Gestion des ressources halieutiques
La gestion des ressources halieutiques est devenue une préoccupation majeure dans les années 1990, avec la prise de conscience d’une stagnation des captures à l’échelle mondiale et, parfois, de son effondrement sur des stocks particuliers (morue, homards…) localisés. Cette gestion est aussi fortement marquée par deux logiques. Une logique libérale tend à s’imposer dans de nombreux pays du Nord et même du Sud, avec les quotas transférables. D’autres défendent une approche communautaire et participative plus favorable aux pêcheurs artisans et qui ne peut être basée sur une simple logique économique. La gestion de la ressource n’est pas seulement une question de respect de l’environnement, c’est aussi une question sociale de partage de l’accès à une ressource commune. C’est donc une affaire d’une grande complexité s’appliquant à une réalité très instable. Cette complexité est encore accrue si l’on s’engage dans la voie d’une gestion ecosystémique.
Gestion des pêches : Droits de pêche contre droits de l'Homme ?
JAFFER, Naseegh; SUNDE, Jackie - SAMUDRA, n°44, 2006/07, P. 20-24
En Afrique du Sud, les droits de pêche sont gérés par le Ministère de l'environnement et du tourisme et les quotas ont été accordés au détriment des pêcheurs artisans ou à petite échelle, qui restent complètement marginalisés et en dessous du seuil de pauvreté. Un groupement de pêcheurs a entamé un recours collectif contre le Ministère au motif que les politiques appliquées sont discriminatoires et portent atteinte au fondement même de la Constitution, à savoir le principe d'égalité. Cela laisse espérer la possibilité d'une nouvelle politique de gestion des pêches en Afrique du Sud.
Cogestion : pas une solution miracle
JENTOFT, Svein - SAMUDRA, n°44, 2006/07, P. 36-39
Pour la FAO, d'une part les ressources halieutiques sont surexploitées ou épuisées, d'autre part 150 millions de personnes vivent dans des familles dépendant de la petite pêche, dont 23 millions avec moins d'un dollar par jour. La pauvreté est à la fois cause et conséquence de la surpêche. Mais la pauvreté est multifactorielle et la cogestion des ressources halieutiques n'est qu'un élément de solution. Elle suppose l'organisation et l'"empowerment" des petits pêcheurs. L'auteur s'appuie sur son expérience chez les Indiens Rama de la côte Ouest du Nicaragua qui sombrent dans la dépendance et la marginalisation.
Droits de pêche : ouverture de la tragédie ?
HERSOUG, Bjorn - SAMUDRA, n°45, 2006/11, P. 3-7
Pour obtenir une pêche durable, il est indispensable d'organiser un système de droits de pêche. Dans les pays développés (pays du Nord et Nouvelle Zélande), on s'oriente surtout vers les Quotas Individuels Transférables (QIT), contestables sur le plan de l'équité. Ce système est encore moins adapté aux pays en développement et aux zones tropicales où le nombre de pêcheurs à petite échelle est énorme. Le cas de l'Afrique du Sud le prouve. La question de savoir si la pauvreté engendre la surpêche ou si la surpêche engendre la pauvreté reste ouverte, mais il semble que la pauvreté dans la pêche est davantage dépendante de facteurs institutionnels que de causes naturelles. Il faudra donc procéder à une réattribution des droits de pêche, comme en Indonésie où le chalut est interdit dans les zones côtières.
La filière thon : Il y en a des tonnes
ALLAN VERA, Cesar; HIPOLITO, Zarina - SAMUDRA, n°46, 2007/03, P. 9-15
La pêche au thon est une activité ancienne aux Philippines. Compte tenu de l'accroissement actuel de la production, des mesures de préservation de la ressource s'imposent. Aux Philippines, la capitale du thon est General Santos City. Des ateliers de transformation, des conserveries sont venus épauler une filière en pleine croissance. Du fait de l'expansion de la filière thon, à General Santos City, des pêcheurs pauvres des provinces du Sud et du Centre sont venus y chercher fortune. La filière thon contribue de manière significative au commerce international du pays. En 2000, le gouvernement a mis en place un Conseil national de l'industrie thonière (NTIC) chargé d'élaborer une statégie, faire des recommandations en matière d'accords de pêche bilatéraux et multilatéraux, etc... La durabilité de la production thonière fait l'objet d'un débat houleux. La défense des moyens d'existence et l'ouverture sur les marchés extérieurs doivent se faire dans les limites des TAC (Total Admissive Capture) attribués aux différents producteurs. Il faut veiller à prendre en compte tous les secteurs concernés.
