Ittehad, Nazm).
Les sunnites représentent les trois quarts de la population, les chiites 18 %, les ismaéliens 2 % et diverses minorités moins de 5 % : chrétiens, hindouistes, bouddhistes, sikhs, etc. Minorités ethniques et religieuses sont officiellement reconnues : si le fond vert du drapeau pakistanais rappelle qu’il s’agit d’une république islamique, la bande blanche est dédiée à ces minorités.
Le Pakistan est une fédération qui se divise en 4 provinces (Baloutchistan, Khyber Pakhtunkhwa, Pendjab et Sind) et 4 territoires (territoire fédéral d’Islamabad, régions tribales fédéralement administrées -interdites aux étrangers-, Azad Cachemire et Gilgit–Baltistan).
Si l’ourdou est la langue officielle, la Constitution prévoit que l’anglais l’est temporairement ; l’article 251 précise : "la langue anglaise pourra être utilisée à des fins officielles jusqu’à ce que les dispositions nécessaires aient été prises pour qu’elle soit remplacée par l’ourdou. »

Des voisins "encombrants"

Le Pakistan est frontalier avec quatre pays : l’Afghanistan, la Chine, l’Inde et l’Iran. Malgré sa taille, le pays se sent "petit" à côté de ses deux voisins "encombrants" : la Chine et l’Inde.
La Chine réalise de très nombreux projets structurants : aéroport, barrages, voirie, etc. Initiative phare des nouvelles routes de la soie, l’autoroute construite au nord du Pakistan dans le cadre du Corridor économique sino-pakistanais (CPEC) profite prioritairement à la Chine qui a vu ses exportations bondir de près de 30 % au second trimestre 2016.
Les relations avec l’Inde sont aujourd’hui pratiquement aussi crispées qu’elles l’étaient au moment de la partition où les données religieuses furent centrales (majorité hindouiste en Inde et islamique au Pakistan) et accentuent les rapports complexes entre les deux voisins. Le Cachemire est au centre du conflit et a provoqué deux guerres (1948 et 1965). Aujourd’hui encore, cette région est embourbée dans un climat insurrectionnel avec des phases plus ou moins violentes. La population est prise en étau, victime de l’instrumentalisation de la région par les deux États. Les deux pays partagent 3 190 kilomètres de frontière… avec un seul point de passage terrestre.
L’Afghanistan et le Pakistan ont des liens historiques et culturels profonds, "frères inséparables", les relations sont tendues depuis 1947, époque à laquelle l’Afghanistan fut le seul pays à voter contre l’admission du Pakistan à l’ONU. Durant ces dernières décennies, par deux fois le Pakistan a accueilli un flot de migrants afghans, lors de l’intervention russe (1979) où leur insertion fut rapide, puis lors de la guerre des USA contre les talibans, où des Afghans sont venus chercher refuge et sont accusés d’avoir déstabilisé la région Nord/Nord-Ouest.

Un contexte d’atteinte aux droits de l’Homme accablant selon les ONG

Les rapports annuels d’Human Rights Watch [1] et d’Amnesty international [2] consacrent nombre de pages au Pakistan attestant d’une violence institutionnelle et sociétale permanente qui prend de multiples formes. Ils mettent en exergue les violences, discriminations, violations des droits humains, détentions arbitraires, disparitions forcées et autres persécutions que subissent les minorités, dans un environnement d’impunité.
Le Comité des droits économiques, sociaux et culturels des Nations Unies s’est déclaré "profondément préoccupé par les informations répétées sur des enlèvements, des assassinats et des actes d’intimidation contre des défenseurs des droits humains, en particulier ceux qui luttent pour leurs droits économiques, sociaux et culturels". Depuis 2001, les actes terroristes auraient coûté la vie à plus de 50 000 Pakistanais.
Officiellement, la Constitution garantit les droits des minorités religieuses mais aucune loi ne doit être contraire aux prescriptions islamiques. Au centre de toutes les attentions, la loi sur le blasphème prévoit la peine de mort pour les personnes reconnues d’insulte au prophète Mahomet et la prison à vie pour toute désacralisation du Coran. Fin 2017, des centaines de personnes, majoritairement des minorités religieuses, attendaient leur procès.

Une société patriarcale

Le Pakistan est une société patriarcale, où les hommes sont les figures principales de l’autorité et les femmes sont subordonnées. Les villes "appartiennent" aux hommes et les rares femmes présentes se couvrent fréquemment d’un niqab ou de la burqa. En 2018, le forum économique mondial classe une nouvelle fois le Pakistan comme le second pire pays dans le monde pour l’égalité des sexes (derrière la Syrie et devant le Yémen). L’arrêté "Hudood" en 1979 stipule qu’en cas de viol, une femme doit apporter le témoignage de quatre hommes pour le confirmer sous peine d’être accusée d’adultère. Un rapport du Mouvement pour la solidarité et la paix au Pakistan révèle qu’au moins 1 000 filles appartenant à des communautés chrétiennes et hindoues sont forcées d’épouser des hommes musulmans chaque année. Des meurtres de femmes sont commis au nom de l’"honneur" : selon certaines sources, ces crimes d’honneur se monteraient à un millier par an, alors qu’une loi de 2004 réprime pénalement cette pratique. L’éducation des filles se renforce mais encore aujourd’hui, sur les 5,1 millions d’enfants d’âge scolaire non scolarisés, 63 % sont des filles. Et tout le monde a encore en mémoire l’attaque qu’a subie Malala Yousafzai (prix Nobel de la paix 2014) par les talibans car elle militait pour le droit des filles à l’éducation. Revenue pour la première fois dans son pays en mars 2018, son image est controversée et symbolise l’ambiguïté de la société. Si, pour certains, "elle est un symbole de courage pour tous les Pakistanais", pour d’autres, "elle est manipulée afin de nuire au Pakistan, de ternir son image".

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