Nous vous avions déjà raconté, dans un épisode précédent, l’histoire d’Ibrahima Ba, un camarade Sénégalais en prison en Angleterre. Cette fois, nous avons eu l’envie de nous emparer plus largement de la question de l’enfermement des personnes en mouvement tout au long de la route.
En Europe, quand on parle d’enfermement des étranger·ères, on pense avant tout aux centres de rétention administrative, CRA en France et en Belgique, CPR en Italie, centre de rétention ou d’expulsion en Allemagne. En revanche, on parle beaucoup moins de toutes les personnes en exil qui se retrouvent dans les prisons sous divers chefs d’inculpations, ou de toutes celles qui font des allers retours incessants entre CRA et prison.
Alors dans cet épisode, même si vous retrouverez quelques extraits de lettres de personnes enfermées dans des CRA, on va surtout s’intéresser et donner la parole à celleux qui passent des années en prison, accusé·es notamment d’avoir conduit les bateaux sur lequels iels ont traversé.
Dans Chroniques àmer, nous parlons depuis une position anticarcérale, c’est-à-dire qu’on considère que les prisons ne devraient pas exister, qu’elles tuent, détruisent et ne servent à rien. Que personne ne mérite d’être enfermé·e, peu importe qu’iel soit coupable ou innocent·e, peu importe ce dont elle est accusée.
De même que nous luttons pour que les étranger·ères ne soient pas enfermé·es pour des raisons administratives, nous luttons aussi pour soutenir les personnes accusées d’être des capitaines, ou d’avoir participé à l’organisation des voyages. Nous continuons d’affirmer que toutes ces personnes sont victimes du système raciste des frontières, et que les responsables des morts et des violences resteront toujours les Etats, les gouvernements, la police, les gardes-côtes, l’armée qui n’est là que pour défendre les privilèges des plus riches.
** Attention, parce que la situation aux frontières et dans les prisons est dure et violente, les témoignages qui suivent peuvent être difficiles à entendre. **
Merci à Lamine, Cheikh, Mohammed, Mustapha et Ibrahim pour leurs témoignages,
Merci aussi à toutes les personnes qui ont rendu cette chronique possible. Merci à celleux qui ont participé, prêté leurs voix, monté, fait des retours, et aussi à celles et ceux qui vont la diffuser.
Pour en savoir plus sur l’AlarmPhone et les politiques de frontières maritimes européennes, vous pouvez consulter le site d’AlarmPhone et celui de Watch the Med.