Réforme des pêcheries : un début significatif
INSTITUT DE RECHERCHE ET DE DEVELOPPEMENT SUR LES PECHES EN EAU DOUCE AU CAMBODGE
- SAMUDRA, n°43, 2006/03, P. 33-36
En matière de revenu par habitant, le Cambodge se place parmi les pays les plus pauvres du monde. Mais, si on considère les ressources naturelles disponibles (terres, eau, poisson, forêt) rapportées au nombre d'habitants, c'est un des pays les plus riches d'Asie. Les efforts entrepris en matière de gestion des ressources aquatiques, "aquarian reforms", ont pour but de permettre aux gens de tirer parti, collectivement, des fleuves, rivières, lacs et plaines d'inondation, avec leurs ressources halieutiques. L'accès communautaire à la ressource peut contribuer à la lutte contre la pauvreté et peut aider au développement des capacités et des droits des populations rurales du Cambodge, tout en préservant le remarquable ecosystème aquatique de ce pays. Mais la route sera longue et jalonnée de nombreuses difficultés.
Attribution des droits de pêche : Pour qui le poisson ?
JOHNSON, Derek - SAMUDRA, n°43, 2006/03, P. 11-14
Cette conférence, sous l'égide de la FAO, vu les prix élevés pour y participer, était surtout l'affaire de professionnels et d'entreprises de pays développés qui étaient globalement d'accord pour la généralisation du système des Quotas Individuels Transférables (QIT) pour garantir des pêcheries écologiquement durables. La critique de cette approche est venue de la représentante de ICSF qui, avec l'exemple de l'Afrique du Sud, a montré les menaces des QIT sur les moyens d'existence des petits pêcheurs qui représentent l'immense majorité des pêcheurs de la planète ! Même dans les pays du Nord, les QIT posent de réels problèmes d'équité, même si, dans certains cas, ils permettent de réguler la pêche de loisir
Organisations de pêcheurs : changement de garde
GODELMAN, Ernesto - SAMUDRA, n°42, 2005/11, P. 32-35
Lors de son 6ème congrès, la FIUPAP ( Fédération d'Unification et d'Intégration des Pêcheurs Artisans du Pérou) a mis comme priorité la défense de la zone des 5 milles comme réserve pour la protection de la flore et de la faune, et l'a déclarée zone exclusivement réservée à la pêche artisanale. Cependant, l'anchois, espèce cible de la pêche minotière, se trouve beaucoup plus près des côtes dans le Sud en hiver. Pour des raisons " géopolitiques ", le gouvernement déclare que la flotte industrielle devrait être autorisée à pêcher l'anchois dans cette zone en hiver. Les pêcheurs artisans craignent que, s'ils acceptent cette exception, les gros opérateurs en profitent pour étendre cette mesure. De même, les pêcheurs artisans péruviens refusent que le Pérou adhère à la Convention des Nations Unies sur le droit de la mer (UNCLOS) qui permettrait aux bateaux étrangers d'entrer dans cette zone. Pour les pêcheurs artisans péruviens, " la défense des 200 milles pour le Pérou " n'est pas plus négociable que la défense des 5 milles pour leur secteur.
Réforme des pêches : changer d'orientation
ISAACS, Moenieba; HARA, Mafaniso; NIELSEN, Jesper Raakjoer - SAMUDRA, n°42, 2005/11, P. 21-31
Trop peu de progrès ont été faits pour allouer de nouveaux quotas à des groupes jusqu'ici défavorisés dans l'industrie de la pêche en Afrique du Sud. Le gouvernement sud africain a mis sur pied un programme " GEAR " (Croissance, emploi et redistribution), prétendant aboutir à l'équité et à la redistribution à travers la croissance économique et la création d'emplois. Malheureusement, l'application du "GEAR" a eu pour conséquence qu'un grand nombre de pêcheurs ont été exclus du processus d'allocation, parce qu'ils ne pouvaient pas démontrer leur esprit d'entreprise, en étant capables de compléter des dossiers de candidature et de s'engager dans des procédures bureaucratiques sans aucune aide. Par principe, les PHD (personnes historiquement désavantagées) refusaient d'acheter des droits de pêche, car ils estimaient avoir été dépossédés sous le régime d'Apartheid. Ils espéraient que le gouvernement reprendrait ces droits aux compagnies existantes, et les redistribuerait aux PHD. Quant aux compagnies, elles refusaient de partager les quotas, utilisant des tactiques de résistance passive pour retarder la redistribution. De plus, étant donné que les compagnies possèdent la plus grande partie des infrastructures, elles conservent le contrôle de la pêche, de la transformation, et des opérations de marketing. Les prix demandés pour ces services font qu'il est difficile pour ces nouveaux entrants de réussir. Le recours aux lois du marché ne permet pas de réduire la pauvreté dans les communautés de pêcheurs.
