Accueil > S’informer > Articles et traductions > Idées reçues sur la non-violence

Idées reçues sur la non-violence

, par Agenda de la Solidarité Internationale

« Il y a deux sortes de lois, les lois justes et les lois injustes ; je suis le premier à préconiser l’obéissance aux lois justes ; c’est une responsabilité morale aussi bien que légale, or cette même responsabilité morale nous commande inversement de désobéir aux lois injustes. » Martin Luther King.

Idée n°1 : "La désobéissance civile n’est que de la contestation, elle ne produit pas de résultats tangibles"

Les acteurs et actrices de la désobéissance civile savent bien qu’une société sans les contraintes, les interdits et les obligations de la loi ne peut être qu’un rêve. Et que, dans tout groupe humain, la loi est nécessaire à la cohérence et au « vivre ensemble »

Pourtant, ils pensent que la désobéissance à la loi peut être utile et nécessaire pour lutter contre les injustices, lorsqu’elle est organisée en action collective, non-violente et réfléchie. La désobéissance civile ne cherche pas à renverser le pouvoir, mais à le convaincre ou à le contraindre, en interpellant l’opinion publique, afin de trouver des solutions élaborées collectivement. Elle est un moyen de régénérer la démocratie et de la renforcer ; c’est une « contestation créatrice » qui permet de déboucher sur des transformations politiques et sociales.

Gandhi (1869-1948), reconnu comme « père de la nation » en Inde, conduisit son pays à l’indépendance par des actions de résistance non-violente. La « marche du sel » fut une des actions symboliques qu’il a menées contre le pouvoir colonial britannique qui imposait aux Indiens une taxe sur le sel. Après 24 jours de marche, Gandhi atteint la mer, où, symboliquement, il viole le monopole de l’Etat colonial en ramassant une poignée de sel. Plus de 60 000 manifestants furent mis en prison, dont Gandhi lui-même, mais la marche fut un succès et les Indiens obtinrent le droit de collecter leur sel eux-mêmes. Pionnier de la résistance civile, Gandhi a, par ses idées et ses méthodes, inspiré de nombreux mouvements sociaux et politiques à travers le monde.

Ces dernières décennies, les actions de désobéissance civile de Martin Luther King, Nelson Mandela ou des paysans du Larzac en France, se sont inscrites dans cette même démarche, comme celles des faucheurs d’organismes génétiquement modifiés (OGM), des démonteurs de panneaux publicitaires ou des inspecteurs citoyens de sites nucléaires. Autant d’actions souvent reconnues comme de courageuses dénonciations de situations d’injustice.

La désobéissance non-violente est illégale par définition, mais elle peut être un acte salutaire lorsqu’elle participe à une stratégie de non-coopération à une injustice établie.

JPEG - 193.4 ko
Marche pacifique du vendredi contre le Mur, Bil’In, Palestine. Photo : Synne Tonidas CC BY-NC-SA 2.0

Idée n° 2 : "En Palestine, les actions non-violentes contre l’occupation israélienne sont vouées à l’échec"

Depuis 2004, la population du village de Bil’in, en Palestine, se mobilise pour protester contre la construction, par les Israéliens, d’un « Mur de sécurité » qui confisque une partie des territoires palestiniens et rend leur vie impossible. Avec des Israéliens et des militants pacifistes du monde entier, les habitants de Bil’in ont organisé des protestations pacifiques devant le mur tous les vendredis. Ils ont saisi la Cour Suprême de justice d’Israël, au motif que le tracé du mur les empêchait de se rendre sur leurs champs d’oliviers, situés de l’autre côté du Mur. La Cour leur a donné raison et a exigé le déplacement partiel du tracé. Cette lutte déterminée a abouti à une première victoire : l’armée israélienne a dû démanteler une partie du mur.

Depuis, Bil’in est devenu le symbole de l’opposition à la politique d’Israël et les « Bil’in » se sont multipliés. En Cisjordanie, on compte désormais trente foyers de résistance populaire et non-violente, parmi lesquels quatre quartiers de Jérusalem Est. Chaque semaine, des milliers de personnes manifestent pacifiquement contre la colonisation. De l’autre côté, en Israël, des mouvements de paix soutiennent cette action. La présence fréquente de quelques participants internationaux apporte une forme de protection aux manifestants locaux et contribue à casser l’image de « terroriste » trop souvent associée au peuple palestinien. Les formations à l’action non-violente se multiplient. Chaque année se tient à Bil’in la Conférence internationale pour une résistance populaire et non-violente.

Un nouvel espoir est né de sortir de ce conflit vieux de plus de 50 ans, qui a généré trois guerres et deux intifada.

Que peut-on faire ?

  • S’informer de l’actualité des luttes désobéissantes et trouver des formations à l’action directe non-violente et à la désobéissance civile grâce aux Désobéissants http://www.desobeir.net/
  • Soutenir et relayer les actions du Mouvement pour une alternative non-violente, en faveur de l’action non-violente en Palestine www.nonviolence.fr
  • Devenir volontaire et offrir un accompagnement protecteur aux défenseurs des droits de l’Homme avec PBI, les Brigades de paix internationales http://www.pbi-france.org/

Infos complémentaires

Provenance ritimo

Type de document article

Agenda Tous les événements

S'abonner aux lettres Les dernières lettres

Suivez-nous