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Du Nord au Sud

pêcher pour vivre

Commerce international des produits de la mer

La pêche est une activité largement mondialisée et depuis longtemps. Actuellement 40% des débarquements rentrent dans les circuits du commerce mondial, contre 10% pour les produits agricoles, encore largement encadrés. Globalement, le Sud est de plus en plus fournisseur du Nord (80% des exportations du Sud vont vers des marchés du Nord). Comment garantir que ce commerce ne va pas mettre en péril les ressources halieutiques et les disponibilités alimentaires des pays du Sud ? Comment garantir l’équité quand de nombreux pays du Nord subventionnent leur flotte de pêche, surtout le secteur industriel ? Des ONG d’environnement et des multinationales cherchent à promouvoir des écolabels et des normes sanitaires drastiques. Les pêcheurs artisans du Sud peuvent-ils bénéficier de cette approche ?

Ecolabels : ouverture, transparence, pas d'exclusion

PONTE, Stephano - SAMUDRA, n°46, 2007/03, P. 3-8
Les codes de conduite et les écolabels sur les produits alimentaires ont pour but de protéger le consommateur, l'environnement et les travailleurs. Mais ce qui peut être une bonne idée pour les groupements de consommateurs ou un service public dans un pays du Nord, peut être néfaste pour les producteurs des pays du Sud. La sécurité sanitaire des produits, les normes environnementales et sociales sont devenues des éléments clés dans le commerce agroalimentaire. Les organisations internationales, associations et ONG qui ont participé à l'élaboration de ces normes ont fini par jeter un regard critique sur leurs répercutions dans les différents contextes. Le MSC (Marine Stewardship Council) prétend améliorer les écolabels sur le poisson en appliquant les principes de non-discrimination et d'égalité des chances. Mais, loin d'être un instrument équitable, visant à préserver la ressource pour le bien de l'humanité, la certification MSC s'effectue dans un contexte de concurrences mondiales et locales, de conflits d'intérêts, de rapports de force politiques. Dans les pays en développement, la pêche, surtout à petite échelle, reste en marge du système de certification du MSC.

Las importaciones de pescado, imparables

MATE, Vidal, Mar, n°435, 2005/02, p. 46-51
L'Espagne consomme environ 40 kg de poisson par personne et par an. C'est un des plus gros consommateurs au monde, tradition normale dans un pays qui a 8000 km de côtes. A cause des quotas de pêche européens ce pays doit importer une partie du poisson et des crustacés qu'il consomme. En échange il équilibre ses achats par l'exportation de conserves marines.

MSC : modifier principes et critères

BEN-YAMI, Menakhem, Samudra, n°38, 2004/07, p. 41-43
MSC : Marine Stewardship Concil, organisme de labélisation de produits issus d'une "pêche durable".
L'auteur, sensible aux critiques portées au MSC, précise le but et les critères d'une écolabélisation de certaines pêcheries : il s'agit de promouvoir les pêcheries gérées selon les critères du bon sens, en réaction aux attaques des écologistes braqués contre la pêche. Il faudra que le coût de la certification ne soit pas trop lourd pour les pêcheurs à petite échelle du Tiers Monde, mais que toute transaction financière directe entre certificateur et demandeur d'écolabel soit interdite. Il faudra aussi étendre la possibilité d'écolabel à l'aquaculture, en définissant des critères spécifiques.

MSC (Marine Stewardship Consil) : Les pêcheries "vertes" en crise: Tenir compte de toutes les parties prenantes

BROWN, Paul, Samudra, n°37, 2004/03, p. 20-24
Article publié dans "The Guardian" en février 2004.L'article suivant donne la réponse du MSC (www.msc.org) .
Le label MSC, garantissant un poisson issu d'une pêche durable est bien connu au Royaume-Uni. Il porte sur 4 pour cent de la production mondiale de poisson sauvage. Une enquête ordonnée par cinq grandes fondations de protection de l'environnement conteste cette certification pour diverses pêcheries. La crédibilité du label est donc ébranlée. L'article suivant donne les réponses du conseil d'administration du MSC, le 24 février 2004. Il s'engage à travailler avec les diverses parties prenantes pour traiter toutes les demandes qui ont été exprimées à la suite de cette enquête.

Cancun, la pêche et l'OMC

LE SANN, Alain, Pêche et Développement, n°62, 2003/12, p. 2-3
Les décisions prises à l'OMC peuvent avoir un impact sur le secteur de la pêche. L'OMC fait la guerre aux subventions et prône le libéralisme. Elle pousse les pays développés à imposer leurs normes sociales, sanitaires et environnementales. A cause de cette politique de libéralisation des investissements et de privatisation de la ressource, les grandes compagnies risquent de mettre la main sur la pêche dans le monde entier d'où la nécessité d'une prise de conscience et d'un engagement des pêcheurs.

