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Dossier La Souveraineté technologique

Développons l’informatique paysanne, élevons des chatons

, par AMIPO

Introduction

Ces dernières années, nous avons constaté une centralisation des usages du net entre un nombre très limité de fournisseurs de services en ligne incarnée par les désormais bien connus GAFAM (Google, Apple, Facebook, Amazon, Microsoft). Cette concentration, complètement contradictoire avec les origines d’Internet pensé de façon décentralisée et distribuée [1], a poussé Tim Berners Lee, le créateur du web, à formuler des propositions pour son avenir [2]. Alors pourquoi faut-il s’en préoccuper ? Tout simplement parce que les données, et particulièrement nos données personnelles, constituent le carburant économique de ces gros acteurs, et qu’une telle accumulation d’informations à notre sujet leur confère un pouvoir immense, nous transformant en « produits » grâce à leur services « gratuits ». Les enjeux autour de ces questions sont au final multiples et complexes : surveillance généralisée, intelligences artificielles alimentées par le « big data », fin de l’anonymat et de la vie privée, liberté d’expression et d’accès à l’information endiguée, censure ou pertes de données suite à la fermeture d’un service… Fort heureusement, une bande d’irréductibles gaulois réunis autour de l’association Framasoft [3] a vaillamment entrepris de « dégoogliser » Internet [4] et d’essaimer cette initiative pour que nous puissions « reprendre le contrôle » [5].

Les dangers

Espionnage
Sous le prétexte de fournir une « meilleure expérience utilisateur », nos comportements sur Internet sont espionnés en permanence. Ces informations peuvent servir à afficher de la publicité ciblée, mais les révélations de l’affaire Snowden ont aussi prouvé que les géants de l’Internet étaient contraints de communiquer ces données (parfois extrêmement privées : emails échangés sur GMail, photos partagées sur Facebook, conversations Skype, géolocalisation des téléphones, etc.) à des services gouvernementaux. Sous prétexte de lutter contre le terrorisme, les États sont aujourd’hui capables d’obtenir bien plus d’informations qu’un « Big Brother » ne l’aurait jamais rêvé.

Vie privée
Nos données sont une extension de nous-mêmes. Elles peuvent indiquer où nous sommes, avec qui, notre orientation politique ou sexuelle, les sites que nous avons visités, notre recette préférée, les sujets qui nous intéressent, etc.
Si une donnée seule, prise indépendamment, n’est pas forcément sensible, un ensemble de données peut le devenir (par exemple, si vous avez fait des recherches sur le cancer avant de souscrire à une assurance-vie).

Dans un monde où tout devient numérique (lecture, TV, téléphonie, musique, réseau social, objets connectés etc.), notre vie privée est un élément essentiel de ce qui fait de nous une personne singulière. Une personne malveillante qui aurait accès à votre smartphone peut en apprendre suffisamment sur vous en quelques minutes pour vous causer des torts très importants (usurpation d’identité sur Facebook, détournement d’informations professionnelles, achats effectués sans votre accord, etc.).

Centralisation
Les acteurs majeurs de l’internet sont devenus de véritables pieuvres : Facebook possède WhatsApp et Instagram, Google détient Youtube et Waze, Microsoft distribue Skype, etc.

Cette concentration des acteurs pose de multiples problèmes : que se passera-t-il si Facebook met la clé sous la porte ? Comment faire des recherches si Google subit une panne ? Nous devenons peu à peu dépendants de services fournis par un petit nombre d’acteurs. Par exemple, Apple (iPhone), Google (Android) et Microsoft (Windows Phone) se partagent la quasi-totalité du marché des systèmes d’exploitation pour smartphones.

Par ailleurs, la taille de ces acteurs bride l’innovation : difficile de lancer une start-up face à Apple ou Google (respectivement première et deuxième capitalisations boursières mondiales).

Enfin, le manque de diversité de ces géants leur donne aussi la possibilité non seulement de collecter facilement des informations personnelles, mais aussi d’altérer l’information qu’ils diffusent (une recherche Google sur le mot « nucléaire » n’affichera pas les mêmes liens suivant que Google vous perçoit comme un militant écologiste ou un pro-nucléaire).

Fermeture
Les services web affichés sur votre ordinateur ou votre smartphone sont généralement exécutés dans le « cloud » : des serveurs dispersés sur la planète, stockant à la fois vos données (mails, photos, fichiers, etc.) mais aussi le code des applications.