La cogestion : "Allez-y !"
JENTOFT, Svein - SAMUDRA, n°42, 2005/11, P. 8-11
Les droits de propriété sont utiles dans la gestion des pêches, et l'absence de ces droits met en danger la ressource. Mais, dans beaucoup de parties du monde, les systèmes de quotas transférables (QIT) ont abouti à la concentration des droits de pêche, et donc à une augmentation des prises dans les mains de quelques personnes, alors que les communautés et les pêcheurs artisans ne peuvent accéder à la ressource. La cogestion peut être définie comme un processus de participation de tous les acteurs (représentants d'usagers, agences gouvernementales, organismes de recherche et autres partenaires) pour décider et faire respecter des réglementations. La cogestion ne laisse pas la prise de décision aux caprices du marché, mais s'appuie sur les forces de la société civile. Les droits de propriété communaux ou collectifs ont plus de force et d'autorité dans un système de co-gestion. Les réformes basées sur la cogestion et les droits de propriété pourraient mutuellement se renforcer. La cogestion pourrait être initiée, et appliquée à court terme, alors que la transformation des droits de propriété pourrait être un projet à plus long terme.
Cogestion en pêche continentale
KONAN, Angaman; ZANTOU, Pascal, Liaison Bulletin de Liaison, n°19-20, 2005/06, p. 4-35
Dossier comprenant les articles suivants :
* Introduction : Cogestion en pêche continentale
* Interview : Cogestion, genre et développement organisationnel
* Afrique de l'Ouest : Le financement de la cogestion des ressources halieutiques
* Burkina Faso : La cogestion se met progressivement en place
* Burkina Faso : Un outil de résolution des conflits
* Ghana : Le lac Volta et le défi d'une gestion durable
* Mali : Pêcheries de Sélingué, la concertation, source de paix sociale.
La cogestion offre des opportunités pour une exploitation durable des ressources aquatiques et l'amélioration des moyens d'existence des communautés de pêche en Afrique. Elle crée une synergie entre l'administration et les communautés, pour conjuguer les moyens humains, matériels et financiers, assurer une pêche responsable et contribuer à la réduction de la pauvreté. La pêche joue un rôle capital dans la sécurité alimentaire : de 30 à 60 pour cent des protéines animales dans la ration alimentaire. 7 millions d'hommes et de femmes vivent de la pêche. La gestion participative exige : une forme de droit local des communautés sur les ressources, des groupes d'utilisateurs capables de comprendre les enjeux et de défendre leurs intérêts, un cadre juridique favorable à la participation des utilisateurs, des mécanismes démocratiques de prise de décision, une reconnaissance des organisations de producteurs.
Le propriétaire, l'exploitant, le salarié et l'exclu : les conséquences sociales de la gestion des pêches par des systèmes de marchés de droits
MONGRUEL, Rémi; PALSSON, Gisli, Revue Tiers Monde, n°177, 2004/03, p. 29-59
Fait partie du dossier "Marchés de droits et environnement". Résumé en anglais ; bibliographie.
L'institutionnalisation du secteur de la pêche et les problèmes environnementaux engendrés par la surpêche ont entraîné la création d'instruments de gestion de la pêche les QIT (quotas individuels transférables). Ces instruments ont-ils vraiment apporté des solutions à ces problèmes ? L'exemple de l'Islande, pays à avoir adopté les QIT, montre que ces critères peuvent avoir de lourdes conséquences sociales en bouleversant le paysage social du secteur de la pêche. Aussi faut-il être très prudent avant de chercher à appliquer ces critères dans les PED.
