Kenya : le mouvement de la ceinture verte

Une initiative sur le climat

, par Agenda de la Solidarité Internationale

Chaque mois, à travers une thématique, l’agenda de la solidarité internationale propose de revenir sur deux initiatives portées par des associations, ONG, citoyen.ne.s, etc. et qui ont porté leur fruit. L’objectif est de comprendre les grands enjeux des problématiques internationales, montrer le pouvoir des mobilisations et donner des envies d’engagement, de manière positive.
Nous vous offrons donc, tout au long de l’année, des extraits de notre agenda. En juin, la lumière est mise sur le climat.

Crédits : The Green Belt Movement

Persuadée du lien étroit entre les enjeux environnementaux, les questions de gouvernance, de paix et de droits humains, Wangari Maathai, professeure en médecine vétérinaire, biologiste et militante, fonde le mouvement de la ceinture verte, the Green Belt Movement, sous l’égide du Conseil national des femmes du Kenya (NCWK), en 1977. Par la création de cette ONG, elle a choisi d’encourager les femmes : « chaque fois que vous plantez un arbre, vous plantez aussi une graine d’autonomie pour les femmes, une graine de respect pour l’environnement… ». Ce mouvement lutte ainsi contre la déforestation et la dégradation de l’environnement. Les ceintures vertes sont constituées d’espèces autochtones et d’arbres fruitiers et sont implantées sur des terres publiques. Ces arbres permettent la récupération effective de l’eau de pluie en favorisant leur infiltration et leur maintien dans le sol : celui-ci s’enrichit progressivement et devient moins vulnérable à l’érosion. Ainsi, l’eau recolonise l’espace et régénère l’environnement : les cultures sont plus productives et moins sensibles aux aléas climatiques. Et le revenu des femmes est renforcé et diversifié, grâce à l’amélioration des productions agricoles, et la production de bois à brûler.

En 1998, le mouvement de la ceinture verte s’est engagé contre le défrichage de la forêt de Karura, en partie vendue à des promoteurs immobiliers privés. Cet écosystème unique proche de Nairobi est pourtant une barrière naturelle contre l’érosion. Grâce à cette mobilisation, le projet est finalement abandonné en 2003. La forêt de Karura poursuit encore aujourd’hui son rôle biologique, en freinant les vents arides du nord, fertilisant et protégeant le sol, tout en maintenant le cycle local de l’eau.

Grâce au Green Belt Movement, on estime à ce jour que plus de 50 millions d’arbres ont été plantés en Afrique pour lutter contre la déforestation. En 2004, pour « sa contribution en faveur du développement durable, de la démocratie et de la paix », Wangari Maathai est la première femme africaine à avoir reçu le prix Nobel de la paix. Disparue en 2011, elle continue d’inspirer les mouvements écologistes du monde entier.

Pour en savoir plus : www.greenbeltmovement.org

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