Pour les données, cela pose le problème de leur pérennité (que deviennent vos fichiers si Dropbox ferme demain ?) mais aussi de votre capacité à changer de services (comment faire pour récupérer l’ensemble de vos photos sur Facebook ou Picasa, et les réinsérer avec les commentaires dans un autre service ?).
Pour les applications, cela implique que vous êtes à la merci de changements impromptus selon le bon vouloir du fournisseur (ajout de publicité, modification de l’interface, etc.), mais surtout que vous n’avez quasiment aucun contrôle sur ce que l’application peut faire. Ce sont des « boîtes noires » qui peuvent agir de façon malveillante (envoyer des SMS à votre insu, exécuter du code indésirable, etc.).
Bref, ces sociétés nous enferment dans des cages dorées, certes, mais des cages malgré tout !

Dégooglisons Internet

Framasoft, à travers l’initiative « Degooglisons Internet », souhaite faire face à ces dangers menaçant nos vies numériques en proposant des services libres, éthiques, décentralisés et solidaires. Ils dressent ainsi une liste des services et logiciels privateurs les plus couramment utilisés en mettant en regard des logiciels libres correspondant à ces usages et les services qu’eux mêmes proposent [6].
En 2017, une quarantaine de services en ligne est proposée gratuitement aux internautes afin de couvrir une variété d’usages : stockage de fichiers de type « cloud » personnel, agenda, contacts, édition collaborative de documents, visioconférence, cartographie, carte mentale, réunion et sondage, liste de diffusion, réseau social, livres en ligne, moteur de recherche, jeu éducatif, gestion de projets… La liste est longue mais « la voie est libre ».

Liberté
L’histoire d’Internet elle-même est une histoire de logiciels libres, tant du point de vue des standards que des protocoles employés. Sa popularité et son potentiel font aussi des envieux, et de grandes entreprises aimeraient s’en attribuer le contrôle en imposant du code fermé dans des systèmes verrouillés et non-interopérables.
Pour qu’Internet reste fidèle à ses principes fondateurs qui l’ont conduit à son succès, nous devons y trouver des applications libres, c’est-à-dire dont le code source est ouvert, accessible et sous licences libres.

Éthique
Framasoft s’engage à n’utiliser que des logiciels au code source « libre » en plébiscitant un Internet fait de partage et d’indépendance.
L’exploitation, la surveillance, la censure et l’appropriation des données sont des valeurs que Framasoft refuse au profit de la transparence (la probité), de l’exposition claire des conditions d’utilisation des services, et du refus des discriminations.

Framasoft s’engage ainsi à ne pas exploiter les données des utilisateurs de ses services, et à promouvoir un Web ouvert et équitable.

Solidarité
Les services que Framasoft propose promeuvent un modèle économique fondé sur la mutualisation des coûts, le partage des ressources, et l’accessibilité au plus grand nombre.

Ce modèle possède aussi un caractère éducatif car en documentant le déploiement des services, un grand nombre d’utilisateurs seront en mesure de partager à leur tour ces ressources.

Nous pensons que ne pas infantiliser les utilisateurs et faire partager la responsabilité de l’utilisation des services permettra de réguler les abus.
Framasoft s’engage à promouvoir le respect et l’autonomie de ces utilisateurs (tant que la réciproque sera vraie).

Décentralisation
L’intelligence d’Internet doit reposer sur chaque acteur du réseau dans une dynamique de partage de pair à pair, pour éviter de créer un Minitel 2.0 [7].

Pour assurer l’égalité de tous, citoyens comme entrepreneurs, les monopoles doivent non seulement être évités, mais empêchés de s’accaparer les données personnelles ou publiques.

En expliquant, par des tutoriels, comment multiplier les solutions libres permettant un Internet plus équitable, Framasoft facilite l’essaimage du code et diversifie les usages.

Framasoft s’engage également à faciliter l’auto-hébergement et l’interopérabilité, afin de ne pas « enfermer » ses utilisateurs.

Le projet C.H.A.T.O.N.S.

Face au succès remporté par sa campagne de degooglisation d’Internet, Framasoft a vu le nombre d’utilisateurs de ses services en ligne grimper en flèche en même temps que la charge de travail pour les maintenir, et assurer le support tout en continuant à en proposer de nouveaux. L’association, animée par cinq permanents, vit principalement des dons et ne souhaite pas grossir pour rester à taille « humaine ».

Pour prolonger cette dynamique et encourager la décentralisation des services, Framasoft a alors lancé l’initiative C.H.A.T.O.N.S. [8] (Collectif des Hébergeurs Alternatifs, Transparents, Ouverts, Neutres et Solidaires) afin de rassembler différentes structures et initiatives qui hébergent des services, données et contenus à leur manière tout en respectant un manifeste et une charte communs [9].

Ces deux documents sont rédigés et modifiés collectivement par les membres du collectif, pour tenir compte de l’évolution tout autant des différentes structures que de l’environnement social, technique et légal de l’hébergement de données en France.