No dropping anchor
MAHAPATRA, Richard; BARIK, Satyasundae, Down To Earth, n°20, 2004/03/15, p. 38-40
On trouvera une version française de cet article dans le numéro 14 de la revue Notre Terre de juillet 2004.
Situé dans l'Etat d'Orissa en Inde, le lac Chilika est le plus grand plan d'eau saumâtre de toute l'Asie. Au début des années 1980, des entrepreneurs extérieurs y construisent des enclos (gheris) qui couvrent bientôt 2 610 hectares, ce qui bouleverse progressivement l'équilibre traditionnel et la vie des villages riverains. Il existerait une certaine collusion entre des hommes politiques, des fonctionnaires et ce qui est appelé "la mafia de la crevette". En 1992, le gouvernement de l'Orissa crée la CDA (Autorité pour le développement du lac Chilika) qui en 2000 fait creuser une nouvelle passe vers la mer. Les effets sur la productivité du lac sont très rapides. Les exploitations "illégales" couvrent toujours 8 000 hectares et de fortes tensions demeurent entre les divers utilisateurs de cet écosystème. Un nouveau projet de loi est en cours de discussion mais il est à craindre que, face aux gros sous de la filière crevettière, les autorités n'accordent qu'une importance marginale aux pêcheurs traditionnels.
Dispositifs de concentration de poisson : des endroits propices
SOLARIN, B. B., Samudra, n°37, 2004/03, p. 2-5
L'auteur (bolusolarin@yahoo.com) travaille à l'Institut nigérian d'océanographie et de recherches marines à Lagos.
Le Nigeria (129 millions d'habitants) est gros consommateur de poisson. Outre ses 853 km de côte, il dispose de 12 millions d'ha de plans d'eau. Les Dispositifs Concentrateurs de Poissons (DCP), de différentes natures suivant les endroits accroissent significativement les stocks et la production. L'article aborde les questions techniques et préconise l'utilisation de matériaux synthétiques pour limiter les prélèvements de bois et préserver les mangroves.
Protéger l'espace côtier
Samudra, n°36, 2003/11, p. 27-33
Les recommandations 22 et 23 du Congrès mondial sur les parcs ont pour objectif la mise en place d'un réseau mondial représentatif d'aires protégées marines et côtières. En effet 60 pour cent de la population mondiale vit en zone côtière. Il apparaît vital de respecter des règles strictes pour protéger les zones de pêche afin que leur utilisation soit durable. L'objectif est d'établir un plan avant 2012 pour mettre en oeuvre par écosystème une gestion durable des pêcheries et la conservation de la biodiversité marine. Les participants au 5ème Congrès mondial sur les parcs (Durban, Afrique du Sud du 8 au 17/09/2003) recommandent à la communauté internationale dans son ensemble une résolution en 8 points.
Gestion des pêches : le piège du néolibéralisme
BEN-YAMI, Menakhen, Samudra, n°35, 2003/07, p 19-25
Aujourd'hui, c'est le gouvernement de chaque pays qui détermine le système à employer pour gérer les ressources halieutiques. Il peut choisir, soit de donner un droit d'accès à un grand nombre de petits pêcheurs, soit de favoriser les grosses entreprises, plus rentables. Pour cela, il dispose d'un arsenal de lois et de règlements : TAC (Total Admissible de Captures), licences, quotas. La politique dominante de gestion des ressources est influencée par les théories néolibérales. Selon ces théories, le libre échange et l'intérêt personnel poussent l'individu à prendre des décisions rationnelles. La privatisation des ressources fait croître la rentabilité et les bénéfices profitent à l'ensemble de la société. Cet article critique ce mythe du libéralisme en montrant qu'il est une menace pour la ressource et pour la pêche artisanale. Les petit pêcheurs doivent s'organiser afin de défendre leurs intérêts.
Gestion des pêches : il faudrait peut-être un nouveau contrat social
SVEIN, Jentoff, Samudra, n°35, 2003/07, p 14-18
En Norvège, la pêche constitue la principale activité économique. Mais, depuis la crise du cabillaud en 1990 un système de quotas et de règlements a été instauré. Malgré l'implication de l'Association Nationale des Pêcheurs Norvégiens dans l'élaboration de la politique de gestion, des dissensions demeurent entre eux. Les quotas se vendent comme une marchandise et sont rachetés par ceux qui en ont les moyens d'où une concentration géographique des capacités, menaçant la survie des communautés côtières. En 1994, avec l'appui du gouvernement, un compromis a été élaboré entre les flottes hauturières et les flottes côtières. L'auteur conclut en proposant de créer une sorte de contrat social qui tiendrait compte de l'avis de tous et qui ne serait pas uniquement basé sur l'efficacité économique.
