Ici c’est là bas et là bas c’est ici

Introduction

Coopération citoyenne entre la région PACA et le reste du bassin méditerranéen

, par Le Ravi , ROUCHARD Samantha

La coopération n’est pas qu’un catalogue institutionnel de pieuses intentions ou le cheval de Troie d’intérêts financiers ou politiques. Pour preuve, les nombreux liens entre les pays de la Méditerranée et ceux qui vivent en Provence-Alpes-Côte d’Azur. L’identité de cette région n’est pas figée. Elle se construit et s’enrichit grâce aux différents projets favorisant les échanges et les mélanges, portées par de nombreuses initiatives citoyennes ou associations locales. Qu’il s’agissent de défendre la liberté d’expression, de dénoncer les manquements aux droits humains dont ceux des minorités, de mettre en lumière des cultures différentes, d’échanger autour de pratiques artistiques, ou encore de rester solidaire malgré le confinement… Petite tournée en 12 étapes qui démontrent qu’ici c’est là bas, que là bas c’est ici.

Notre tour d’horizon a débuté par un focus sur l’association Shams qui signifie "soleil" en arabe, et qui, en effet, est un peu la lumière au bout du tunnel pour certains homosexuels du Maghreb. Un pied à Tunis, l’autre à Marseille, elle fait le pont entre un pays où l’homosexualité est encore condamnée à trois ans de prison ferme et la Cité Phocéenne où celles et ceux qui choisissent l’exil trouvent souvent refuge.

Nous sommes ensuite partis dans le nord du Maroc avec la Carav’âne de l’association d’éducation populaire Chouf Chouf, basée à Forcalquier (04) qui à travers des chantiers solidaires permet à des jeunes de Paca et de Tanger de vivre une expérience unique de partage et d’échange. Les voyages forment la jeunesse, surtout celle qui y a rarement accès. Le projet Jeunes des deux Rives porté par la Ligue de l’enseignement des Bouches-du-Rhône permet quant à lui, à des adolescents et jeunes adultes issus des quartiers populaires du département de découvrir La Tunisie, Le Liban ou encore Le Maroc à travers des projets culturels et de citoyenneté. Nichée dans une jolie bastide des quartiers nord de Marseille, les services volontaires palestinien, algérien et tunisien de l’association Une Terre Culturelle travaillent eux aussi sur des projets communs aussi variés que l’agriculture, les questions de genre, le sport, la réconciliation entre deux pays, etc. et non pour autre ambition que celle de construire la paix.

La coopération entre les deux rives est aussi artistique avec le festival Film Femmes Méditerranée qui met à l’honneur les talents cinématographiques des réalisatrices d’ici et de là-bas. Du côté de l’association Fontaine Obscure à Aix-en-Provence, c’est l’image qui est mise en avant et comment, de sa rive, un photographe libanais et un français envisagent un même sujet. Le sport aussi sert de passerelle à la coopération. Entre Gardanne et Gaza, nous avons rencontré des citoyens et des collectifs engagés qui ont un double objectif, celui de faire découvrir un sport méconnu, le foot amputé et de sensibiliser au sort du peuple palestinien. Dans ce panorama d’initiatives qui s’envisagent entre ici et là-bas, le Festival international du dessin de Presse de l’Estaque, quant à lui, brandit chaque année ses crayons à la rescousse de la Liberté d’expression. Donner de la voix et se faire entendre c’est ce que prônent aussi Radio activité et Radio Souriali en tendant le micro à l’autre rive.

Notre tour d’horizon s’est achevé en pleine période de confinement avec tout ce que cela implique d’incertitudes pour l’avenir, de peur de voir ces mains tendues ne plus pouvoir s’atteindre l’une l’autre. Mais souvent la créativité et l’inventivité naissent de la crise. Et c’est sur une note d’espoir que notre diaporama se termine, la solidarité étant plus virale que le Covid-19 !