Politique générale
Le collectif CHATONS possède un mode de gouvernance qui s’inspire directement du Logiciel Libre. Les décisions concernant l’évolution du collectif et de la charte seront prises de manière collégiale. À la manière d’un code source, le modèle du collectif pourra être dupliqué et modifié pour qu’il puisse s’adapter, par exemple, à des particularités régionales.

Chaque membre est invité à participer aux décisions collectives qui se prendront, autant que faire se peut, de façon consensuelle. En cas de conflit d’opinion, les décisions pourront être prises à la majorité simple.

Le domaine chatons.org est maintenu et hébergé par Framasoft (tant que cela sera possible et sauf si le collectif en juge autrement). Il comportera un site web, comprenant la liste des membres, ainsi qu’une liste de diffusion permettant d’animer le collectif par l’échange entre ses membres. Ces derniers seront invités à collaborer aux contenus diffusés par ce site, de manière à communiquer publiquement des informations relatives au CHATONS et à l’hébergement libre.
Il n’existe aucun statut administratif du CHATONS puisqu’il consiste principalement en une liste publique recensant ses membres, ainsi qu’en un ensemble de documentation visant à faciliter l’échange de savoirs, la capitalisation de bonnes pratiques, et l’essaimage.

Toute organisation respectant les principes du présent manifeste et de la charte du CHATONS peut prétendre à en devenir membre. Pour être maintenue en tant que membre, elle devra communiquer au collectif les informations concernant son point de contact et inscrire au moins l’un de ses propres membres sur la liste de discussion.

Après discussion et éventuellement quelques conseils proposés, un vote à la majorité simple pourra avoir lieu concernant l’acceptation de cette nouvelle organisation par le collectif.

Un ou plusieurs membres peuvent toutefois se réserver le droit de réclamer le retrait d’un autre membre à condition :

_*d’étayer la proposition à partir d’arguments probants diffusés à l’ensemble des membres ;
_*d’accepter un vote collectif, avec ou sans débat contradictoire.

Conscient qu’il n’est pas possible de garantir le respect de l’ensemble des points de la Charte des CHATONS sans nuire à la confidentialité des données personnelles hébergées sur les systèmes informatiques des membres, le contrôle entre pairs sera de facto imparfait. Le collectif repose donc avant tout sur la confiance et la bienveillance que s’accordent les membres entre eux.

Les CHATONS devront donc trouver, entre eux, et dans le respect des points de vue chacun, les bonnes pratiques et règles d’inclusion, de mise en cause ou d’exclusion des membres, dans l’intérêt prioritaire du respect des libertés fondamentales et de la vie privée des utilisateurs des services du collectif.

Les engagements
Les membres du collectif s’engagent à respecter la charte du collectif, dont les principes sont les suivants.

Transparence, non-discrimination et données personnelles
La probité est le maître-mot de ces engagements, selon différents points visant à asseoir la fiabilité des services proposés et la confiance des utilisateurs dans ces derniers. Les conditions générales d’utilisation (CGU) doivent être parfaitement claires, accessibles et non contradictoires avec la charte des CHATONS.

L’hébergeur doit assumer et afficher une politique ouverte de gestion des comptes utilisateurs : sans discrimination, que l’accès soit gratuit ou payant, et dans le respect de la juridiction du pays concerné.

L’hébergeur s’engage à laisser la possibilité pour tous les utilisateurs de pouvoir récupérer leurs données personnelles, chiffrées ou non, sauf dans le cas de services particuliers reposant sur le transfert éphémère et chiffré d’informations personnelles.

Ouverture, économie, protection
Les services proposés doivent satisfaire à quelques exigences techniques. Les serveurs doivent notamment reposer sur des solutions logicielles libres. Ces logiciels permettront de rendre possible la reproductibilité du service sans générer de développements supplémentaires quant à la structure du serveur, ou alors à titre de contribution à ces logiciels libres.

L’utilisation des formats ouverts est obligatoire, à minima pour toutes les données diffusées à destination des utilisateurs. Cela suppose une politique affirmée en faveur de l’interopérabilité. Ainsi, lorsque l’utilisation de formats ouverts est impossible (par exemple s’il faut télécharger un programme à installer sur un système d’exploitation privateur), les données doivent être sous licence libre et disponibles pour un maximum de systèmes d’exploitation. Les sources doivent être rendues accessibles.

Les membres du CHATONS s’engagent à respecter les termes des licences libres des logiciels qu’ils utilisent (y compris mentionner ces licences, renvoyer vers les sources, etc.).

En matière d’éthique, le sponsoring est accepté, ainsi que le mécénat, le don, ou le fait d’avoir un modèle économique consistant à faire payer des fonctionnalités ou même tout le service. Le modèle économique de chaque membre du CHATONS doit être clairement exprimé sur une page dédiée que l’utilisateur peut facilement consulter et comprendre. Évidemment, les aspects économiques de l’activité de chaque membre du CHATONS doivent être rigoureusement conformes avec la législation du pays concerné.

