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Le Mali : Une démocratie en panne de son développement ?

L’or blanc

, par CIIP

Un bref historique…

Introduite par les Arabes au XIème siècle dans les régions nord du pays qui furent les premières islamisées, la culture du coton a toujours été pratiquée au Mali de manière traditionnelle, en association avec le maïs ou le riz. Son développement remonte à l’époque coloniale où il s’agissait pour la France de réduire sa dépendance vis à vis des États-Unis et de l’Angleterre
L’Institut de Recherche Cotonnière et des Fibres Textiles exotiques (IRCT) créé en 1945 eut pour rôle, la création de nouvelles variétés et la formation des agents d’encadrement. En 1949, le gouvernement français crée la Compagnie Française pour le Développement des Textiles (CFDT) afin de gérer la filière coton en Afrique Occidentale Française.

Un rôle économique fondamental…

Le 21 octobre 1974, suite à la signature de la convention CFDT – Gouvernement malien, la société d’économie mixte Compagnie Malienne pour le Développement des Textiles (CMDT) est créée. Le capital est détenu à 60% par l’État malien et à 40% par l’entreprise française DAGRIS (Développement des Agro-Industries du Sud), ex CFDT devenu « geocoton holding »
Chargée de gérer la filière de production cotonnière du Mali la CMDT assure plusieurs missions :

  • le conseil agricole en direction des paysans producteurs de coton,
  • la collecte, la commercialisation, l’égrenage du coton graine,
  • la vente de la fibre de coton à l’exportation et aux industries textiles maliennes.
    A travers la CMDT, le secteur coton joue un rôle stratégique dans la politique de développement économique et social du Mali. Ceci transparaît à travers les principaux objectifs qui lui sont assignés en matière de lutte contre la pauvreté, amélioration des conditions de vie des populations, autosuffisance alimentaire, contribution à la croissance économique, contribution au budget national et préservation de l’environnement. L’entreprise assure l’encadrement des producteurs, l’approvisionnement en intrants, la distribution d’engrais pour d’autres cultures, elle assure un crédit jusqu’à la récolte et établit un prix garanti. En outre, malgré sa lourdeur administrative et ses défauts, la CMDT est aussi l’histoire d’une réussite d’intégration sociale. Elle intervient dans une mission de service public : réseau de pistes pour l’accès des camions, hydraulique villageoise, alphabétisation, soutien à l’organisation paysanne, etc.

Selon le Ministère de l’agriculture malien, le coton, c’est :

  • 3,3 millions de personnes qui vivent directement des revenus de sa culture
  • 85 à 123 milliards de F CFA par an de revenus bruts pour le monde rural
  • 160 à 200 milliards de F CFA par an de recettes d’exportation (soit 30 à 45% du total suivant les années)
  • 5 à 10 milliards de F CFA par an de taxes pour l’État (uniquement la CMDT).

Une privatisation en cours…

Depuis plusieurs années, sa privatisation est exigée par le FMI et la Banque Mondiale dans le cadre des plans d’ajustement structurel à l’horizon 2008.
Premier ou second producteur (avec le Burkina Faso) de l’Afrique subsaharienne selon les années, le Mali produit en moyenne de 400 à 500 000 tonnes "d’or blanc" (période 2002/11 -445 000 tonnes pour l’exercice 2011/12) et représente près de la moitié des exportations sur la dernière décennie. La superficie cultivée pour la période 2012/13 est estimée à 547.000 hectares. En 2006, la commercialisation du coton par la CMDT est déficitaire d’environ 27 milliards de francs CFA. Les fluctuations du cours mondial a une incidence directe sur le résultat d’exploitation. Ce déficit s’explique, notamment, par la baisse du cours mondial et le recul du dollar (le franc CFA étant indexé à l’euro). Sous la pression internationale, la CMDT a mené une politique drastique conjuguant plans sociaux et austérité (avec un passage de 2.000 à 1.100 salariés !)

Suite à la chute du cours du coton sur le marché international les paysans maliens produisent aujourd’hui à perte. La FAO estimait en 2006 que la suppression des subventions des pays riches à leurs cotonniers entraînerait une augmentation du prix du coton pouvant aller jusqu’à 35%. Le gouvernement malien décide que le prix de base aux producteurs (cultivant en moyenne de 2 à 3 ha) sera indexé au cours mondial, sans prix minimum. Le prix d’achat aux producteurs varie ainsi de façon considérable 185 F CFA le kilo (campagne 2010/11), 255 F l’année suivante (rappel 210 F en 2004).
La privatisation a été adoptée en Conseil des Ministres le 28 mai 2008. Une large opposition s’est faite jour auprès des organisations syndicales, des coopératives, des producteurs, de la société civile, s’appuyant d’une part sur "le meilleur instrument de lutte contre la pauvreté" et d’autre part sur l’échec de la privatisation des filières dans les autres pays africains : (Côte d’Ivoire, Burkina, Bénin, Togo, Zambie). Toujours d’actualité, mais pas encore effective, quatre filiales régionales ont été constituées L’Etat devrait conserver 17 % des parts, les salariés 22 % et les 61 % restants à des acteurs privés (dont probablement des entreprises chinoises) (source : Jeune Afrique)

Les alternatives préconisées - diversification des cultures et développement du coton biologique n’arrive pas à satisfaire la demande (0.56 % de la production mondiale) ne peuvent être que des orientations à moyen terme.

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