Gérer l’incertitude en prison

Les prisons face à la crise sanitaire : réactions, mesures, conséquences

, par Prison Insider

Prison Insider et le Centre d’études sur la Justice et la Société (Chili) proposent une analyse de la première année de pandémie dans les prisons de onze pays  : Argentine, Brésil, Chili, Costa Rica, France, Irlande, Nouvelle-Zélande, Norvège, Espagne, Afrique du Sud et Thaïlande.

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La pandémie de COVID-19 surprend la plupart des gouvernements en raison de sa propagation rapide, de sa complexité et de son intensité. Faute de préparation, répondre à la crise et ses évolutions relève plus d’une capacité d’adaptation au jour le jour que d’une véritable gestion. Les prisonniers du monde entier sont menacés, les prisons sont qualifiées de “bombes à retardement”. Dans de nombreux pays, l’accès aux soins en détention est insuffisant, la surpopulation et l’insalubrité des locaux compliquent sinon rendent impossibles toutes les mesures de prévention. Le ralentissement des contaminations, lorsqu’il est constaté, s’effectue à un prix élevé : les prisonniers sont presque entièrement coupés de l’extérieur. Pas ou peu de visites, pas ou peu de contrôle. Loin des yeux, loin des coeurs. Les droits sont bafoués. Les prisonniers ressortent, dans certains pays, relativement indemnes de la première vague de coronavirus, mais plus isolés que jamais. Le silence dans lequel sont plongées les prisons a-t-il étouffé les véritables conséquences de la crise ? Déjà, des voix s’élèvent et pointent des mauvais traitements non rapportés, une augmentation du risque suicidaire et d’autres problèmes de santé psychique.

Les appels au respect des droits de prisonniers formulés par les défenseurs des droits humains et les organisations de la société civile sont, depuis des années, rarement prises en compte. Le coronavirus incite les autorités à (ré)agir rapidement et à prendre des décisions pragmatiques. Il en résulte une réduction rapide de la surpopulation, une augmentation des ressources allouées aux soins, un déploiement de moyens supplémentaires de communication avec l’extérieur : autant de demandes déjà formulées et cette fois entendues. La réalisation, dans un délai très court, de mesures en accord avec le respect des droits fondamentaux des personnes détenues souligne une chose : les normes internationales en matière de détention sont non seulement réalisables, mais surtout indispensables et ce, tant lors de crises qu’en temps normal. Un défi se présente désormais aux pouvoirs publics : celui qui consiste à tirer les leçons de la crise sanitaire et inscrire ces changements dans la durée.

Analyse dans les prisons de onze pays : Argentine, Brésil, Chili, Costa Rica, France, Irlande, Nouvelle-Zélande, Norvège, Espagne, Afrique du Sud et Thaïlande.

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