L’écosocialisme numérique : briser le pouvoir des Big Tech

, par KWET Michael

Crédits : CC via Pixabay

En l’espace de quelques années, le débat sur la façon d’encadrer les Big Tech a fait l’objet de nombreuses discussions. Pourtant, jusqu’à présent, les propositions de régulation ne tiennent pas compte des dimensions capitalistes, impérialistes et environnementales du pouvoir numérique, qui, ensemble, creusent les inégalités mondiales et poussent la planète vers l’effondrement.

Cet essai vise à mettre en lumière certains des éléments fondamentaux d’un programme socialiste numérique - un Digital Tech Deal (DTD) - centré sur les principes de l’anti-impérialisme, de l’abolition des classes, des réparations et de la décroissance. Ce programme s’appuie sur des propositions de transformation ainsi que sur des modèles existants, et cherche à les intégrer à d’autres mouvements qui prônent des alternatives au capitalisme, en particulier le mouvement de la décroissance.

D’un point de vue environnemental, les limites de la croissance changent tout. Si le capitalisme est écologiquement non durable, les politiques numériques doivent s’adapter à cette dure réalité.

Les principes de l’économie socialiste devraient s’appliquer à l’économie numérique. Un système de socialisme numérique éliminerait progressivement la propriété intellectuelle, socialiserait les moyens de calcul, démocratiserait les données et l’intelligence numérique et placerait le développement et la maintenance de l’écosystème numérique entre les mains des communautés du domaine public.

Évidemment, les grandes entreprises technologiques, la propriété intellectuelle et la propriété privée des moyens de calcul sont profondément ancrées dans la société numérique et ne peuvent être éteintes du jour au lendemain. Ainsi, pour remplacer le capitalisme numérique par un modèle socialiste, nous avons besoin d’une transition planifiée vers le socialisme numérique.

Ces propositions reconnaissent les limites de la croissance et incorporent les principes égalitaires nécessaires à une transition juste vers une économie réellement durable.

Le Digital Tech Deal écosocialiste proposé par l’auteur incarne les valeurs croisées de l’anti-impérialisme, de la durabilité environnementale, de la justice sociale pour les communautés marginalisées, de l’autonomisation des travailleurs, du contrôle démocratique et de l’abolition des classes.

  • Veiller à ce que l’économie numérique s’inscrive dans les limites sociales et planétaires
  • Éliminer progressivement la propriété intellectuelle
  • Socialiser les infrastructures physiques (réseaux de fibres optiques, câbles sous-marins, etc.)
  • Remplacer les investissements privés de production par des subventions publiques
  • Décentraliser l’internet
  • Socialiser les plateformes
  • Socialiser l’intelligence numérique et les données
  • Interdire la publicité forcée et le consumérisme des plateformes
  • Remplacer l’armée, la police, les prisons et les dispositifs de sécurité nationale par des services de sûreté et de sécurité gérés par les communautés
  • Mettre fin à la fracture numérique

Enfin, des personnes de tous horizons devraient travailler en collaboration avec des professionnels de la technologie pour élaborer le plan concret qui constituerait ce Digital Tech Deal.

Lire l’article original sur le site du Transnational Institute (TNI)