L’empreinte carbone du secteur de l’aide

, par PEDERSEN Kylee, SALZENSTEIN Léopold

CC via Pixabay

Une enquête, menée en 2019, a demandé à 14 ONG internationales et 10 agences onusiennes d’estimer leurs émissions de gaz à effet de serre et d’expliquer ce qu’elles faisaient pour réduire leur empreinte carbone. Des entretiens, réalisés entre août et octobre 2021, ont complété l’enquête afin de mieux refléter les stratégies mises en place depuis le début de la pandémie.

Les travailleurs humanitaires sont témoins des impacts dévastateurs du changement climatique qui entraîne de nouveaux conflits, des migrations, des pénuries d’eau et de nourriture entre autres. Pour autant, les pratiques du secteur de l’aide contribuent elles aussi à ces crises liées au climat.

La plupart des acteurs humanitaires en sont pleinement conscients, et l’envie d’adopter des pratiques plus vertes est présente, mais la mise en oeuvre et longue et très différente selon les organisations.

En amont de la COP26, 165 organisations ont signé la Charte Climat et Environnement de la Fédération Internationale de la Croix Rouge et du Croissant Rouge. Cette Charte, non contraignante, invite cependant le secteur à adopter des normes environnementales communes.

La moitié des organisations interrogées, notamment les agences des Nations unies, ne mesurent pas leurs émissions et l’empreinte carbone du secteur reste largement méconnue. Il n’existe pas de système commun pour calculer l’empreinte carbone et chacun mesure à sa façon. Quand certaines organisations vont prendre en compte les activités de leurs fournisseurs et prestataires de services, d’autres vont simplement mesurer leurs émissions directes (transports, électricité).

Dans l’impossibilité de réduire de manière significative leurs émissions, certaines organisations se tournent alors vers la compensation carbone. Mais ce système est extrêmement discutable et ne fait pas l’unanimité.

Bien sûr, la pandémie de COVID-19 a provoqué certains changements et montré qu’il était possible de faire différemment, mais cela ne suffit pas à réduire de manière efficace l’empreinte carbone du secteur de l’aide.

Lire l’article original sur le site de The New Humanitarian