Chalutiers : Intérêts catégoriels
SUBRAMANIAN, B., Samudra, n°35, 2003/07, p 31-35
L'auteur (bsmnian9@rediffmail.com) est conseiller pour la pêche et l'environnement à Chennai en Inde.
Dans la région de Chennai au Tamil Nadu en Inde, la pêche était traditionnellement une activité collective, nécessitant une importante main d’œuvre. Les pêcheurs géraient eux-mêmes la ressource et se répartissaient de façon égalitaire les bénéfices. A partir des années 1950, la modernisation des techniques de pêche fit naître des conflits entre pêcheurs traditionnels et pêcheurs motorisés. Les nouveaux engins de capture pouvaient se manoeuvrer à deux ou trois et les chalutiers se mirent à ratisser large. Au début, les prises étaient très bonnes mais, très vite, il y eut un amenuisement de la ressource mettant en péril les pêcheurs traditionnels. Le gouvernement intervint pour délimiter des zones de pêche et une Fédération des Conseils Locaux de Royapuram fut créée. Malgré la réglementation interdisant la pêche motorisée près des côtes, les pêcheurs de Chennai continuèrent leur activité provoquant la colère des pêcheurs de l'Andhra Pradesh qui se mirent à bloquer les bateaux et à leur imposer des amendes. En fin de compte, les propriétaires des bateaux motorisés s'organisèrent en association pour indemniser les victimes des conflits entre pêcheurs et ils tentèrent de faire un effort d'autogestion pour reconstituer la ressource. Mais bien que soient désormais interdit le chalutage pélagique et l'usage de la palangre, les chalutiers crevettiers, continuent à faire des dégâts.
Surveillance participative des pêches en Guinée : un exemple frappant à suivre
DIALLO, M.; KOURKOULIOTIS, K.; BREUIL, C., Liaison Bulletin d Liaison, n°12, 2003/06, p 20-27
Expérience unique en Afrique : afin de lutter activement contre l'incursion des chalutiers dans la zone des 10 miles réservée à la pêche artisanale, certains pêcheurs communiquent directement par GPS avec le Centre National de Surveillance qui peut chasser, voire arraisonner plus vite les chalutiers en zone interdite. Les conditions de vie des pêcheurs en sont grandement améliorées : naufrages et pertes des filets sont réduits de 60 pour cent . Cependant la pêche artisanale continue à souffrir du manque de respect des règles administratives, de la surpêche et de la destruction des mangroves
Quotas individuels transférables : où sont passés les "fish and chips" ?
DUNCAN, Leith, Samudra, n°34, 2003/03, p 8-12
L'auteur observe l'évolution du port de pêche d'Auckland et du secteur de la pêche en Nouvelle Zélande. Pour protéger la ressource halieutique, le gouvernement a instauré les Quotas Individuels Transférables (QIT), ce qui revient à privatiser cette ressource puisqu'il y a un marché des quotas de pêche. Le résultat est la disparition de la pêche artisanale et l'appropriation des quotas par quelques consortiums : en 1995 ceux-ci possédaient 91 pour cent du quota total. Les pêcheurs indépendants en sont réduits à louer des quotas. Le quartier du port de pêche, "Viaduct Basin", est devenu un quartier chic et il devient difficile de s'approvisionner en poisson frais local...
Gardons la pêche : regards sur la ressource, pour une activité maîtrisée
Lorient : Ifremer, 2002, 111 p.
Ce document est illustré de dessins, de photos et de graphiques.
Outil de vulgarisation scientifique à l'usage des professionnels.
Le secteur de la pêche exploite une ressource vivante qu'il faut préserver pour que la production se maintienne. La première partie présente les principales ressources disponibles dans les zones de pêche européennes. La deuxième partie établit un diagnostic sur le stock de poissons disponibles à la pêche. Elle explique comment prévoir l'évolution des ressources grâce à la biomasse. Pour qu'un stock se maintienne il faut que la pêche ne prélève pas plus que ce qu'il produit chaque année comme poisson grâce à la croissance et au recrutement. La troisième partie propose d'adapter la pêche à la ressource disponible, car l'augmentation des capacités de capture a entamé la plupart des stocks. Il faut réduire l'effort de pêche et améliorer la sélectivité grâce à l'utilisation d'engins adaptés comme le chalut à nappe séparatrice ou le chalut à grille.
