Des palmiers et des hommes : Comment la SOCAPALM viole les droits sociaux et environnementaux des communautés locales

, par Association Sherpa

MISEREOR (Allemagne), le Centre pour l’environnement et le développement (Cameroun), la FOCARFE (Cameroun) et l’association SHERPA (France) publient ce jour un rapport qui dresse le bilan de la privatisation de la SOCAPALM (Société Camerounaise de Palmeraies), la plus importante exploitation d’huile de palme au Cameroun.

Avant l’installation de la SOCAPALM, la région était couverte d’une forêt pluviale de type guinéo-congolais exceptionnellement riche en biodiversité. Elle était habitée par des populations de paysans-chasseurs Bantous mais également, dans la région de Kienké, par des communautés de chasseurs-cueilleurs Bagyeli (« pygmées »), toutes deux dépendantes, à des degrés différents, des ressources forestières que ce soit pour leur alimentation, leur pharmacopée, ou encore pour leur spiritualité.

Avec l’arrivée de l’entreprise en 1968, des hectares de forêt ont été défrichés puis progressivement remplacés par des monocultures de palmier à huile, réduisant d’autant les surfaces sylvicoles jusqu’alors utilisées par les populations locales pour leurs activités de chasse et de collecte. Avec l’implantation de la SOCAPALM, ce sont pareillement des milliers d’hectares de terres arables qui ont été soustraits aux populations locales tandis que de nombreuses zones de pêche leur sont devenues inaccessibles du fait de leur localisation à l’intérieur de la plantation.

Dans l’esprit des pouvoirs publics, les désagréments causés aux communautés riveraines de la SOCAPALM devaient être compensés par les services publics ainsi que les opportunités d’emploi et d’affaires qu’offrirait le nouveau complexe agro-industriel. Cependant, faute de rentabilité suffisante, l’entreprise publique n’est pas parvenue à assurer de manière effective lesdites missions de service public.

La privatisation de la SOCAPALM, opérée sous l’impulsion de la Banque Mondiale et du FMI dans le cadre des mesures d’ajustement structurel, était censée donner un nouveau souffle à l’entreprise agro-industrielle et in fine, apporter aux communautés locales les contreparties promises. Il n’en est cependant rien : loin d’apaiser les tensions entre l’entreprise agro-industrielle et les populations locales, la privatisation n’a fait qu’aggraver le sort de ces communautés. La logique de profit qui anime depuis 2000 la société privatisée semble en effet mal s’accommoder avec les aspirations et besoins des populations locales qui ont désormais coutume d’évoquer la SOCAPALM en ces termes : « A la SOCAPALM, un palmier vaut bien plus que cent hommes ».

Les populations locales ne bénéficient pas des débouchés d’emploi et d’affaires qu’offre la plantation ; la manière dont la société conduit ses activités altère la qualité de leur environnement et présente un risque sérieux pour leur santé. Les communautés riveraines vivent par ailleurs sous la menace permanente des rondes menées par les agents de la société de surveillance. Les salariés de la plantation se voient imposer des conditions de travail et d’hébergement déplorables. Lire...

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