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Dossier Où vont les Sans-papiers ?

Derrière les mots, quelles réalités ?

, par CIIP

Les filières de migration

Attirés par les promesses supposées d’une Europe riche et prospère, des millions d’individus sont prêts à prendre des risques personnels et financiers très importants pour quitter leurs pays.

Souvent manipulés et dépouillés de toutes leurs économies et parfois des économies de tout un village, la détresse de ces individus alimente ainsi des réseaux mafieux de passeurs et d’employeurs clandestins peu scrupuleux.

Les conditions de voyage proposées à ces candidats à l’ « Eldorado » européen sont inhumaines. Entassés dans des embarcations de fortune ou dans des cales de bateaux, pendant des jours, sans nourriture et sans eau (ou si peu) et sans hygiène, ils mettent leur vie en péril pour être, la plupart du temps, refoulés manu militari une fois arrivés à destination.

Pour ceux qui parviennent à passer les frontières européennes, beaucoup alimentent une économie souterraine de travail clandestin dans des conditions relevant de l’esclavagisme : horaires et cadences infernales, salaires dérisoires et vie sous la menace d’une dénonciation… Malgré la volonté de démanteler ces réseaux, les moyens de contrôle et de sanction ne sont pas suffisamment importants pour être efficaces et ces situations perdurent.

Le quotidien des sans-papiers

Les sans-papiers sont des hommes ou des femmes seuls mais aussi des familles avec des enfants.

La plupart des sans-papiers sont des travailleurs victimes des politiques économiques libérales et certaines catégories de sans-papiers sont particulièrement fragiles…

Les enfants sont sans doute ceux qui subissent le plus durement la situation de leurs parents ou leur propre situation. De plus en plus, ils sont un moyen pour les autorités de localiser et arrêter leurs parents afin de prendre à leur encontre des mesures de reconduite à la frontière. Ils sont également les victimes par ricochet des problèmes de logement et de santé de leurs parents. Enfin, leur intégration et l’apprentissage de la langue est souvent plus rapide pour eux que pour leurs parents. Ils servent d’interprètes et sont d’autant plus confrontés à des situations qu’ils ne sont pas préparés à vivre à leur âge… Pour certains, ils ont déjà entamé leur scolarité et les liens avec le pays d’origine n’existent pratiquement plus. Leur arrestation et leur reconduite à la frontière sont vécues comme un véritable déchirement, à tel point que des associations se sont créées pour défendre les droits de cette catégorie particulière de sans-papiers.

Les femmes sont souvent victimes d’une double discrimination : raciale et sexuelle. Certaines d’entre elles sont trompées par des passeurs qui leur promettent un travail en Europe alors qu’elles sont destinées à alimenter des réseaux de prostitution.

Enfin, les homosexuels sans-papiers rencontrent des difficultés particulières. Souvent, c’est en raison même de leur orientation sexuelle qu’ils sont persécutés dans leur pays d’origine. Des associations de défense des droits des sans-papiers homosexuels ont été créées pour accompagner cette population.

Les mineurs isolés

Des mineurs arrivent seuls sur le territoire français ou dans d’autres pays européens.

Cette situation nouvelle met en évidence les carences importantes existant en matière d’accueil de cette catégorie particulière de sans-papiers issus pour beaucoup des pays d’Europe Centrale et Orientale (PECO).

Les sans-papiers sur le territoire français : insécurité et absence de droits

Les conditions d’accueil des sans-papiers potentiels en France sont de plus en plus difficiles et contestables. Le nombre croissant de sans-papiers (du fait même des restrictions de la législation) combiné à une volonté manifeste des pouvoirs publics de décourager l’immigration a conduit à des conditions d’accueil désastreuses. Les dispositifs mis en place sont de plus en plus dépassés par l’ampleur de la tâche et la faiblesse des moyens qui leur sont donnés.

Parallèlement, les conditions de vie au quotidien des sans-papiers sont extrêmement précaires. Ils n’ont pas droit au travail, ils sont contraints d’alimenter des réseaux de travail clandestin qui confinent à l’esclavage, conséquence d’une économie libérale qui voit ces sans-papiers comme une aubaine pour certains secteurs d’activité qui ont besoin de main d’oeuvre corvéable à merci. Privés de revenus, ils n’ont pas accès non plus au logement de droit commun, et leur accès aux soins de santé est menacé.

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