Rapport de l'étude sociale, économique et halieutique sur la situation des bateaux ramasseurs au Sénégal
GUEYE, Youssoupha, Nantes : Observatoire des Droits des Marins, 2002/12, 43 p.
En annexe, exemple d'une licence de pêche, lettre des armateurs coréens aux intermédiaires, contrat collectif entre armateurs de navire de ramassage et pêcheurs artisans sénégalais à bord.
Au Sénégal, à Saint Louis, des bateaux ramasseurs étrangers (coréens en particulier) embarquent des pêcheurs et leurs pirogues pour des campagnes de pêches dans des destinations lointaines (Angola, Congo, Libéria, Sierra Léone). Sur ces navires les conditions sanitaires sont déplorables et le travail inhumain. Les armateurs agissent en toute impunité. Ils ne se soucient ni des conditions de travail ni de la gestion de la ressource. N'ayant aucun soutien de l'Etat les pêcheurs sont obligés de s'organiser afin que leur statut d'êtres humains et de professionnels du secteur de la pêche soit pris en compte.
La sélectivité enjeu de l'avenir
CHEVER, René Pierre, Pêche et Développement, n°57, 2002/04, p. 4-6
René Pierre Chever, secrétaire général du comité local des pêches maritimes du quartier du Guilvinec, expose dans cet article les difficultés des pêcheries de langoustine et merlu du Golfe de Gascogne, confrontées à la raréfaction de la ressource et aux contraintes imposées par Bruxelles. Les pêcheurs en activité ont grandi dans l'idée d'une ressource inépuisable et sont généralement mal informés des techniques de protection de la ressource et des nouveaux concepts de restauration des stocks tout en maintenant des outils rentables. La routine dans des conditions difficiles permet d'éviter les mauvaises surprises. S'inspirant d'expériences individuelles et des travaux de l'IFREMER, quelque 200 chalutiers du Golfe de Gascogne projettent d'adopter des filets sélectifs et des pratiques de travail appropriées sur la langoustine et le merlu. Les pêcheurs espèrent ainsi contrecarrer l'influence de certains environnementalistes hostiles au chalutage et du Marine Stewarship Council (MSC) qui a mis en place son propre système d'attribution d'écolabel à l'échelle mondiale. Le MSC a été lancé par la firme Unilever et WFF (Fonds mondial pour la nature).
Conférence sur l'Océan Indien : la nécessité d'une bonne coopération
INSTITUT INTERNATIONAL DE L'OCEAN, Samudra, n°30, 2001/12, p. 32-36
Déclaration de la conférence "Forger l'unité : les communautés côtières et l'avenir de l'océan Indien", organisée par ICSF et l'IOI en octobre 2001 à Chennai (Madras) en Inde.
L'océan Indien possède un grand potentiel halieutique. Ses côtes comptent le plus grand nombre de pêcheurs du monde, souvent pauvres et vulnérables. La croissance économique ne doit pas les marginaliser mais garantir leurs droits. Les Etats côtiers doivent assurer la protection des écosystèmes productifs mais fragiles, en appliquant les conventions internationales. Le rôle des femmes dans la pêche doit être reconnu et valorisé. La ressource halieutique côtière peut être entièrement exploitée par la pêche artisanale locale, donc il ne faut pas donner de licences de pêche aux flottes industrielles étrangères. Pour la pêche à longue distance (thon), il faut parvenir à des accords de pêche équitables. Les communautés de pêche des divers Etats côtiers de l'océan Indien ont intérêt à se concerter pour faire avancer le développement durable et la coopération Sud-Sud.
Zône de pêche : Trouver un équilibre entre diverses priorités
MAHMOUD-CHERIF, Ahmed, Samudra, n°29, 2001/08, p. 15-21
L'auteur, ancien directeur des pêches de Mauritanie a fondé une ONG mauritanienne : PECHECOPS.
