France : un projet d’habitat participatif au système d’assainissement révolutionnaire

Une initiative sur l’eau

, par Agenda de la Solidarité Internationale

Chaque mois, à travers une thématique, l’agenda de la solidarité internationale propose de revenir sur deux initiatives portées par des associations, citoyen·nes, ONG, etc. pour provoquer le changement. L’objectif est de comprendre les grandes problématiques internationales, montrer le pouvoir des mobilisations et donner des envies d’engagement.
Nous vous offrons donc, tout au long de l’année, des extraits de notre agenda. En août, la lumière est mise sur l’eau.

Image par Martin Slavoljubovski de Pixabay

Quand on pense aux toilettes sèches, on imagine souvent un festival de musique alternatif et un dispositif extérieur. Pour la première fois en France, un projet d’habitat participatif a prévu un système d’assainissement écologique pérenne, avec des toilettes sèches, dans chaque logement. Des toilettes sans eaux, c’est donc la première initiative de ce genre qui prendra place à l’Ôôôberge, à Dol-de-Bretagne. De telles expérimentations ont eu lieu dans d’autres pays européens, mais pas en France.

Concrètement, comment cela va fonctionner ? Pas de chasse d’eau ni de sciure dans les toilettes. Il n’y aura qu’à actionner une pédale : les urines descendront par un tuyau dans une cuve commune sous la terrasse du bâtiment et les excréments partiront sur un petit tapis roulant jusque dans un réceptacle, une sorte de « coffre », à l’intérieur de chacun des 23 logements. Une logistique simple et efficace, sans manipulation. C’est un maître-composteur qui viendra récolter le contenu de ces coffres tous les six mois. Pour compléter le tout, un système de ventilation aspirera l’air à l’intérieur des habitations, ce qui empêchera tout reflux de mauvaises odeurs.
En plus d’éviter la pollution des rivières bretonnes, ces déchets polluants seront transformés en ressources. Les excréments serviront à fabriquer du compost, aux côtés de lisiers d’animaux et de déchets verts de la région. L’urine pourrait servir d’engrais. 

D’autre part, les logements seront accessibles aux personnes handicapées et certains seront loués à des prix modérés.

La construction des quatre bâtiments de deux étages, démarrée en juin 2019, devrait se terminer fin 2020, pour accueillir une soixantaine de personnes. D’autres projets d’habitat participatif, notamment en Bretagne, où les problématiques liées à la qualité de l’eau sont importantes, envisagent de s’inspirer de cette initiative.