L’Éducation à la Citoyenneté et à la Solidarité Internationale (ECSI)

Accompagner la transformation sociale par le biais de l’ECSI

, par Avenir En Héritage

Graffiti Zoo-project, (Bilal Berreni) Tunis, 2011 (sources http://www.education-populaire.fr/ et https://www.zoo-project.com/hommage/zoo-project/apercu-de-ses-oeuvres/#gallery-64)

La démarche d’ECSI vise le passage à l’action des participant·es. Dans l’espace d’échanges créé par l’animation, le·la participant·e se voit jouer un rôle d’acteur·rice et non de spectateur·rice ou consommateur·rice de l’information. Il·elle sera invité·e à s’exprimer, débattre, s’informer, questionner, proposer. Les connaissances créées collectivement seront alors appropriées et donneront surtout au·à la participant·e une capacité à envisager des alternatives.

La participation à une animation d’ECSI peut permettre de découvrir ses capacités d’actions et ainsi pousser à prendre des initiatives en mesurant son impact sur la société. Envisager la participation de chacun·e à la vie collective est aussi une façon de se réapproprier les processus démocratiques. C’est aussi pour cela que l’on peut affirmer qu’ECSI et éducation populaire sont des indicateurs d’une société démocratique dynamique.

Changer nos mentalités en vue d’une transformation sociale

Aborder la question des solidarités, c’est réfléchir à ce que nous partageons, ce que nous mettons en commun mais aussi ce qui nous différencie ou nous sépare. Une animation d’ECSI commencera ainsi souvent par faire ressortir les représentations des un·es et des autres sur une situation donnée, afin d’interroger ces dernières, de comprendre d’où elles viennent, puis de déconstruire les préjugés et ainsi pouvoir bâtir une nouvelle compréhension de la situation abordée. Il s’agira par exemple de questionner des termes employés au quotidien, entre proches ou par les médias et pour lesquels les définitions ne sont pas claires : « les pauvres », « les migrant·es », « les minorités », etc. Se détacher des clichés et préjugés qui en découlent, c’est instaurer d’autres rapports entre les hommes et les femmes, plus justes, donnant à chacun·e la même valeur.

En favorisant l’expression de chacun·e et en redonnant du sens aux mots, l’ECSI permet de développer l’esprit critique et donne la liberté d’envisager le monde autrement.

Faire évoluer nos représentations passe aussi bien sûr par un accès à des informations de qualité, diversifiées et fiables. L’ECSI est partie prenante de l’éducation à l’information et aux médias : pouvoir décrypter, savoir chercher et identifier des sources fiables d’information, pouvoir recevoir l’information créée par les premier·ères concerné·es, mais aussi comprendre le système de production de l’information, connaître ses différent·es acteur·rices et contribuer à la création d’une information citoyenne. Sans oublier la question de la diffusion des informations et le numérique. Outil formidable pour entendre d’autres voix et porter des mobilisations citoyennes, le numérique est la courroie d’information qui peut être la plus facilement censurée. Le numérique est en ce sens un véritable enjeu d’ECSI : quelle place dans notre société, pour quels usages et avec quel impact écologique, social et économique ?

L’ECSI pour repenser nos actions de solidarité internationale

Avec les méthodologies utilisées par l’ECSI, la pertinence des projets de solidarité internationale est également questionnée : longtemps, de nombreux projets menés à l’international visaient à agir sur les symptômes et non sur les causes (par exemple de la pauvreté ou de l’accès inégal à l’eau). De multiples effets négatifs ont pu être identifiés sur les lieux d’intervention : création d’une dépendance à l’aide internationale, défaillance ou abandon rapide des solutions mises en place, concurrence et appauvrissement des dynamiques locales, etc. L’ECSI vise à faire prendre conscience que tout projet de solidarité internationale, aussi volontaire, généreux et engagé soit-il, doit être pensé dans un contexte, basé sur une demande locale, réfléchi avec les personnes concernées, et surtout viser à l’autonomisation de tou·tes, y compris dans leur propre capacité à faire respecter leurs droits.

Ainsi, l’ECSI est une pédagogie de l’accompagnement des jeunes (et moins jeunes), volontaires, bénévoles, salarié·es, dans leur projet de solidarité internationale, afin de faire en sorte que leur action soit la plus positive pour eux·elles et au sein des communautés où il·elles comptent s’impliquer. L’ECSI doit permettre de dépasser la vision paternaliste de certains projets, en préparant la rencontre interculturelle, l’ouverture vers l’autre et en facilitant la création de véritables partenariats.