La pêche aux subventions

MATHIEW, Sebastian, Samudra, n°36, 2003/11, p. 16-23
Le cycle de Doha de l'OMC demande de clarifier les "disciplines" en matière de subventions à la pêche, en tenant compte de l'importance de ce secteur pour les pays en développement. Cet article présente les points de vue des pays ou groupes de pays membres de l'OMC : "les amis du poisson" (Australie, Chili, Equateur, Islande, Nouvelle Zélande,Pérou, Philippines et Etats Unis) la Chine, le Japon, la Nouvelle Zélande, la Corée, les Etats-Unis, la Communauté Européenne, le Chili et enfin le groupe des "petits Etats côtiers vulnérables". Ce groupe estime que les nouvelles "disciplines" en matière de subventions à la pêche ne devraient pas concerner les programmes publics destinés à améliorer les revenus des pêcheurs artisans (dans le cadre du "traitement spécial et différencié".

Factsheet

DOWN TO EARTH, n°7, 2003/08/31, P. 60
Cette page contient une série de chiffres intéressants sur la place de la Chine dans la production mondiale de poissons.

Atelier : aux ides de mars

MATHEW, Sebastian, Samudra, n°31, 2002/03, p. 38-42
L'auteur de ce compte-rendu représentait ICSF (icsf@vsnl.com) à un atelier sur la pêche organisé par le PNUE en mars 2002, suite à la réunion de l'OMC à Doha.Voir dans le même numéro de SAMUDRA l'article "Négociations de l'OMC, donnant donnant".
A première vue, les subventions à la pêche favorisent la surcapacité de capture et donc la surexploitation de la ressource. A Doha, les subventions à la pêche sont rentrées pour la première fois dans les négociations de l'OMC. L'atelier organisé par le PNUE a examiné les liens entre politiques relatives au commerce et mesures visant à instaurer une pêche durable. Il a été très difficile de s'entendre sur ce qui constitue des subventions à la pêche, que ce soit dans les pays développés ou dans les aides publiques au développement, et de savoir si ces subventions peuvent contribuer à la mise en oeuvre du Code de conduite pour une pêche responsable de la FAO.

L'écolabel du MSC : on commence doucement

SCHARER, René, Samudra, n°29, 2001/08, p. 26-28
Dans le Nord-Est du Brésil la langouste abondait. La motorisation et l'avidité commerciale ont entraîné (de 1970 à 1993) l'écroulement des captures. La gestion communautaire de la ressource devient une urgence. L'association Terramar à Prainha do Canto Verde a pris contact avec MSC (Marine Stewardship Concil ou Conseil pour la bonne gestion des mers), organisme de certification de pêche responsable, initiative commune de WWF et de Unilever. Cela n'a pas encore abouti à une certification "label de qualité-pêche communautaire" mais a permis des avancées : prise de conscience par les communautés de pêcheurs et par les autorités gouvernementales de l'intérêt de la démarche et aides de WWF.

La poisson mauritanien part pour la France

BINETA, Mamadou, Syfia, n°138, 2000/07, p. 30-31
En Mauritanie, le bon poisson se raréfie car il est exporté en France et les prises diminuent à cause de la surpêche. La filière pêche mauritanienne est mal organisée et devrait prendre exemple sur celle du Sénégal.

Contre les importations de poisson

Pêche et Développement, n°47, 1999/07, p. 3
Manifeste adopté par plusieurs organisations de pêcheurs philippins.
Les pêcheurs philippins s'élèvent contre les importations de poisson dans le pays, vendues à des prix inférieurs à leurs prix de revient. Ils en appellent au gouvernement pour prendre les moyens d'éviter la ruine du secteur de la pêche (plus d'un million de pêcheurs, sans compter les emplois induits) et demandent que leur pays sorte de l'OMC et de l'APEC (Asia Pacific Economic Cooperation).

Colloque OMC : Le marché a-t-il réponse à tout ?

ICSF (Collectif d'appui aux travailleurs de la pêche). Samudra, n°20, 1998/05, p. 57-60
Dans les pays en développement la production de la pêche artisanale alimente surtout le marché intérieur. Les petits pêcheurs se heurtent aux barrières douanières et ne peuvent pas exporter. La réduction des tarifs douaniers de l'UE et des Etats-Unis notamment permettrait de meilleurs échanges commerciaux, des créations d'emplois. Des organismes privés du Nord essaient de définir unilatéralement des normes pour une pêche durable. Les pêcheurs des PED pourraient souffrir de ces initiatives et perdre leur autonomie dans le choix du mode de capture et de l'exportation de leur production. Les flottilles de gros bateaux bénéficient très souvent des aides des Etats et proposent du poisson pêché en concurrence déloyale avec les petits pêcheurs à un plus bas prix, tout en surexploitant les stocks. Les accords de pêche autorisent des flottes lointaines à exploiter les ressources des PED au détriment des populations locales et empêchent leur développement. L'aquaculture intensive a les mêmes effets sur les habitants du littoral en les privant aussi des ressources de leur environnement. Des subventions seraient utiles pour favoriser les pêches plus respectueuses de la ressource, ou l'exploitation de certains stocks pour en soulager d'autres. Il faudrait réglementer autrement les échanges commerciaux jusqu'à ce qu'un système efficace de gestion des pêches soit mis en place.

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© Ritimo, Crisla, décembre 2007.
Références extraites de la base de données bibliographique Ritimo. Tous les documents cités sont consultables dans les centres Ritimo.

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