Il faut absolument établir une zone de pêche réservée au secteur artisanal, ou traditionnel. Le poulpe et autres céphalopodes sont les espèces les plus intéressantes commercialement. Le stock s'amenuise de façon alarmante, bien que la Zone Economique Exclusive mauritanienne fasse partie des zones les plus riches du monde en ressources halieutiques. Il faut encadrer strictement les opérations des navires de pêche lointaine qui bénéficient d'un droit d'accès dans la zone économique exclusive. L'importance économique et sociale de la pêche artisanale et l'aggravation des conflits avec la pêche industrielle rendent impérative la création d'une zone réservée assez large pour permettre son développement, et efficacement surveillée pour protéger ses activités.
Chalutiers géants : une fierté bien mal placée
O'RIORDAN, Brian, Samudra, n°29, 2001/08, p. 5-8
L'Irlande a construit l'Atlantic Dawn, le plus grand et le pire de tous les chalutiers-usines géants qui va largement contribuer à la surexploitation des stocks de poisson tant dans les eaux communautaires que dans les eaux des pays tiers, Mauritanie et Sénégal en particulier. Il vise, en particulier la sardinelle, le "pain quotidien" des petits pêcheurs de ces pays, capitale pour l'approvisionnement en protéines des populations. Ceci est en contradiction avec les conventions internationales sur la pêche durable.
Economie politique de la rente générée par l'exploitation industrielle et commerciale d'une ressource renouvelable : les filières européennes du thon tropical
MONGRUEL, Rémi, Montpellier, 2000/12, 321 p.
Thèse présentée le 22 décembre 2000 à l'Ecole Nationale Supérieure Agronomique de Montpellier.
Alors que l'économie s'internationalise et que les ressources sont surexploitées, émerge le concept de pêche responsable. Cette thèse étudie la rente produite par l'exploitation industrielle et commerciale d'une ressource naturelle : le thon tropical exploité par les filières européennes. Les deux premières parties présentent le concept de rente composite en s'appuyant sur une analyse historique et économique. La troisième partie montre le rôle des politiques publiques d'encadrement dans la gestion des ressources halieutiques.
Pêches maritimes : Un casse tête chinois
MATHEW, Sebastian, Samudra, n°24, 1999/12, p. 45-49
La Chine est le premier producteur mondial de produits de la mer (20 millions de tonnes en 1997), avec trois types d'entreprises de pêche : l'état, le secteur privé et les communes. Depuis la libéralisation économique, on assiste à l'expansion sauvage des flottilles privées avec des bateaux de moins de 20 m et au déclin des entreprises publiques. Les statistiques ne sont plus fiables ; il y aurait 300 000 unités de pêche. Un grand nombre d'agriculteurs se lancent dans ces activités. Pour éviter l'effondrement des stocks qui commence à se manifester, il faut réduire l'effort de pêche sur les côtes chinoises. Les responsables encouragent les opérations de pêche lointaine (1 200 chalutiers et 15 000 marins), vers l'Afrique, le Yemen ou l'Argentine. Les mesures prises par le gouvernement pour éviter la surpêche ne sont pas appliquées au niveau local, les autorités locales cherchant à récupérer leurs investissements dans le secteur de la pêche.
Système halieutique, un regard différent sur les pêches
REY, Hélène; CATANZANO, Joseph; MESNIL, Benoît; BIAIS, Gérard, Paris : Institut Océanographique; Ifremer, 1997, 277 p.
Face à l'échec des approches scientifiques classiques, une équipe pluridisciplinaire de chercheurs essaient de défendre une nouvelle approche fondée sur le concept de système halieutique. Il est impossible de continuer à fonder les décisions de gestion sur des approches purement biologiques ou même environnementales. Il faut tenir compte des acteurs. Or ceux-ci sont de plus en plus nombreux. Ainsi, les associations environnementalistes jouent un rôle de plus en plus important. La gestion des pêches ne peut donc pas simplement être basée sur une analyse des ressources puisqu'il s'agit d'une construction sociale, résultat d'interactions d'une grande compléxité entre les ressources et les acteurs et entre les acteurs eux-mêmes très divers. L'exercice reste difficile car tout cela s'inscrit dans un contexte mouvant et plein d'incertitudes.

© Ritimo, Crisla, décembre 2007.
Références extraites de la base de données bibliographique Ritimo. Tous les documents cités sont consultables dans les centres Ritimo. |