Croissance/décroissance : une polémique à dépasser

Comment mesurer le « bien-être » ?

, par CDTM 34

Même si on admet généralement que la croissance ne peut pas continuer indéfiniment, les partisans de la décroissance ont du mal à se faire entendre parce que d’emblée ils donnent l’impression de vouloir imposer une perte de qualité de la vie et de bien-être. Mais il faudrait d’abord s’interroger sur la nature du bien-être et sur ce qu’on utilise pour le mesurer : les deux questions sont liées parce qu’on mesure ce qui nous intéresse et ce qu’on mesure nous intéresse, c’est-à-dire que les représentations qu’on donne de la réalité nous parlent de ce qu’on considère important et de ce qui va guider notre action future. Le PIB a longtemps été le roi incontesté des indicateurs pour définir la richesse internationale et sa progression, mais selon les objecteurs de croissance il est temps de comprendre ses limites :

  • Tout ce qui peut être acheté et vendu avec une valeur ajoutée monétaire va gonfler le PIB et la croissance, indépendamment du fait que cela ajoute ou non du bien-être individuel ou collectif (par exemple, la construction d’une école est équivalente à la construction d’armes) ;
  • Plusieurs activités qui sans aucun doute contribuent au bien-être d’une société ne sont pas comptées (par exemple le bénévolat ou le travail domestique) ;
  • Le PIB est indifférent à la répartition des richesses, aux inégalités et à la pauvreté.

En somme, le PIB et sa croissance indiquent le « beaucoup-produire » d’une société dans le domaine monétaire et marchand, ce qui n’a rien à voir avec le bien-être.

Après ces réflexions critiques, on a enregistré un nombre croissant d’initiatives pour la création de nouveaux indicateurs de richesse. Au niveau international il faut souligner l’élaboration de l’Indice de Développement Humain (IDH) par le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD), qui est calculé par combinaison de l’espérance de vie à la naissance, le taux de scolarisation et le PIB par habitant ; il faut citer aussi l’Empreinte écologique, un indice qui comptabilise l’impact d’un groupe humain sur l’environnement, en transformant les besoins de l’humanité en biocapacité disponible (si tout le monde vivait selon le mode de vie des Français, il faudrait disposer de 2,5 planètes !). Au niveau national de nouveaux indices sont proposés en France, comme le Baromètre des inégalités et de la pauvreté (BIP 40), qui prend en compte la répartition des richesses et l’Indice de santé sociale (ISS), qui part de seize variables élémentaires regroupées en cinq composantes associées à des catégories d’âge (par exemple, la catégorie « enfants » comptabilise la mortalité infantile, la maltraitance des enfants et la pauvreté infantile).

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