En revanche, il ne sera accepté aucune publicité en provenance de régies publicitaires. À ce titre, aucune exploitation des données personnelles ne sera accomplie, le suivi des actions des utilisateurs ne pourra se faire qu’à des fins uniquement statistiques et légales, les adresses des utilisateurs ne pourront être utilisées qu’à des fins administratives ou techniques. Les outils statistiques devront, eux aussi, être libres et remplir les conditions du Collectif.

Solidarité et essaimage
Les membres du CHATONS se doivent entraide et assistance, par une liste de discussion dédiée ou par tout autre moyen à leur disposition, y compris la tenue d’assises ou de réunions périodiques. C’est ainsi que les membres du CHATONS pourront faire progresser leurs services. Un des moyens les plus efficaces pour maintenir cette entraide systématique est de contribuer au développement des logiciels libres utilisés.

Les membres ne doivent cependant pas demeurer dans un entre-soi qui ne satisfera qu’un nombre limité de personnes, générateur de discrimination dans l’accès aux services. Au contraire, tous les efforts de communication envers le public sont encouragés de manière à essaimer les solutions d’hébergement libres et créer du lien autour des principes défendus par le collectif. Les moyens doivent être mutualisés et peuvent passer par des formations, des séances d’information publiques, la tenue de stands lors de diverses manifestations, des interventions lors de conférences, la publication de plaquettes, etc.

Neutralité
Les services d’un membre du CHATONS ne pourront être hébergés par un acteur qui, par réputation, ne favorise pas la neutralité du réseau.

Les paquets de données doivent transiter sur les services du membre du CHATONS sans discrimination, ce qui signifie qu’il ne doit pas en examiner le contenu, la source ou la destination.

Aucun protocole de communication ne pourra être privilégié dans le mode de distribution des informations. Et aucune donnée ne pourra voir son contenu arbitrairement altéré.

La neutralité du CHATONS est aussi une neutralité politique dans la mesure où les convictions de chaque membre ne seront ni examinées ni sanctionnées tant qu’elle n’outrepassent pas le cadre législatif en vigueur.

AMIPO, expérience d’un CHATONS en construction à Orléans

L’Association de Maintien de l’Informatique Paysanne Orléanaises (AMIPO) est une déclinaison des AMAP françaises (Association d’agriculteurs bio qui fournissent directement leurs fruits et légumes aux personnes abonnées), avec l’idée d’aller chercher ses bons octets chez l’association du coin plutôt que dans un « supermarché » américain. Le « paysan » est aussi celui qui travaille à son autosuffisance tout en contribuant à faire évoluer son environnement et son paysage…

S’inscrire localement dans l’initiative C.H.A.T.O.N.S. commence par réunir un premier groupe de personnes motivées par l’idée de réfléchir de manière pratique au pourquoi du comment. De premiers prototypes de services installés sur des serveurs de récupération derrière un accès internet définitivement dissymétrique (plus de capacités de téléchargement que d’envoi avec l’ADSL [10]), il s’agit de passer en « production » sur des serveurs hébergés chez des prestataires à l’éthique synchrone avec nos valeurs de départ (Comme ARN [11] en Alsace ou Tetaneutral [12] à Toulouse).

Cela implique de monter une structure juridique (en l’occurrence une association collégiale [13], sans président ni bureau), ouvrir un compte en banque, organiser une soirée de lancement pour récolter des fonds, créer des contenus de sensibilisation et des formats d’ateliers dans une logique d’éducation populaire, s’accorder sur les technologies employées et les services proposés, définir si la page d’accueil du site se doit d’être en http ou https, créer les outils de communication et de documentation, s’organiser pour installer et administrer collectivement les serveurs, s’assurer que l’on est en accord avec la charte en mettant notamment en place des sauvegardes, proposer des temps et de canaux de communication pour pouvoir répondre aux questions des utilisateurs…

L’AMIPO est ainsi partie pour proposer en premier lieu un service de « cloud personnel » (basé sur NextCloud) qui permette de stocker ses fichiers, contacts et agendas, et ce gratuitement, avec la possibilité de disposer d’un espace plus important en adhérant à l’association. Les envies du collectif ne s’arrêtent pas là, il pourrait s’agir de proposer ensuite un service de VPN (Réseau Privé Virtuel [14]), de travailler au chiffrement de bout en bout afin que nous ne puissions pas non plus regarder les données qui nous sont confiées, puis d’être en capacité de proposer des services aux associations locales ou d’accompagner les projets coopératifs dans leur outillage informatique.

Avec nos doigts calleux de paysans informatiques bourrus, nous souhaitons ainsi planter un maximum de graines dans la têtes de nos condisciples pour que les petits chatons de pixels gambadent sur des chemins libres et arborés.

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