Droit à la ville

Le droit à la ville est à entendre selon trois aspects : le droit à habiter la ville et jouir effectivement et convenablement de ce droit ; la possibilité de pouvoir participer et prendre part aux décisions pour améliorer la qualité de vie urbaine ; et enfin, le caractère opposable que comporte ce droit face à d’autres dispositions qui lui seraient contraires.
Il implique donc des conditions matérielles (logement décent), socioéconomiques (travail rémunérateur), logistiques et environnementales (« habiter une ville belle, commode, saine, respectueuse de l’environnement »), mais aussi politiques (« la reconnaissance du droit de chacun […] de participer comme citadin […], comme usager de la ville, aux décisions d’aménagement et d’urbanisme ») et juridique (« le droit de critiquer tel ou tel dispositif, au motif que le droit à la ville n’est pas respecté ») [1].
Les processus de démocratie urbaine sont donc constitutifs du droit à la ville.

Définition développée

Le Réseau global pour le droit à l’habitat et la justice sociale (HIC) précise : « Le droit à la ville n’est pas seulement un droit d’accès à ce qui existe déjà » mais c’est aussi le droit de faire évoluant l’existant « en créant un type de socialité urbaine ». L’affirmation politique du droit à la ville est donc un enjeu « dans une société où les droits inaliénables à la propriété privée et le bénéfice l’emporte sur toute autre conception des droits inaliénables » [2].
En d’autres termes, le droit à la ville comprend non seulement le droit à habiter, utiliser et évoluer dans un espace urbain, mais aussi « un droit de participation au sein de la ville via une véritable inclusion de l’individu dans le processus de décision démocratique ; et, point le plus crucial pour [Mark] Purcell, le droit d’habiter la ville par l’accès aux ressources appropriées (services, infrastructures, emplois, etc.) » [3].
À l’image du site Alliance21, on peut alors décliner plusieurs aspects du droit à la ville (le droit à un logement, le droit de se nourrir, le droit à un environnement sain et le droit à des déplacements aisés) et rappeler que si « l’espace n’existe jamais en soi ou objectivement [mais qu’il] est l’espace des relations » (R. Jaulin) alors « revendiquer un espace, un territoire en ville […] C’est demander le plein exercice de droits plus fondamentaux […] et ouvrir des espaces pour la rencontre, la créativité, l’exercice de la citoyenneté, pour la beauté, le plaisir, le lien plus important que le bien » [toutes les citations de ce paragraphe sont extraites de Alliance 21, À qui appartient la ville ? Du droit à la ville, http://www.alliance21.org/2003/article756.html#nb6 ; faisant lui-même référence à : R. Jaulin, Exercices d’ethnologie, PUF, Paris 1999, p. 75 ; & Viveret P., Reconsidérer la richesse, rapport d’étape de la mission Nouveaux facteurs de richesse au secrétaire d’Etat à l’économie solidaire, M. Guy Hascoët in Transversales, n° 70 , 2001]].

Historique de la définition et de sa diffusion

C’est à Henri Lefebvre que l’on doit la première formulation du droit à la ville, dans son ouvrage éponyme paru en 1968.

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